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| Elle était l’envoyée spéciale de Libération Une journaliste française disparaît en Irak Le Quotidien d'Oran, 8 janvier 2005 Le quotidien parisien «Libération» est sans nouvelle de son envoyée spéciale en Irak, Florence Aubenas, depuis mercredi matin, jour où elle a quitté son hôtel, accompagnée de son guide et interprète irakien Hussein Hanoun al-Saadi. La direction du journal ainsi que les autorités françaises n’excluent aucune hypothèse même si la piste d’un enlèvement par un groupe armé semble fréquemment évoquée. Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter à «Libé» où elle travaille depuis 1986, est arrivée le 16 décembre 2004 à Baghdad. Depuis ce moment, la rédaction de son journal n’a plus eu de contact avec elle ni avec son guide. Sa disparition après l’enlèvement durant plusieurs mois de deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, libérés à la veille de Noël, suscite naturellement la plus vive inquiétude. A Paris, le débat sur les risques à travailler en Irak a également refait surface, non sans une certaine polémique sur la nécessité d’aller couvrir l’actualité dans ce pays et dans le contexte de guerre qui est le sien depuis plusieurs mois. Dans la période actuelle, «la sécurité des correspondants de guerre ne peut pas être assurée en Irak», a déclaré à ce sujet le président Jacques Chirac. «C’est ainsi. Les autorités françaises déconseillent formellement l’envoi de journalistes dans ce pays», a-t-il ajouté. Sa réaction a été étayée par la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie qui a déconseillé elle aussi aux journalistes français de se rendre en Irak, «un pays dangereux», a-t-elle déclaré. Pour sa part, le chef de la diplomatie Michel Barnier a déclaré à la presse que «nous sommes aujourd’hui sans nouvelles de votre consoeur et nous sommes inquiets. Nous mobilisons naturellement tous les moyens pour obtenir des informations et pour la retrouver». «Nous avons recommandé à l’ensemble des médias de ne pas envoyer des journalistes», a déclaré à ce sujet le chef de la diplomatie française. «J’assume ma responsabilité qui est de prévenir mais nous avons aussi la responsabilité d’aider nos compatriotes, chacun a sa responsabilité, les journalistes ont un devoir d’informer et ils prennent leurs responsabilités», a-t-il poursuivi. Côté professionnel, Reporters Sans Frontières a estimé «nécessaire d’attendre avant de se prononcer sur le sort de la journaliste française et de son assistant, mais, en revanche, la mobilisation doit être immédiate». «Si rien ne permet, poursuit l’ONG, de parler d’un enlèvement, il ne faut pas oublier que dans le cas de Christian Chesnot et de Georges Malbrunot, cette mobilisation internationale a payé». Florence Aubenas, qui a travaillé longtemps en Algérie, est connue dans le milieu journalistique algérien pour être une professionnelle de terrain et un grand reporter privilégiant le contact avec les gens ordinaires et les témoins de tous les jours plutôt que les interlocuteurs officiels ou institutionnels. Ce n’est pas une journaliste de bureau, comme il est de coutume de dire dans le milieu journaliste, un vrai reporter mais pas une tête brûlée. De ses fréquentes missions, on retiendra d’elle le souvenir d’une consoeur au caractère bien trempé et dont les écrits déplaisaient, faut-il le préciser, aux autorités en raison de leur causticité et du fait qu’ils regorgeaient de témoignages de personnes exprimant crûment la douleur de leur vécu. Florence Aubenas, avec son physique de globe-trotter et de journaliste façon bohème, a beaucoup travaillé sur les différentes élections présidentielles en Algérie et sur la question des droits de l’Homme et des libertés. Elle a consacré plusieurs papiers sur la crise politique en Kabylie et sur l’épineux dossier des disparus. Kader Hannachi
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www.algeria-watch.org
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