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| Hypothèses sur la disparition Avec toute la prudence nécessaire, la thèse du kidnapping criminel prend corps. Par Patrick SABATIER, Libération, 19 janvier 2005 le plus insupportable, pour les familles, mais aussi pour notre journal, est bien entendu l'absence d'informations certaines sur le sort de Florence et Hussein. D'autant que ce silence est rempli de rumeurs ou d'informations non vérifiées, qui épaississent le brouillard et génèrent fausses pistes et faux espoirs. Cette absence de faits avérés oblige à la modestie dans les supputations et, pour ce qui est de la responsabilité des médias, à la prudence dans la publication. Quatorze jours après la disparition de Florence et Hussein, le point de ce que nous savons, à partir de sources que nous estimons aussi sûres que possibles. Comment Florence et Hussein ont-ils disparu ? La seule certitude est que Florence et Hussein ont été vus quittant l'hôtel Mansour à Bagdad, le mercredi 5 janvier en fin de matinée (heure de Bagdad). Ils n'avaient manifestement pas l'intention de quitter Bagdad, Florence ayant laissé à l'hôtel son téléphone satellitaire, indispensable hors de la capitale. Elle s'est manifestée par téléphone portable en début d'après-midi. Depuis, c'est le silence. Les rumeurs qui ont circulé sur place, et ont été diffusées, selon lesquelles ils auraient été vus en certains points de Bagdad, n'ont pas été confirmées. Aucun enlèvement n'a été signalé. L'enquête menée dans les hôpitaux, avec le ministère irakien de la Santé, n'a signalé aucune hospitalisation à la suite d'un possible accident. Leur véhicule n'a pas été retrouvé. Les forces américaines, comme la police irakienne, ont fait savoir qu'elles n'avaient arrêté ni détenu aucun journaliste. Que sont-ils devenus ? Nous n'en savons rien. Un journaliste irakien de l'Agence France-Presse a fait savoir qu'il avait été arrêté le vendredi 7 janvier, dans la soirée, à un barrage à Balad (au nord de Bagdad) par des hommes armés et cagoulés qui lui ont déclaré que «la journaliste et son guide sont en bonne santé». Une autre source a fait état d'un témoin ayant vu Florence et Hussein, apparemment prisonniers, le même jour. Mais ce témoignage n'a pas été recoupé. Pourquoi parle-t-on de kidnapping ? La rumeur qui court à Bagdad, parmi les Irakiens qui suivent l'affaire et s'emploient à l'élucider, est qu'il s'agirait d'un kidnapping criminel, non politique. Les experts de l'Irak penchent pour la même hypothèse. Mais aucun fait ni indice à ce jour ne permettent de l'affirmer. Aucune demande de rançon n'a été faite, ni aucun contact établi. L'hypothèse du kidnapping criminel est une déduction, à partir du fait que les groupes politiques pratiquant la prise d'otages (en particulier le Tawhid wal Jihad de Zarqaoui, l'Armée islamique en Irak, qui a détenu Chesnot et Malbrunot, ou Ansar al-Sunna) ont l'habitude et les moyens logistiques de faire connaître leurs actions assez rapidement. L'absence de toute revendication de leur part incite à penser qu'ils ne détiennent pas Florence et Hussein. Dans le cas d'un acte criminel, il est fréquent qu'un temps assez long s'écoule avant que les ravisseurs ne fassent connaître leurs exigences. Ce qui a amené le président irakien Ghazi al-Yaouar à parler de kidnapping criminel. On peut ajouter à l'appui de cette thèse le fait que nul ne voit quel intérêt politique les groupes de la résistance irakienne auraient à détenir en otages une journaliste française et son guide. Mais il ne s'agit là que d'une hypothèse, qui peut être démentie à tout instant.
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www.algeria-watch.org
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