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| Irak Hussein Hanoun al-Saadi, un atout maître sur le terrain Ce Bagdadi guide et aide les envoyés de «Libération» Par Christophe BOLTANSKI, Libération, lundi 10 janvier 2005 «Pas par ici», «pas dans ce quartier», «pas lui», «pas aujourd'hui». Ce qui rend le rôle de Hussein Hanoun al-Saadi si précieux pour un journaliste étranger en Irak, c'est sa connaissance parfaite du terrain, sa prudence, son sérieux. Dans Najaf en guerre, comme dans le chaos de Bagdad, il sait quel itinéraire emprunter, quand rebrousser chemin, qui rencontrer, comment vérifier une information. Depuis la chute du régime baasiste, il fait profession de fixer, terme anglo-saxon intraduisible. Tout à la fois guide, interprète, chauffeur, éclaireur, compagnon. Dans le petit monde des Irakiens qui assistent la presse étrangère, il occupe une place centrale du fait de son expérience, de son entregent et de son large carnet d'adresses. A peine descendu de l'avion, le barrage militaire franchi, il est là, debout près de sa Chevrolet, avec ses éternelles lunettes noires, accueillant, chaleureux. Marié, père de trois filles et d'un fils, il est né en juillet 1960 à Bagdad. Il parle un français de garnison acquis pendant ses classes. Comme beaucoup d'anciens pilotes de chasse irakiens, il a été formé dans l'Hexagone au début des années 80, au plus fort de la coopération militaire entre les deux pays. Pendant quatre ans, il a combattu les Iraniens aux commandes de son Mirage F1. Ce qui lui a valu trois médailles, le grade de colonel, quelques cicatrices sur son crâne rasé et une réputation de bravoure parmi ses compagnons d'arme. Il a été démobilisé en 1991 à l'issue de la seconde guerre du Golfe. De nombreux médias français ont puisé dans le vivier de ces ex-aviateurs, sans solde et détenteurs d'un savoir fort utile en temps de guerre. De son passé militaire, Hussein Hanoun al-Saadi a conservé un sens aigu du danger, un attachement profond à son pays et des contacts dans toutes les couches de la société. Son appartenance à une puissante tribu, les Al-Saadi, qui compte à la fois des sunnites et des chiites, lui permet aussi d'ouvrir de nombreuses portes. Autant d'atouts dont les dix envoyés spéciaux de Libération qui se sont succédé en Irak ont pu bénéficier.
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www.algeria-watch.org
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