Un journaliste d'El Khabar interrogé et humilié par la police

L'histoire de mon interrogatoire au commissariat

"Nous allons t'écrouer et charger quelqu'un pour s'occuper de toi, là-bas"

El Khabar, 1 avril 2006

Il était six heure et demie, mercredi dernier, quand mon ami "Rabah" a reçu un appel téléphonique d'un des habitants de son quartier de "Delly Brahim", l'informant qu'il était recherché par les services de sécurité. "Ils cherchent Rabah l'ami du journaliste Mourad...", lui dit-il.
Mon téléphone n'a pas cessé de sonner, c'étaient des amis à moi qui voulaient m'alerter que j'étais, et mon ami Rabah, recherchés par la police. Je me suis rendu alors au poste de police de "Delly Brahim", où j'ai été informé que je n'étais pas recherché.
En sortant, je me suis aperçu que j'étais suivi par deux personnes. Je me suis dirigé, donc, vers le commissariat de la sûreté de daïra de "Chéraga", où on ma assuré que je n'était pas recherché.
Vers sept heure et demie du soir, je me trouvait à bord de la voiture de mon ami en question, "Rabah", et nous nous sommes arrêté devant un kiosque pour acheter des cigarettes, en sortant de la boutique, quatre individus étaient en train de mettre les menottes à mon ami.
En réponse à mes questions, il m'apprennent qu'ils étaient des agents de sécurité, et qu'ils appartenaient au Service central de lutte contre le crime organisé.
Un de mes amis, policier, m'a appris, ensuite, qu'il s'agissait des articles que j'avais écris sur le Groupe salafiste pour la prédiction et le combat (GSPC) et la note envoyée par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).
Je me suis rendu au Commissariat Central, où un agent de police, un responsable parait-il, m'a accueilli avec des insultes et des injures avant qu'on me chasse du commissariat avec des humiliation.
Jeudi matin, mon ami Rabah, à qui on avait interdit d'utiliser le téléphone la veille, m'a appelé, il avait l'air effrayé et m'a dit: "sauve moi Mourad, je ne suis pas responsable de ce que tu as écris, je n'ai fait qu'envoyer des fax", en ajoutant: "il faut que tu viennes au siège de la Sûreté".
Je me suis immédiatement rendu au siège de la Sûreté, et contrairement à la veille, j'ai été très bien reçu, même par le responsable qui m'avait chassé la veille.
"Il faut que vous nous racontiez la vérité si vous voulez que votre ami soit libéré". il m'a demandé: "qui vous a donné les documents à partir desquels vous avez écrit votre article lié à la sécurité?".
Je n'ai pas cédé, au début, mais après une avalanche d'injures et de menaces, j'ai été obligé de divulguer certaines informations. On a rédigé alors un PV que j'ai signé.
J'ai conduit dans une salle où j'ai attendu près de deux heures avant d'être a nouveau ramené à la précédente salle. Là, tout a changé, cinq personnes dont une femme, m'attendaient.
"Vous n'avez pas dit la vérité, vous avez accusé un officier qui n'est pas concerné par l'affaire", me lachent-ils. Et malgré mes affirmation que j'avais dit la vérité, ils s'acharnés sur moi avec des questions blessantes et des menaces, en faisant usage de la force et ayant recours à d'autres procédés qui m'ont fait rappeler des scènes de tortures morales qu'on voit à la télévision.
Ils m'ont demandé d'éteindre mon téléphone, alors que mon chef de rubrique m'appelait et m'ont interdit de fumer. Ils m'ont menacé de prison, moi et mon ami: "vous allez entrer en prison vous et votre ami". "Nous allons t'écrouer et charge quelqu'un pour s'occuper de toi, là-bas", m'ont-il menacé.
Je dois avoué que j'ai eu très peur, je n'ai jamais été confronté à ce genre de situation. Et devant cette torture morale, j'ai dû capituler et révéler mes sources. Je n'ai su quoi dire, je ne me rappelait plus du nombre de pages que m'avait faxé Rabah, après les avoir eu de deux policiers.
Ainsi s'achève mon récit, ils sont parvenu à leur fin, un second PV a été rédigé et on m'a remis une convocation pour samedi matin, en gardants ma carte professionnelle.

2006-04-01
Mourad M'hamed

 

   
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