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Lors d’une table ronde organisée par le FFS La presse passée au cribleEl Watan, 13 août 2011 La situation de la presse algérienne est peu reluisante. Prise entre l’enclume du pouvoir et le marteau du «trabendisme» qui gangrène le secteur depuis quelques années déjà, elle sombre dans une régression sans précédent. Ce constat a été établi par des journalistes et des spécialistes des médias lors d’une table ronde sur le thème «La presse algérienne : état des lieux et perspectives», organisée, jeudi soir, par le Front des forces socialistes (FFS). Trois conférenciers se sont relayés pour dresser un état des lieux d’une presse algérienne en deçà des espérances. Ammar Belhimer, journaliste et docteur en droit, Mohamed Iouanoughen, rédacteur en chef du quotidien Wakt El Djazaïr et Ali Djerri, ancien directeur de publication du journal El Khabar, ont puisé dans leur expérience du métier pour expliquer la situation actuelle de la presse algérienne et les rapports qu’elle entretient avec le pouvoir. Sans concession aucune, les trois conférenciers ont cloué au pilori le pouvoir en place, désigné comme premier responsable de la régression de la presse nationale. Ainsi, Ammar Belhimer a souligné d’emblée l’ampleur de l’influence du politique sur les médias en Algérie. Une influence allant parfois jusqu’à la désignation du directeur de publication. «On ne peut pas dissocier l’ordre politique de l’ordre médiatique. La situation de la presse est le reflet de l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays actuellement. La presse est prise en tenaille entre deux facteurs : politique et économique. Il y a d’un côté la cooptation discrétionnaire et de l’autre les groupes d’intérêt», a affirmé A. Belhimer. Afin d’illustrer cette dégradation, Ammar Belhimer s’appuie sur les résultats de la première étude d’évaluation de la presse algérienne réalisée par des experts et intitulée «Baromètre africain des médias (2009)». A l’issue de cette étude, les spécialistes ont attribué des notes catastrophiques, ne dépassant pas 2,5/5, à la presse algérienne. La notation portait sur plusieurs critères, dont l’étique et la déontologie, l’exactitude de l’information, l’impartialité dans le traitement de l’information, la formation des journalistes et l’autocensure et le syndicalisme. Selon lui, à cause d’une formation professionnelle «généralement insuffisante», les normes techniques ne sont pas toujours respectées et le traitement des événements est largement superficiel. Dans certains cas, enchaîne-t-il, les journaux se contentent de l’information qui leur est fournie sans mener leur propre enquête. Qui a le droit d’éditer un journal ?
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www.algeria-watch.org
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