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RÉGION
SAHÉLO-SAHARIENNE
Les
visées inavouées de Washington
L'Expression,
15 avril 2004
«Les Etats-Unis sont impliqués
en Afrique pour le long terme.»
La coopération entre Alger et Washington en matière de
lutte antiterroriste s’est renforcée depuis les attentats
du 11 septembre 2001. Favorables à une coopération sécuritaire
régionale, notamment avec des pays du Maghreb et du Sahel pour
lutter contre ce qu’ils appellent les «réseaux d’Al
Qaîda» les Etats-Unis ont, rappelons-le, lancé en
2003 un programme de coopération policier et militaire en Afrique
baptisé Initiative Pan-Sahel. Un plan coordonné par le
général Charles Wald, et qui témoigne de l’intérêt
grandissant de l’Administration Bush pour les pays sahariens :
Mali, Niger, Mauritanie, Algérie, Tunisie, Maroc et Libye. La
stratégie des Américains est claire : il s’agit de
trouver des partenaires, «ne pouvant pas être partout à la
fois et faire tout eux-mêmes», avait récemment déclaré le
général Wald. Il est clair que l’implication de terroristes
maghrébins dans les attentats du 11 mars dernier à Madrid
appelle à une approche «plus préventive, plus coordonnée
et plus multilatérale au problème du terrorisme en Afrique»,
estime l’administration américaine. Une coordination perceptible à travers
la rencontre qui a réuni récemment à Stuttgart les
plus hauts responsables de la Défense des huit pays africains
et des militaires américains de haut rang. Dans son édition
d’hier, le journal américain Boston Globe relayant les propos
du général James Jones, commandant suprême des forces
de l’Otan en Europe, estime que «les Etats-Unis sont impliqués
en Afrique pour le long terme». Ce qui laisse supposer que l’éventualité de
l’installation d’une base militaire dans la zone sahélo-saharienne
n’est pas à écarter, même si l’ambassade
des Etats-Unis à Alger avait formellement démenti ces «rumeurs».
Le redéploiement des forces américaines en Afrique subsaharienne,
indique le général Charles Wald «entre dans le cadre
d’un effort global des militaires américains pour réorienter
l’utilisation de leurs ressources et s’élargir à de
nouveaux alliés afin de lutter de manière plus efficace
contre le terrorisme».
Rappelons que ce n’est pas la première fois que les Américains
s’impliquent dans l’action de lutte contre les groupes terroristes
en Afrique. L’anéantissement d’un important groupe
du GSPC dans la région en janvier dernier, renseigne on ne peut
plus clairement, sur le rôle de la coopération entre Etats
dans le cadre de la lutte antiterroriste.
Par ailleurs, la multiplication de campagnes de sensibilisation autour
du projet américain de traque des réseaux Al Qaîda, à travers
les conférences-débats animées par des experts américains
est un autre élément qui renseigne sur les visées
géostratégiques des Etats-Unis dans la région.
Arezki LOUNI
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