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Procès en série pour le correspondant
d'El Khabar à Bouira
Le Matin, 26 juin 2004
Le chef de bureau
du quotidien El Khabar à Bouira est appelé à comparaître,
le 3 juillet prochain, devant le tribunal de la ville dans une affaire « en
diffamation » qui l'oppose à l'Eriad. Notre confrère
a révélé, dans un article antérieur, un retentissant
scandale de « malversations et de commercialisation de produits
avariés ».
Une question taraude les esprits en ce moment : si Ahcène Guettaf
a diffamé les responsables de cette entreprise, pourquoi alors
la cour de Bouira les a-t-elle condamnés tout récemment à deux
ans de prison ferme, la restitution de la somme dérobée
et à 50 000 DA d'amende chacun ? Notre confrère a été auditionné dans
le cadre de la même affaire dans la deuxième quinzaine de
juin par le juge d'instruction. La programmation pour le 3 juillet de
son jugement ne renseigne-t-elle pas de la célérité avec
laquelle le Pouvoir actionne le rouleau compresseur judiciaire pour faire
taire définitivement la presse ? Pour rappel, le même correspondant
a été condamné à 5 000 DA d'amende et 10
000 DA de dommages et intérêts dans une autre affaire « en
diffamation » l'ayant opposé, le 28 décembre 2003,
au secrétaire général de l'Union nationale des paysans
algériens (UNPA) de la wilaya de Bouira. Il a été condamné,
le lendemain, dans une affaire similaire où il avait comme adversaire
l'ex-greffier en chef de la cour de Bouira, à 15 000 DA d'amende.
Le prévenu pour lequel la défense a fait appel dans les
deux procès vient d'apprendre qu'il a encore trois autres rendez-vous
avec la justice dans un proche avenir.
Le correspondant d'El Khabar est le représentant de la presse
locale le plus ciblé pour le moment même si d'autres ne
sont pas épargnés par cette chasse aux journalistes qui
bat son plein. La corporation qui craint que l'on fasse de ce journaliste
qui dérange la mafia locale un autre Hafnaoui Ghoul affiche une
profonde inquiétude devant ces procès en série.
Badis Moussaoui
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