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Journée internationale de la liberté de la presse Le statut du journaliste fin prêtEl Watan, 3 mai 2007 La profession journalistique va enfin se doter d’un statut professionnel. Longtemps laissé sans protection, ni droits, le journaliste algérien s’est trouvé en proie à ses employeurs, ainsi qu’aux aléas de la vie sans cadre juridique lui permettant de faire face aux différents cas d’abus et d’atteinte. Sans déclaration à la sécurité sociale, victime de licenciements abusifs, absence de plan de carrière, ce sont là quelques maux dont souffre le journaliste qui, pourtant, fait de son métier « la voix des sans voix ». Ce qui était un simple projet en juin 2006, est aujourd’hui devenu réalité avec la toute prochaine présentation du projet de statut du journaliste sur le bureau du secrétariat général du gouvernement. Syndicat national des journalistes, ministère de la Communication, ministère du Travail ont joint leurs efforts pour rendre possible la création d’une commission se chargeant de concevoir ce cadre juridique devant consacrer les droits et devoirs du journaliste. « Nous sommes souvent confrontés à des cas de licenciement, de non-déclaration à la sécurité sociale, mais le vide juridique nous handicape et nous empêche d’être efficace dans nos actions », explique Kamel Amarni, secrétaire général du SNJ, qui souligne que le syndicat n’a eu de cesse de revendiquer la dotation de la corporation d’un cadre juridique. Cette revendication a fini par trouver un écho en juin 2006 avec la réhabilitation du ministère de la Communication. Une commission mixte, composée du SNJ, des ministères du Travail et de la Communication, d’experts en sciences de l’information, ainsi que de juristes, a élaboré avec l’aide de l’UGTA un texte définissant entre autres dispositions, ce qu’est la profession du journaliste, ses droits, ses obligations. « L’avant-projet de statut réglemente le recrutement, les périodes de stages, oblige l’employeur à respecter la législation pour aller vers l’adoption d’une convention collective. En fait, ce statut vient mettre fin à un vide juridique qui dure depuis trois décennies », explique Kamel Amarni, en soulignant que le statut facilite le recours à des poursuites judiciaires. En termes de mesures concrètes, le texte prévoit de limiter la période de stage à un délai maximum d’une année, au cours de laquelle le stagiaire doit être assuré. « Grâce au nouveau texte, les congés divers deviennent obligatoires, de même que l’assurance vie en cas de mission d’un journaliste dans un pays en guerre », dira le SG par intérim du SNJ. Pour Mme Mokhtari, juriste chargée par le ministère de la Communication de siéger dans ladite commission, le projet de statut vient répondre à une préoccupation exprimée par l’ensemble de la corporation. « L’article 4 de la loi portant code du travail stipule qu’une catégorie de travailleurs journalistes a droit de garantir ses intérêts, nous avons donc planché sur la question en consultant toutes les parties concernées, syndicat, éditeurs, spécialistes, et aujourd’hui le projet est fin prêt et ne va pas tarder à être présenté en conseil de gouvernement », nous confie-t-elle, en soulignant que le statut tel que conçu « préserve les intérêts de l’employeur et protège le journaliste ». Nadjia Bouaricha
Ils sont favorables à la décriminalisation du délit de presse Les partis critiquent le code pénalLes partis, tous courants confondus, s’accordent à dire qu’il n’y a point de démocratie sans liberté de la presse. « Nous défendons le principe d’une presse libre si l’on veut du bien à l’Algérie », s’écrient-ils à l’unisson. Interpellées à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, les formations politiques, précisément celles qui participent aux élections législatives, prennent le soin de ne dire que du bien concernant la corporation. Force est ainsi de constater que peu de partis ont abordé la question ou ont pensé à le faire. La liberté d’expression et de la presse ne constituerait-elle plus une priorité à leurs yeux ? Une chose est certaine, la défense de la presse ne se pose plus comme un thème majeur dans le discours des politiques. Cela dit, la plupart des partis sont d’accord pour souligner l’urgence d’amender le code pénal pour décriminaliser le délit de presse. A ce propos, l’Alliance nationale républicaine (ANR), par la voix de son président Rédha Malek, rappelle l’époque où son président était chef du gouvernement (1994). « En tant que chef de l’Exécutif, j’avais ordonné de laisser les journalistes travailler en paix et de libérer ceux qui étaient en prison pour des délits liés à leur fonction », indique le président de l’ANR. L’ANR, qui accueille sur ses listes l’UDR de Amara Benyounès (parti non agréé à ce jour), plaide pour la suppression de l’article 144 bis qui criminalise la « faute » journalistique. « Cet article doit disparaître. On ne doit pas emprisonner le journaliste pour ses écrits. De l’autre côté, j’appelle les journalistes à s’organiser afin d’asseoir une charte d’éthique et de déontologie », poursuit l’homme politique. Autre parti « républicain » à appeler à l’abrogation du « code pénal bis », le RCD. « Nous n’avons pas attendu la commémoration du 3 mai pour plaider la cause de la corporation. Les positions du RCD ont toujours été claires. En témoignent les marches, les manifestations et autres meetings que le parti a initiés uniquement pour la défense de la liberté d’expression », souligne le secrétaire national à l’information et porte-parole du RCD, Mohsen Belabès. Les « doléances » de la formation de Saïd Sadi comportent aussi d’autres points, non moins négligeables. « Il s’agit du statut du journaliste qui n’a pas encore vu le jour, ce qui induit une situation de précarité dont souffrent de nombreux journalistes », ajoute le RCD. Quant au Parti national pour la solidarité et le développement (PNSD), la « défense de la liberté de la presse ne date pas d’aujourd’hui ». « L’histoire retiendra que nous étions deux sénateurs du tiers présidentiel, Ahmed Merani et moi-même, à dire non au projet de loi lorsqu’il a été soumis à la chambre haute. Je persiste à refuser ce texte honni et son article 144 bis, véritable épée de Damoclès qui plane sur la tête du journaliste. Je lance un appel solennel au président de la République à user de son droit de grâce pour tous les journalistes poursuivis », souligne le président du PNSD. Pour le Parti des travailleurs, la liberté de la presse doit rester une préoccupation majeure. « On ne conçoit jamais un multipartisme sans une presse libre », nous dit Karim Labechri, cadre du PT et député sortant. Le proche collaborateur de Louisa Hanoune n’omet pas de signaler que la liberté de la presse figure parmi les axes fondamentaux du programme du parti. « Pour nous, les deux volets importants sont d’abord le libre exercice de la profession avec ce que cela implique comme moyens et outils pour le journaliste et bien sûr le côté social – salaire décent, sécurité sociale, etc. – qu’il faut aussi prendre en charge. » Pour ce qui est de l’audiovisuel, le PT considère que l’éventualité d’ouverture au secteur privé n’est pas « systématiquement » bénéfique pour la société. « Nous ne sommes pas contre le privé, mais il faut dire que les chaînes de télévision et de radio indépendantes qui émettent de par le monde ne répondent pas toujours aux attentes. Une chaîne privée est mue par des considérations beaucoup plus commerciales. Cela dit, les médias lourds du secteur public doivent permettre l’accès à tous les courants politiques », relève encore Karim Labechri. De leur côté, le FLN et le RND se rejoignent sur la question. Ces deux partis de la coalition présidentielle proposent ainsi le « pack complet » pour signifier qu’ils sont branchés sur la même longueur d’onde que la profession. « Le FLN est contre l’article 144 bis et milite pour son abrogation. Le journaliste ne doit pas être interné à cause de ses écrits. Le parti qui a beaucoup évolué appelle aussi à l’ouverture du champ audiovisuel », indique Saïd Bouhadja, membre de la direction du parti et tête de liste FLN à Skikda. Pour Miloud Chorfi, porte-parole du RND, « le programme du parti s’appuie aussi sur la question de la liberté de la presse ». « La corporation a tout le soutien du SG (Ahmed Ouyahia). Le RND appelle à l’abrogation de l’article 144 bis et propose d’ouvrir le champ audiovisuel », ajoute l’ex-journaliste de la télévision. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) abonde dans le même sens, même s’il se dit obligé de rappeler « un point important dans le texte de loi incriminé ». « L’épée de Damoclès ne plane pas uniquement sur la tête du journaliste. Il y a aussi l’imam à qui on dénie le droit à l’expression libre », relève Abdelmadjid Menasra, porte-parole du parti fondé par le défunt Mahfoud Nahnah. Djamel Zerrouk
Le SNJ adresse un mémorandum aux leaders politiquesLe Syndicat national des journalistes (SNJ) organise aujourd’hui une cérémonie de recueillement à la mémoire des professionnels des médias assassinés par des terroristes durant la dernière décennie. Le recueillement se fera à 10h au niveau de la place de la Liberté de la presse, à Alger-Centre. Outre cette cérémonie, le SNJ a prévu une palette d’activités en cette journée mondiale de la liberté de la presse, qui coïncide avec le 3 mai de chaque année. Activités qui seront assurées notamment par les sections syndicales à travers le pays. La nouveauté est que, cette fois-ci, la direction nationale a décidé de commémorer cet événement dans la capitale de l’Est, Constantine. Cette wilaya accueillera ainsi deux importants séminaires, l’un sur la problématique de « La protection sociale et juridique du journaliste », l’autre sur « Les techniques de la négociation collective ». Le SNJ profite également de cette occasion pour réitérer son appel à la dépénalisation du délit de presse en Algérie. Il saisit ainsi, en cette période de campagne, tous les états-majors des partis politiques et les autres candidats aux élections législatives, par le biais d’un mémorandum, les invitant à s’exprimer sans détour notamment sur la question de l’abrogation du code pénal qui constitue une entrave à l’exercice libre de la profession de journaliste. M. A. O.
Création d’un centre de formation pour les reporters Un centre de formation et de recyclage pour les journalistes sera bientôt créé.L’initiative, prise hier, soit à la veille de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, émane de quatre éditeurs de la presse indépendante, à savoir les directeurs des quotidiens El Watan, Liberté, Le Soir d’Algérie et El Khabar. Le centre sera autonome et aura son siège à Alger. Il sera ouvert à l’ensemble des journalistes de la presse publique et privée, qu’elle soit écrite, audio ou audiovisuelle. L’idée de créer un tel centre obéit, comme le soulignent les éditeurs dans un communiqué rendu public hier, à un souci de « professionnalisation du métier de journaliste ». Professionnalisation qui est devenue une exigence des plus pressantes à même d’offrir aux lecteurs et aux auditeurs un produit fait selon les règles du métier internationnalemment reconnues. Il s’agit ainsi d’assurer aux professionnels de la presse une formation continue et des stages de recyclage qui leur permettront de suivre l’évolution de la presse dans le monde. Pour ce faire, le centre fera appel à un encadrement professionnel d’ici ou d’ailleurs. Cette initiative est louable, d’autant plus qu’elle est la première du genre depuis l’ouverture du champ médiatique au début des années 1990. Elle est encore plus importante au moment où il y a un déficit énorme dans la formation des journalistes et dans l’encadrement professionnel d’une manière générale. M. A. O. |
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www.algeria-watch.org
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