La Fédération internationale des journalistes

“Halte à la dérive totalitaire !”

Par Rédaction de Liberte, 29 janvier 2005

Dans un communiqué adressé hier à la rédaction, le centre de la Fédération internationale des journalistes à Alger a condamné les décisions de justice qui ont frappé quatre quotidiens de la presse indépendante en les qualifiant de “dérive totalitaire visant à réduire définitivement les derniers espaces de la démocratie et de la libre expression”. Et d’ajouter que c’est là “une suite logique de l’acharnement décidé au lendemain de l’ élection présidentielle du 8 avril 2004 par certaines personnalités du gouvernement contre la presse libre en Algérie”. Selon Nadir Benseba, coordinateur du centre de la FIJ à Alger, “ces faits témoignent d’une nouvelle offensive de répression de la liberté d’expression après avoir concocté insidieusement la suspension du journal Le Matin et l’incarcération de son directeur, M. Mohamed Benchicou. Les autorités algériennes instrumentalisent la justice à travers les textes du nouveau code pénal répressif pour réduire définitivement le champ des libertés”. Le tribunal d’Alger a infligé une série de condamnations qui cachent mal la volonté d’asphyxier financièrement les titres de la presse indépendante : les directeurs des quotidiens El Watan et El Khabar, en conflit juridique avec le responsable de la Direction générale de la Sûreté nationale, sous le couvert du ministre de l’Intérieur, sont condamnés à six mois de prison avec sursis et à verser des amendes de plusieurs millions de dinars.
Dans une autre affaire concernant Le Soir d’Algérie, le parquet réclame la suspension du titre pour une durée de six mois, et son chroniqueur est condamné à 6 mois de prison avec sursis assortie d’une forte amende pour “atteinte au chef de l’État”. L’ex-directeur de publication du Soir d’Algérie et actuel président du Conseil de l’éthique et de la déontologie est également condamné. L’ancien directeur du journal Liberté, M. Farid Allilat, est condamné lui aussi à 6 mois de prison avec sursis et à une amende pour avoir diffamé le président de la République.
Cette année, la FIJ lancera une campagne pour aider ses affiliés dans leurs actions en faveur de la liberté d’expression en encourageant les gouvernements à abandonner les projets de loi attribuant une nature pénale à la diffamation.

 

   
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