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SUSPENSION
D’ERRAI
Benaoum «remis» en geôle
L'Expression,
8 octobre 2003 Le harcèlement contre la presse n’est pas près de
s’estomper.
En répondant, hier, à une convocation de la brigade économique
du commissariat d’Oran, M. Benaoum, sous contrôle judiciaire,
a été immédiatement remis en geôle, à peine
remis en liberté provisoire.
«
Cette façon d’agir des services de sécurité traduit
amplement la campagne de harcèlement et d’intimidation» que
ne cesse de dénoncer dans un communiqué le collectif
des journaux Erraï El-Aâm, Journal de l’Ouest et Détective
depuis le 17 août, date de la suspension des journaux édités
par le groupe Erraï El Aâm. Ce même collectif met
les hautes autorités devant leurs responsabilités et
les tiennent pour responsables des conséquences qui peuvent
découler de cette détention «arbitraire du fait
que M.Benaoum a, dans un passé récent, subi un triple
pontage coronarien, ce qui l’oblige à suivre un traitement
contraignant et un régime alimentaire adapté».
Déjà dimanche matin, un médecin a été appelé d’urgence
pour prodiguer des soins à M.Benaoum dans sa cellule de détention
au vu de la détérioration de son état de santé.
Pour rappel, lundi 6 octobre, un dispositif policier avait été installé aux
abords du domicile de M.Benaoum et du siège des journaux édités
par le groupe de presse Erraï El Aâm. Dans l’après-midi,
un policier en civil s’était présenté au
domicile du P-DG du groupe pour lui remettre une convocation le sommant
de se présenter à la brigade économique. La convocation
lui a été remise à 14h40 et il a été sommé de
se présenter dans l’heure qui suivait.
«
Nous nous interrogeons sur les dessous de la nouvelle cabale que tente
de fomenter la police devenue aujourd’hui un instrument de répression
des libertés au lieu de se consacrer à ses missions constitutionnelles
de défense des institutions, des biens et des personnes»,
s’interroge le collectif dans le communiqué. Ce harcèlement,
le collectif le justifie par la justesse de son combat» qui dérange,
et c’est pourquoi nous sommes la cible d’un complot visant à faire
taire définitivement nos titres, porte-parole des opprimés
et des victimes de la hogra» ajoute le communiqué. Pour
le collectif, en décidant de mettre M.Benaoum sous la pression
policière, «les responsables de la Sûreté d’Oran
ne font que confirmer que leur complot vise les journaux édités
par le groupe».
«
En jetant M.Benaoum en prison je suis sûr que les journaux ne
reparaîtront pas», a déclaré le chef de Sûreté de
wilaya aux journalistes du groupe interpellés jeudi 11 septembre
et soumis à un interrogatoire qui avait duré plusieurs
heures, affirme le collectif dans son communiqué d’hier.
Loin de courber l’échine, le collectif reste déterminé à mener
son combat. «Nous continuerons à assumer notre ligne éditoriale
et à nous ranger du côté des causes justes et du
combat pour une Algérie de justice et des libertés.» Devant
cet arbitraire et tant d’acharnement le collectif dans un dernier
souffle lance «un pressant appel à toutes les consciences
vives de la nation, à toutes les organisations de défense
des droits de l’Homme, à toutes les ONG et à la
communauté internationale pour leur demander d’agir afin
de faire cesser l’arbitraire qui continue de s’abattre
sur le personnel du groupe et pour faire pression sur les décideurs
afin que soit levée la mesure de suspension arbitraire et inique
qui frappe les titres édités par le groupe de presse
Erraï El-Aâm».
Smaïl ROUHA
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