LA COMMUNICATION SANS MINISTRE DEPUIS SIX MOIS

Le pouvoir impose le statu quo

Le Soir d'Algérie, 26 octobre 2005

Six mois après le dernier remaniement, le poste de ministre de la Communication reste toujours vacant. Le secteur de la communication en général et la corporation journalistique en particulier n’ont toujours pas d’interlocuteur officiel face à eux.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Une rumeur estivale avait pourtant donné Lahcène Moussaoui, actuel ambassadeur d’Algérie au Brésil, comme ministre de la Communication. Il n’en fut rien. Les pouvoirs publics ont choisi de maintenir le statu quo dans ce secteur. Le projet de code de l’information, principal dossier de ce département, reste aujourd’hui encore en suspens. Boudjemaâ Haïchour, dernier ministre à la tête de ce secteur, semblait pourtant décidé à finaliser la rédaction de ce document que certains ont assimilé à “un code pénal bis”. Haïchour avait tenté de lancer le débat autour de ce projet de code en rencontrant quelques éditeurs ainsi que les représentants du SJA, syndicat de journalistes mort-né créé par Khalida Toumi. Il tentera également d’imposer aux journalistes un code de la déontologie. Les projets de Haïchour visant à “domestiquer” la presse par la voie légale auront finalement échoué. Face à cette situation, le pouvoir décide d’imposer le vide. “Le non pourvoi du portefeuille ministériel pour le secteur de la communication s’explique de deux manières. Soit le pouvoir a du mal à dénicher le profil qui répond à ses projections, ou alors il conterait une option de suppression de ce département et son remplacement par des autorités organiquement reliées à la présidence de la République”, explique Rabah Abdellah, secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ). “Dans les deux cas de figure, poursuit le syndicaliste, nous ne sommes pas dans une situation de promotion de la liberté de la presse, car il ne se conçoit pas qu’une vacance soit autant prolongée dans un secteur aussi névralgique que celui de la communication et de l’information. A plus forte raison en ce moment où la liberté de la presse subit des restrictions drastiques et au moment où notre confrère Benchicou est emprisonné injustement”. Le fait que l’Algérie soit classée à la 129ème place en matière de liberté de la presse et que Mohamed Benchicou croupisse encore à la prison d’El Harrach prouve que le pouvoir algérien est liberticide. Concernant le directeur du quotidien Le Matin, il est évident que son cas n’est pas lié à la désignation ou non d’un nouveau ministre de la Communication. “Le dossier Benchicou n’a jamais été du ressort du département de la communication. Celui-ci est géré par des gens hiérarchiquement supérieurs au poste de ministre”, précisera pour sa part Nadhir Bensebaâ, représentant de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).
T. H.

   
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