Répression des journalistes en Algérie : Etat des lieux

18 journalistes condamnés pour délits de presse à la prison ferme pour la seule année 2005.
Le journaliste,Bachir Larabi, sorti de prison le 22 février dernier après un mois passé derrière les barreaux.
Deux directeurs de journaux emprisonnés pour avoir publié les caricatures controversées des publications danoises
Le journaliste et directeur du quotidien le Matin, Mohamed Benchicou, en prison depuis juin 2004, soit trois mois après la publication de son livre « Bouteflika une imposture algérienne ».
Des rendez vous hebdomadaires avec la justice pour les journalistes, des harcèlements de toutes sortes dans une tentative de mise au pas de toute la corporation.
Aux dernières nouvelles, le lauréat du prix Benchicou de la Plume libre 2005, et chroniqueur du « Soir d’Algérie » Hakim Laâlam a été condamné à six mois de prison ferme dans un procès en appel .
Voici en quelques lignes, le lot quotidien des journalistes algériens.
A toutes celles et ceux que cette situation ne laisse pas indifférents, merci de signer et de faire circuler la pétition suivante.

Non à la mise à mort de la presse algérienne !

« Comme nous le craignions, l’année 2006 débute avec l’emprisonnement d’un autre journaliste. Bachir Larabi s’en est allé rejoindre derrière les barreaux Mohamed Benchicou, enfermé depuis 19 mois et 16 jours dans une cellule d’El-Harrach. 18 journalistes au moins, condamnés à la prison ferme courant 2005, risquent, à leur tour, d’être embastillés à tout moment.
D’autres journalistes sont désormais éligibles à la prison, et au vu de la cascade de procès intentés aux journalistes, nous redoutons une véritable hécatombe dans les rangs de la presse dans les prochains jours. Ce triste palmarès détenu par l’Algérie des années 2000 est le résultat d’un climat de tension sciemment entretenu par le régime pour tuer ce qui reste de liberté dans la presse, avant de liquider les autres libertés. Toutes les libertés. Parce que la liberté de la presse est mère de toutes les libertés. Parce qu’il ne saurait y avoir de débat public, démocratique et sain en l’absence de médias libres et de journalistes indépendants. Parce que sans liberté d’expression, l’Etat de droit, le pluralisme et la démocratie tant vantés par nos gouvernants sont tout simplement un leurre, nous disons non à la mise à mort de la liberté de la presse ! Nous, signataires de la présente déclaration : journalistes, organisations de défense des droits de l’homme, syndicats, partis politiques, organisations de la société civile…, citoyens, exigeons :

1 — la cessation immédiate du harcèlement systématique sauvage qui a pris pour cible les journalistes.

2— la libération de Mohamed Benchicou et Bachir Larabi, et la relaxe des journalistes condamnés à des peines de prison ferme ;

3 — l’abolition des articles prévoyant des peines de prison et des amendes exorbitantes pour diffamation : l’article 144 bis s’étant révélé, à l’application, une arme absolue pour détruire massivement la presse ;

4 — l’adoption d’une loi qui promeut la liberté de la presse et protège le journaliste dans l’exercice de son métier, tel qu’il en existe dans les régimes démocratiques, en remplacement de l’actuel code de l’information.

Pour appuyer le combat pour la liberté de la presse et la liberté d’expression en Algérie, nous appelons instamment :

— les instances onusiennes concernées ainsi que les ONG de défense des droits de l’homme à exiger de l’Etat algérien de se conformer aux conventions et pactes internationaux relatifs à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, auxquels l’Algérie est partie ;

— les partenaires politiques et économiques de l’Etat algérien, notamment l’Union européenne à travers l’application de l’article 2 de l’accord d’association, à user de toute leur influence pour le respect, par les pouvoirs publics, de la liberté d’expression en Algérie, tel que l’imposent les règles qui fondent leurs relations en matière de politique étrangère et les principes officiellement proclamés par leurs plus hauts dirigeants politiques. »

Le comité Benchicou pour les libertés.

Envoyer vos signatures par fax au 021 65 68 62 et/ou email : comitebenchicou@hotmail.com

   
www.algeria-watch.org