DES NAVIRES DE L’OTAN FONT ESCALE A ALGER

Contrôle des routes maritimes en Méditerranée

Le Quotidien d'Oran, 7 octobre 2003

Six navires de la Force de lutte anti-mine du Sud de l’Europe (MCMFS) de l’OTAN ont fait escale au port d’Alger dans le cadre du dialogue entre l’Algérie et l’Alliance Atlantique. Etape dans l’intégration des forces navales algériennes dans la surveillance de la Méditerranée.

Ces chasseurs de mines, FGS Werra, FGS Groemitz (Allemagne), SPS Turia (Espagne), ITS Lerici (Italie), HS Evniki (Grèce) et TCG Erdemli (Turquie) croisent en Méditerranée depuis le début août et procèdent à des escales dans différents ports des pays partenaires du dialogue méditerranéen entamé depuis 1994 par l’OTAN : «la visite en Algérie est très significative pour le dialogue méditerranéen qui offre une opportunité unique de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région», a indiqué le vice-amiral Romero, vice-commandant des forces de l’OTAN en Europe du Sud, dont le quartier général est à Naples (Italie).

D’ailleurs, dans ce cadre, quatre officiers de la marine nationale ont embarqué depuis la Croatie à bord de ces navires afin de suivre de près les exercices tactiques et le mode opérationnel des navires de l’OTAN. L’objectif de participer à ces manoeuvres, dont l’une ponctuera cette mission avec des exercices navals avec la flotte algérienne, est «un échange d’expérience et d’informations entre les deux armées», a stipulé le commandant Michael Mann, qui dirige cette flottille atlantique.

Les forces de l’OTAN ont défini plusieurs menaces sur lesquelles les forces navales algériennes et atlantiques peuvent engager un dialogue multilatéral, puisque cette flotte est composée de 5 pays. Lutte contre le terrorisme international, recherche des armes chimiques, contrôle des navires marchands suspects, lutte contre le trafic de drogue et l’immigration clandestine, le tout entrant dans la sécurisation des routes maritimes en Méditerranée, en allant de la mer Noire à Gibraltar : «la Méditerranée est un petit bassin mais les menaces y sont grandes», soulignera un officier supérieur algérien des forces navales.

L’OTAN, dont c’est la seconde mission navale en Algérie, compte sur l’expérience algérienne pour contrer ces menaces, du fait de la tradition maritime algérienne. Sur la côte Ouest, les navires algériens sont mobilisés dans le cadre de la lutte antidrogue, notamment les bateaux de pêche et cargos remplis de cannabis traités qui viennent des ports marocains. Sur la côte Est, la marine algérienne assiste considérablement la marine tunisienne, assez modeste, dans la surveillance et la recherche des navires remplis de clandestins quittant la Tunisie vers les côtes italiennes. Plus au nord, aux limites des eaux territoriales algériennes, les forces navales contribuent à mailler un système de surveillance des navires pollueurs (notamment les méthaniers et pétroliers) et à arraisonner des cargos suspects qui croisent en Méditerranée. L’OTAN entend disposer des «banques de données» algériennes dans le domaine et intégrer ce futur allié dans la traque antiterroriste. Ce dialogue OTAN - Algérie qui vient de se renforcer par un axe militaire Ankara - Alger suite aux accords signés par le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Mohamed Lamari, en Turquie, avait connu un développement notable après la visite, en 2001, du président Bouteflika au siège de l’Alliance atlantique à Bruxelles où il y avait rencontré le secrétaire général de l’OTAN, George Robertson, à l’occasion de la première visite d’un chef d’Etat algérien à cette organisation. Ce rapprochement étant favorisé par des rapports jugés «excellents» entre le Pentagone et l’ANP et qui furent concrétisés par 4 visites des forces navales américaines de la 6ème flotte croisant en Méditerranée, et des exercices conjoints, notamment dans la lutte anti-sous-marine.

Mounir B.


 

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org