| |
|
Robert Stephen Ford dément le froid dans les relations bilatérales
Le soutien de l'ambassadeur américain à Bouteflika
Par : Farid Belgacem, Liberté, 21 septembre 2007
Le représentant américain à Alger a démenti le froid qui aurait existé
entre Alger et Washington. "Nous espérons apporter une aide concrète au
programme du gouvernement algérien et améliorer les rapports entre les
deux pays", a-t-il affirmé.
C'est un signal fort, voire très fort, du département d'État des
États-Unis en direction de l'Algérie à travers la déclaration de Son
Excellence Robert Stephen Ford, ambassadeur américain à Alger. "Nous
soutenons fortement les initiatives du président Bouteflika concernant
les réformes engagées, notamment dans les secteurs de la justice et du
commerce. Nous espérons que l'Algérie puisse développer une économie
très forte, qu'elle soit capable de créer de bons emplois et qu'elle
soit le maillon fort de la stabilité dans la région du Maghreb. Nous
sommes très contents de nous retrouver ici avec la délégation
américaine, à sa tête, le directeur de la coopération du commerce", a
déclaré
M. Ford, dans une allocution prononcée à l'ouverture des travaux du
séminaire algéro-américain autour du thème "Le magistrat algérien et les
conflits liés au financement des petites et moyennes entreprises" et qui
se déroule du 20 au 22 du mois en cours à la résidence des magistrats de
Ben Aknoun. Une déclaration qui ne souffre d'aucune ambiguïté, soutenue
par les intentions du pays de l'oncle Sam à moyen et long terme, mais
surtout par ses attentes d'un pays émergent comme le nôtre.
"Fortement",
ce mot vaudrait plus qu'une lecture surtout qu'il s'agit, aux yeux de M
Ford, "pour l'Algérie, de développer d'autres segments d'investissements".
"L'Algérie doit investir des secteurs hors hydrocarbures"
"J'ai appris hier (vendredi, ndlr) que l'Algérie est le sixième
fournisseur des États-Unis d'Amérique en matière d'hydrocarbures. C'est
une bonne chose en soi, mais l'Algérie doit se pencher sur des segments
porteurs d'une plus-value pour créer davantage d'emplois, investir
d'autres créneaux et développer une économie basée sur la transparence."
Et d'ajouter : "Chez nous, aux États-Unis, le système juridique a permis
de lever l'ensemble des litiges pour le développement de l'économie
nationale. L'Algérie devra, elle aussi, et c'est l'objectif de cette
rencontre, aller vers un climat d'affaires et d'investissements plus
visible, transparent et loin des contraintes bureaucratiques. Cela est
valable pour tous les pays, y compris pour ceux de l'Europe et de
l'Afrique." Partant de son propre constat, M. Ford dira que lesÉtats-Unis d'Amérique sont prêts à aider l'Algérie pour "améliorer le
climat d'affaires", à la seule condition que le gouvernement algérien
assainisse l'environnement économique global, à commencer par la levée
de l'ensemble des contraintes qui subsistent encore et des litiges
récurrents en matière de développement. D'ailleurs, il annoncera un
programme de coopération et d'échanges ambitieux entre les deux pays,
sans pour autant donner de précisions des recommandations qui devront
sanctionner cette rencontre. À commencer par celui déjà inscrit sur son
agenda et relatif aux échanges entre l'École supérieure de la
magistrature et le barreau américain. "Nous espérons apporter une aide
concrète au programme du gouvernement algérien et améliorer les rapports
entre les deux pays." Cette rencontre, qui a le mérite de donner un
nouveau souffle aux relations algéro-américaines, verra la participation
du Forum des chefs d'entreprise (FCE), représenté par son président M.
Rédha Hamiani, et l'Association algérienne des petites et moyennes
entreprises, sans compter, de part et d'autre, des experts, des économes
et des comptables qui ont eu à subir sur le terrain l'application des
textes réglementaires et les litiges relatifs au financement des PME-PMI.
Une chose est sûre, le discours de M. Ford se veut un nouveau signal
pour le renforcement des relations entre les deux pays, d'une part, et
une forte impression des intentions et des attentes des États-Unis de
notre pays sur tous les plans. Le secrétaire général du ministère de la
Justice n'a pas omis de souligner les efforts des États-Unis d'Amérique,"un pays ami" dira-t-il, dans le développement du secteur de la
justice, la formation des ressources humaines et le transfert du
savoir-faire. Dans son discours, le représentant du ministère public aégalement précisé que ces échanges et ces formations s'inscrivent dans
le prolongement du programme du président de la République, M. Abdelaziz
Bouteflika, qui mise sur les ressources humaines.
"Le dossier de Guantanamo avance bien"
"Exact". C'est la réponse de Robert Stephen Ford à la question relative
aux négociations qui se poursuivent entre les États-Unis et l'Algérie
concernant le transfert des 17 détenus algériens incarcérés dans la base
américaine de Guantanamo. Ne voulant pas en dire plus à ce sujet,
l'ambassadeur des États-Unis d'Amérique à Alger est resté évasif, même
si son pays veut réellement mettre un terme à ce dossier d'actualité.
"Le dossier avance bien et nous avons eu des négociations avec la partie
algérienne", s'est limité M. Ford dans sa déclaration devant
l'insistance des représentants des médias. Pourtant, il y a un mois, le
21 septembre dernier,
M. Ford a exprimé, sur le plateau de la chaîne qatarie Al Jazeera, la
ferme volonté de l'Amérique et de l'Algérie à en finir avec ce fâcheux
dossier. M. Ford avait déclaré alors que "les Algériens détenus au
Guantanamo seront transférés par les autorités américaines et seront
jugés en Algérie conformément aux lois algériennes" et que des
négociations ont bel et bien eu lieu à Alger avec les plus hautes
autorités du pays, dont le ministère des Affaires étrangères et le
ministère de la Justice. Gêné par la question, M. Ford a donc préféré
maintenir le suspense même si, il y a un mois, il avait précisé que les
deux parties auraient trouvé un terrain d'entente, à savoir le transfert
de tous les détenus depuis Guantanamo vers l'Algérie où se déroulera
leur procès.
Plus de 250 magistrats déjà spécialisés
Pour accompagner de telles réformes, dira le secrétaire général du
ministère de tutelle, plus de 250 magistrats ont bénéficié de formations
spécialisées à travers des sessions organisées depuis l'an 2002 en
coopération avec les États-Unis. En effet, en plus des 68 magistrats
formés dans le domaine de la propriété intellectuelle, l'Algérie compte
lancer très prochainement une formation spécialisée, toujours avec lesÉtats-Unis, de 17 autres magistrats dans le secteur du commerce, plus
exactement dans les entreprises commerciales et les contrats du commerce
international. Cela va sans dire que 170 magistrats ont bénéficié de
plusieurs sessions de formation, de rencontres et de séminaires animés
par des experts américains, notamment dans la cybercriminalité. "Notre
objectif est d'arriver, en coopération avec les États-Unis d'Amérique, à
plus de résultats, particulièrement dans le domaine du financement des
petites et moyennes entreprises, l'identification de leurs besoins et
les outils qui permettraient de mieux cerner les litiges liés à
l'origine de leur financement", a encore précisé le secrétaire général
du ministère.
FARID BELGACEM
|
|
Offensive américaine en Algérie |