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Solidarité avec Florence AubenasEl Watan, 13 avril 2005 Ce vendredi, cela fera 100 jours que Florence Aubenas et son guide interprète ont été enlevés en Irak. La France s’apprête à organiser de grandes manifestations pour leur libération. Médias et associations multiplient les initiatives pour ne pas oublier les otages. Des ballons et des émissions pour se souvenir de Florence Aubenas et de son guide Hussein Al Hanoun. Les directeurs de rédaction de la quasi-totalité des médias se sont réunis au siège de TF1 pour mettre au point une série d’initiatives communes à prendre le vendredi 15 avril pour les 100 jours de captivité des deux otages. Tous les médias se mobilisent en faveur des deux otages prisonniers en Irak avec comme Unique slogan : « Florence Aubenas et Hussein Hanoun : 100e jour de captivité. » Pendant toute la journée de vendredi, toutes les télévisions auront en permanence à l’écran un même logo, réalisé par TF1 et toutes les radios diffuseront un même jingle, fabriqué par Radio France avec la voix de Christian Chesnot, qui passera toutes les demi-heures en prime time, et toutes les heures pendant le reste de la journée. Pour la presse écrite, tous les quotidiens publieront en une la même pastille avec le même texte que la télévision et la radio. Pour les sites Internet, une bannière commune établie par Reporters sans frontières (RSF) sera installée sur l’ensemble des sites web de la presse écrite et audiovisuelle. Cette opération commencera demain 14 avril à 20h 30 par une manifestation sur le parvis des droits de l’homme du Trocadéro à Paris. 100 feux de détresse seront allumés à la tombée de la nuit. Le comité de soutien à Florence et Hussein, avec les élus et les clubs de la presse, dans 100 villes de France lâcheront 100 000 ballons marqués « Florence & Hussein » samedi à midi pour clore toute cette opération. Dans la capitale, la mairie affichera vendredi sur ses panneaux lumineux les messages de soutien de 100 anonymes. Par ailleurs, des messages seront lus vendredi soir dans plusieurs théâtres.A noter aussi que le 3 mai, à l’occasion de la Journée internationale de la presse, la pétition de soutien aux otages, signée depuis le 22 mars par de très nombreux médias européens, devrait être remise au président du Parlement européen et au président du Conseil européen. Rémi Yacine Rassemblement devant l’ambassade d’Algérie à Paris Autant nous sommes engagés, à l’Humanité, avec les autres médias français pour obtenir la libération de Florence Aubenas et d’ Hussein Hannoun Al Saâdi, autant nous considérons que le soutien à la liberté de la presse partout dans le monde nécessite notre mobilisation », nous affirme Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, dont la rédaction et la section syndicale SNJ-CGT sont à l’origine du rassemblement, lundi en fin de journée, devant l’ambassade d’Algérie à Paris pour protester contre les atteintes à la liberté de la presse en Algérie, pour réclamer la libération des journalistes emprisonnés et la reparution des journaux interdits. « Si dans tous les pays du monde, on ne pourra plus faire d’investigations sur la corruption, il ne restera plus beaucoup de journalistes. Nous réclamons la libération de tous les journalistes emprisonnés, nous réclamons qu’ils puissent recouvrer leurs droits, qu’ils puissent faire leur travail », souligne le directeur de l’Humanité. Ce rassemblement, auquel ont pris part des élus communistes, des représentants du PS et des Verts, un maire adjoint de la Mairie de Paris, le secrétaire général du SNJ-CGT..., est, selon le directeur de l’Humanité, « le coup d’envoi d’une campagne que l’on poursuivra pour que les autorités algériennes considèrent que la liberté d’enquête et d’investigation est nécessaire au travail des journalistes, même si elles ne sont pas d’accord avec les enquêtes en cours, un débat contradictoire peut être instauré ». « D’autres initiatives vont être nécessaires pour le droit de penser et d’exprimer des idées de liberté », a conclu Patrick Le Hyaric. Les sénatrices de Paris, Nicole Borvo, et de Seine-Saint-Denis, Eliane Assassi, présentes au rassemblement, ont organisé jeudi dernier au Sénat une réunion sur « les atteintes à la liberté de la presse dans le monde, plus particulièrement en Algérie ». La sénatrice Eliane Assassi a initié la création d’un observatoire de parlementaires et de personnalités sur les atteintes à la liberté de la presse. Rappelant qu’« il est intolérable que des journalistes puissent être poursuivis par la justice pour des écrits, surtout lorsqu’ils traitent d’affaires de corruption », elle a estimé qu’il était de son devoir d’utiliser son mandat pour « faire connaître de tels agissements ». Eliane Assassi, dont le père est Algérien, se dit très « sensible » et « très mobilisée » « dès qu’un journaliste est inquiété pour ses écrits, dès que la liberté d’expression et de la presse est attaquée ». Eliane Assassi suit de très près la situation de la presse et des journalistes en Algérie. Elle est allée à Alger le 15 janvier dernier. Le verdict du procès impliquant Mohamed Benchicou, directeur du Matin qui purge déjà une peine de deux ans, de Hassan Zerrouky qui fait partie aussi de la rédaction de l’Humanité, de Youcef Rezzoug (rédacteur en chef), de Yasmine Ferroukhi et Abla Cherif, qui devait être rendu hier, a été reporté au 19 avril. « Ce procès n’est pas un cas isolé. De nombreux titres, comme El Khabar, El Watan, Le Soir d’Algérie ou Liberté, sont poursuivis devant les tribunaux pour avoir usé de leur droit d’informer. Des procès en diffamation ou pour “outrage” à telle ou telle institution de la République algérienne se multiplient », observent les initiateurs du rassemblement devant l’ambassade d’Algérie. Le tribunal d’Alger aura également à se prononcer, le 20 avril, sur une demande de liberté provisoire déposée par les avocats de Mohamed Benchicou. « Deux ans de prison, ce n’est rien dans un pays où soixante journalistes ont été assassinés », a souligné l’épouse de Mohamed Benchicou. Et d’ajouter : « Il faut que les journalistes exercent leur métier dans la liberté et la dignité. » Bouzeghrane Nadjia |
Disparition de Florence Aubenas et Hussein al Saadi en Irak | ||||
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www.algeria-watch.org
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