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Risque Algérie La mise en garde mitigée des Américains Le Quotidien d'Oran, 22 janvier 2005 Le département d’Etat américain version Condoleezza Rice a édicté un nouveau Travel Warning concernant l’Algérie, recommandant à ses ressortissants se rendant ou résidant en Algérie de «faire preuve de prudence». Depuis juillet 2004, le département d’Etat américain n’avait pas diffusé de bulletin d’alerte concernant l’Algérie. Les Travel Warning qui sont censés indiquer aux ressortissants américains voyageant dans le monde la «dangerosité» d’un pays et son climat sécuritaire sont souvent considérés par les spécialistes comme étant un indice de mesure de la perception américaine de la stabilité des Etats. Tout en notant que la situation sécuritaire s’améliorait, le département d’Etat note que «l’environnement en matière de sécurité reste dangereux, spécialement dans les régions sahariennes». Un avis identique à celui contenu dans le précédent communiqué datant du 15 juillet 2004. Deux jours après que l’ambassadeur US en Algérie déclarait, depuis le village martyr de Bentalha, que la coopération antiterroriste algéro-américaine est «exceptionnelle», le département d’Etat indique que l’amélioration de la sécurité incite l’ambassade à Alger à «lever graduellement les restrictions imposées au déplacement de son personnel». Le département d’Etat continue de conseiller aux Américains en Algérie «d’évaluer avec soin leurs conditions de sécurité». Il leur recommande notamment de se faire accompagner ou accueillir aux aéroports algériens par des contacts locaux et d’avoir un Algérien de confiance avec eux pour leurs déplacements à Alger et dans le reste du pays. Des conseils qui sont d’ailleurs en vigueur dans les bases pétrolières du Sahara algérien, auxquelles les stratèges américains accordent une attention particulière. Sécurisés à l’intérieur des bases vie sous protection de sociétés de sécurité privées américaines, les ressortissants américains travaillant dans le Sud algérien empruntent des compagnies privées spécialisées qui assurent des vols réguliers entre la région de Hassi Messaoud et les Etats-Unis. Mais les militaires américains redoutent, depuis les différentes infiltrations des groupes salafistes, notamment le GSPC dans la bande subsaharienne, que les ressortissants étasuniens soient particulièrement ciblés. La prise en otages à Khobar, en Arabie Saoudite, de techniciens américains travaillant dans les champs pétrolifères avaient alerté les Américains sur une nouvelle approche sécuritaire dans un contexte saharien. D’ailleurs, le département d’Etat cite le cas des 32 Européens kidnappés à Illizi comme référence aux risques encourus par les Américains désirant se rendre dans la bande subsaharienne du Mali au Niger. L’ambassadeur américain, Richard Erdman, a eu à vérifier personnellement la sécurité dans le grand Sud en se déplaçant à Illizi, Biskra et Tamanrasset. Mais la réitération de l’avertissement américain laisse traîner une certaine ambiguïté de par le sens politique qu’on peut lui prêter à Alger. Valeur cardinale de la sécurité américaine, la sécurité du ressortissant américain dans le monde a été élevée au rang d’étalonnage de la stabilité des Etats. Considérée avant l’avènement du président Bouteflika, à travers les différents Travel Warning d’avant 1999, comme étant un «Failed State», l’Algérie a eu à se débarrasser d’une image d’un pays non sécurisé. Analysant la signification des Travel Warning américains et leurs enjeux, une étude de l’INESG (Institut algérien des études stratégiques globales) avait souligné que «l’option américaine vise la sauvegarde des intérêts des investisseurs américains. Cette géopolitique minimaliste a pour critères essentiels le risque pays et l’accès aux marchés». Mounir B.
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www.algeria-watch.org
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