Révision du code de l’information

Le ministre de la Communication ne s’engage pas

par Sihem H., Le Jeune Indépendant, 30 juillet 2006

Au moment où plusieurs voix, particulièrement partisanes, s’élèvent pour revendiquer la révision du code de l’information, le premier responsable du secteur, M. Hachemi Djiar, affirme que celle-ci n’est pas inscrite dans les priorités de sa feuille de route.

Invité de l’émission Questions de l’heure de la radio chaîne III, le ministre de la Communication a défendu sa vision par des arguments qu’il présente comme étant «logiques» et «convaincants». Ainsi, pour lui, le texte de loi tel que conçu il y a de cela seize ans, en 1990, comporte moult aspects positifs.

Pour preuve, explique-t-il, «c’est ce même texte de loi qui a permis la floraison de titres de journaux privés, lesquels ont, en outre, pu bénéficier de l’aide de l’Etat, aide qui continue à être de mise, notamment à travers la prise en charge des frais liés à l’achat du papier d’impression, sans compter les 22 milliards de dinars consacrés à l’ouverture du champ médiatique aux éditeurs privés».

Et de citer, également, parmi ces avantages, la protection du journaliste dans l’exercice de ses fonctions. «Cette loi n’est, certes, pas parfaite, mais elle est tout de même libérale», affirme-t-il. Interrogé sur le dispositif de sanctions à l’égard des journalistes édicté par cette loi et repris par le code pénal, le ministre rappelle que ce texte a été conçu «durant une période délicate où il n’y avait d’autre choix que de protéger la nation et ses emblèmes par tous les moyens possibles».

Situation qui le pousse à s’étonner du fait que les journalistes protestent contre cette mesure. «Je ne conçois pas qu’un journaliste puisse protester contre des balises mises pour protéger notre pays (…) mesures qui invitent les journalistes à plus d’efforts et à une fidélité sans failles quant au respect de la véracité de l’information rapportée.» Toutefois, pour M. Djiar, la révision de ce texte n’est pas à exclure, mais seulement dans le long terme.

D’autant, précise-t-il, que «la révision constitutionnelle permettra de renforcer davantage la liberté d’expression». «Après la révision constitutionnelle, certains articles de l’actuel code de l’information, dont celui portant pénalisation des délits de presse, deviendront caducs dans la mesure où la nouvelle loi fondamentale du pays renforcera la liberté d’expression et l’exercice démocratique», précise encore le ministre.

Et d’ajouter que le travail qui sera accompli dans les prochains jours par son département se limitera à «établir une évaluation, sous tous ses aspects, des dispositions de ce texte, qui, faut-il le reconnaître, a été conçu dans un contexte particulier».

A une question portant sur l’ouverture du champ audiovisuel au privé, le ministre est resté intransigeant, affirmant qu’il «est encore trop tôt». Pour lui, cette ouverture devra se faire de telle manière à ne pas revivre «la mauvaise expérience de l’ouverture économique tous azimuts faite dans une certaine anarchie et ayant entraîné la fermeture de dizaines d’entreprises nationales et le licenciement de centaines de travailleurs».

Une raison pour laquelle «il est impératif d’étudier tous les tenants et aboutissants de cette démarche avant d’aller à sa concrétisation». M. Hachemi Djiar, qui a affiché une parfaite disponibilité à répondre à toutes les questions tout au long de cette émission, a rappelé que sa priorité, depuis qu’il détient les rênes du département de la Communication, s’articule autour de deux objectifs essentiels, «renforcer le secteur public» et «aider le secteur privé».

Parlant du secteur public, le ministre n’a pas hésité à révéler l’existence d’«un déficit managérial à la tête des journaux publics» tout en établissant le même constat pour la télévision et la radio. Et de s’engager à remédier à cette situation dans un proche avenir.

Pour le secteur privé, M. Djiar s’est fait fort d’afficher la disponibilité de l’Etat à aider ce secteur à travers plusieurs formules, parmi lesquelles «la réactivation du Fonds d’aide à la presse écrite, bloqué depuis plusieurs années», et le règlement des différents problèmes de diffusion rencontrés actuellement par la majorité des journaux.

S. H.

   
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