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DANS
UNE LETTRE ADRESSÉE AU PROCUREUR DE DJELFA
Hafnaoui
Ghoul sort de sa réserve
L'Expression,
20 juillet 2004
Hafnaoui Ben Ameur Ghoul, le journaliste et militant des droits de l’homme,
condamné à trois mois de prison, est sorti de sa réserve,
hier, pour exprimer, dans une lettre adressée au procureur général
de Djelfa, «son désarroi et sa grogne» quant aux chefs
d’inculpation retenus contre lui. D’emblée, le journaliste
détenu témoigne, en racontant le récit du malheureux
scénario qui l’a conduit aux portes de la geôle, que
sa condamnation a été décidée «en toute
hâte». Celle-ci, ajoute le rédacteur de la lettre, «était
entachée de considérations typiquement politiques».
En réagissant à la valse des réformes envisagées
dans le secteur de la justice, M.Ghoul remet sur la table la thèse
dite «indépendance de la justice en Algérie». «Peut-on
parler encore de l’indépendance de la justice et de la crédibilité du
système judiciaire?», s’est-il interrogé tout
en avouant qu’il écartait la vraisemblance de ce raisonnement.
Hafnaoui Ghoul n’a pas mâché ses mots à l’égard
des instances judiciaires de la wilaya de sa résidence. Le destinateur
affirme que toutes les déclarations du procureur général
de Djelfa sont «infondées» et visent à «salir
l’image d’un journaliste». D’ailleurs, a-t-il
renchéri, cette «peine» s’inscrit dans le cadre
des «campagnes répressives visant à bâillonner
la presse».
Pour revenir au scénario de sa condamnation, le prisonnier s’étonnait,
d’un côté, de la «précipitation dans
laquelle son affaire a été conclue», et d’un
autre, du sort réservé à ses «maintes plaintes
introduites antérieurement auprès des différentes
instances» de la wilaya de Djelfa. Dans le même sillage,
M.Ghoul affirme avoir saisi le procureur général pour une
demande de protection. Celle-ci, a-t-il expliqué, est intervenue
suite aux «agressions répétées» dont
il a fait objet. Grosso modo, Hafnaoui Ghoul, ne cesse de crier «l’intolérance» contre
les justificatifs de l’avocat et du verdict décidé par
le juge d’instruction. A contrario, il prétend que sa détention
a été «motivée par des prétextes politiques».
Pour rappel, le correspondant du quotidien Djazaïr News a été condamné,
selon les chefs d’accusation retenus par la justice, à savoir
diffamation et outrage aux autorités locales de Djelfa. La seconde
accusation concerne l’affaire des «600 milliards» que
le wali de Djelfa aurait dilapidés et que Ghoul a dénoncé dans
les colonnes du quotidien Le Soir d’Algérie.
Ali TITOUCHE
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