Raffarin se veut rassurant

Selon le Premier ministre, les contacts avec les ravisseurs de Florence Aubenas et Hussein Hanoun seraient «stabilisés».

Libération, 30 mars 2005

alors qu'on approche des trois mois de détention pour Florence Aubenas et Hussein Hanoun, le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a voulu se montrer optimiste, hier devant l'Assemblée nationale. Il a ainsi affirmé que le gouvernement avait des «contacts stabilisés» avec les ravisseurs de la journaliste de Libération ­ ce qu'il avait déjà presque dit, le 13 mars sur Radio J, en évoquant une «accélération des contacts et des informations qui nous permettent d'avoir quelque espoir». De la même manière, le 24 mars, Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères, avait déclaré sur LCI : «Nous travaillons, nous nouons des fils, nous avons des dialogues et nous allons tout faire pour les sortir de là.»

Hier, le Premier ministre précisait, en réponse à une question posée au nom de l'ensemble des députés par le président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré : «Nous avons maintenant des contacts qui semblent stabilisés, ce qui nous permet d'avoir quelque espoir.» Et d'ajouter : «Depuis l'appel que nous avions lancé (le 3 mars, ndlr) pour que les ravisseurs s'adressent aux services officiels de notre pays, les services officiels français ont aujourd'hui des informations rassurantes.» Jean-Pierre Raffarin a toutefois refusé d'en dire plus, car il doit «garder le secret sur ces discussions» : «La prudence reste notre règle.»

Il a aussi salué «les initiatives prises par des élus, des artistes, des sportifs, des responsables d'associations, qui montrent que la mobilisation pour la libération des otages est une préoccupation nationale partagée» et qui «servent les discussions que nous avons pu établir».

A en croire le Premier ministre, la situation a donc nettement évolué depuis le 17 mars, date à laquelle il évoquait, devant une quarantaine de directeurs de rédaction de presse écrite et audiovisuelle réunis à Matignon, des «contacts qui sont en train de se structurer», mais qui «n'apportaient pas [alors] de preuve de vie». A l'époque, il n'avait pas nié qu'il y ait «quelque espoir», tout en soulignant sur France 2 que la situation restait «très difficile, très dangereuse, dangereuse même pour les ravisseurs, car les bandes sont rivales». Il s'était félicité qu'au cours de son séjour en Irak Serge July, PDG de Libération, «ait pu voir la qualité et la puissance du dispositif qui est sur place». AFP

   
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