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Selon «Monsieur Maghreb» au département d’Etat US Les pays maghrébins plus réceptifs aux réformes que ceux du Moyen-OrientLe Quotidien d'Oran, 4 mars 2006 Réformes». Depuis l’annonce, début 2004, du projet du Grand Moyen-Orient, le mot est plus que jamais au coeur du marketing autour de la politique arabe US. Discours officiels ou conférences, toutes les «paroles» s’attachent à en assurer la vente. Manoeuvre pour amenuiser les effets désastreux de la guerre en Irak ? Alibi soft pour redessiner l’influence américaine dans la région ? Les analystes s’éternisent à en comprendre les tenants et aboutissants, mais sans répondre de quoi il en retourne au juste. De passage à Paris, le directeur du bureau Maghreb au Département d’Etat a essayé de livrer quelques éléments de réponse à cette lancinante question. Attentif au moindre de ses mots, le public de l’Institut français des relations internationales l’a entendu répéter le mot réformes à maintes reprises. Paniqués qu’ils sont à éteindre vainement l’incendie irakien, les Etats-Unis en font leur recette de prédilection pour la stabilisation des terres arabes. Depuis 2001-2002, référence calendaire qui, dans l’imaginaire des conservateurs, renvoie systématiquement au 11 septembre, Washington a repensé son rapport au monde arabe. Le Monsieur Maghreb du Département d’Etat l’a dit sans détour. Vue d’Amérique, la réforme au pluriel est perçue comme une «priorité primordiale», affirme William Jordan qui, citant George Bush, ajoute: «La stabilité à n’importe quel prix dans les pays arabes n’est plus une préoccupation à l’ordre du jour» à Washington. Exprimée de la sorte, cette question ne figure pas - comme axe à part - dans l’énoncé des cinq priorités US au Maghreb. Dans sa communication liminaire, William Jordan a parlé plus d’une fois de la nécessite de la réforme au Maghreb, tout en se gardant de la lister parmi les priorités nord-africaines de l’Amérique. Au détour des réponses, il a lancé des flèches en direction des camps tunisien, algérien et marocain. Griefs formulés: verrouillages multiformes en Tunisie et atteintes à l’exercice de la presse en Algérie et au Maroc. Pour autant, le conférencier estime que «les pays maghrébins sont plus réceptifs aux réformes que ceux du Moyen-Orient. C’est au Machrek qu’on a tendance à privilégier cette priorité (de réforme)». William Jordan n’en dit pas plus, mais les présents saisissent au vol l’allusion aux pressions sur Damas et Téhéran et la restauration institutionnelle à Bagdad. Une restauration discréditée et sanglante. Dans le jeu des questions-réponses, le diplomate américain a été interpellé plusieurs fois sur la visibilité future de la région sous l’oeillère US. Première curiosité exprimée par un confrère marocain: la configuration politique du royaume au soir des législatives de 2007. «Il est difficile d’y répondre» et «prématuré d’en parler», réagit le responsable américain. Le moment venu, l’administration fédérale sera attentive au déroulement du processus. «En cas d’irrégularités dans le corps électoral et de contraintes (administratives) dans la présentation des listes de candidature, on exprimera nos préoccupations au gouvernement». Pour Washington, cette consultation servira de «test» pour prendre la mesure des «progrès du Maroc en termes de réformes politiques». Autre interrogation posée, l’évolution politique en Algérie. Le récent épisode médical du chef de l’Etat algérien a-t-il amené les Etats-Unis à se pencher sur «l’après-Bouteflika» ? Visiblement pris de court par la question, William Jordan s’est gardé d’y répondre instantanément. Avant de faire remarquer sous l’effet d’une relance de la modératrice «Il n’y a pas que l’après-Bouteflika. Il y a l’après-Ben Ali et l’après-Mohammed VI. C’est une question qui se pose dans tous les pays», dit le diplomate. Washington, explique-t-il dans la foulée, fait de la lisibilité de l’avenir une interrogation permanente de sa diplomatie arabe. «Nous avons une certaine préoccupation de l’avenir. C’est pour cela que nous privilégions la piste de vraies réformes, l’approfondissement de l’Etat de droit et d’institutions solides et crédibles». Et le Monsieur Maghreb à l’administration de Condoleezza Rice d’enchaîner: «Si les institutions dépendent (exclusivement) du personnage en place», le pays court le risque d’un «avenir incertain». S. Raouf |
Offensive américaine en Algérie | ||||
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www.algeria-watch.org
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