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Selon une source judiciaire
200 journalistes concernés par la grâce présidentielle
Mustapha Benfodil, Liberté, 4 mai 2006
Ces mesures touchent ceux ayant épuisé toutes les voies de recours c'est-à-dire de l'opposition jusqu'au pourvoi de cassation.
Au lendemain des mesures de grâce décidées par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au profit des journalistes à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, 200 journalistes, dont une centaine à Alger condamnés pour des délits de presse, ont d’emblée bénéficié de ces mesures a indiqué, hier, une source judiciaire à l’APS.
Ces mesures de grâce, rappelle-t-on, “comportent une remise totale des peines prononcées à l'encontre des journalistes condamnés pour outrage à fonctionnaire, offense au président de la République, outrage à corps constitués, diffamation et injure”, indique le communiqué de la présidence de la République annonciateur de ces mesures, et rendu public hier.
Si nombre de patrons de journaux et autres confrères se sont félicités de ces mesures et ont exprimé un certain soulagement de les apprendre, n’hésitant pas à les qualifier de “geste d’apaisement” et de “signal fort”, d’aucuns ont vite déchanté en réalisant que ces mesures avaient quelque chose de “vicieux” en ce qu’elles ne touchaient que les journalistes ayant épuisé leurs procès jusqu’au dernier recours et qui ont fait l’objet d’un jugement définitif. C’est d’ailleurs une précision de taille que ne manquera pas d’apporter cette source judiciaire citée par l’APS : “Ces mesures (…) concernent ceux ayant épuisé toutes les voies de recours c'est-à-dire de l'opposition jusqu'au pourvoi de cassation”, a affirmé cette source avant d’ajouter qu’il s'agit des “condamnations à l'amende pénale, avec sursis ou à l'emprisonnement ferme”.
Au premier rang des journalistes polarisant toute l’attention de la corporation, Mohamed Benchicou n’est pas concerné par ces mesures. “Benchicou n'est pas concerné car il a été condamné pour un délit de droit commun, mais les autres journalistes, aussi, ne sont pas concernés car ils n'ont pas été condamnés définitivement”, a affirmé à l'AFP Me Bourayou, “l’avocat de la presse”. “Cette grâce n'a aucun effet”, a-t-il souligné.
“Je pense que le texte de la grâce a été mal initié, car à sa lecture, on constate que seuls les journalistes condamnés définitivement après épuisement des procédures d'appel sont concernés. Et ils ne sont pas très nombreux”, a estimé Me Bourayou. D’où la question qui coule de source : à qui profite finalement ces mesures de grâce ?
M. B.
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