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Pour
former des unités d’élite
algériennes chargées de protéger les sites sensibles
Des
instructeurs américains en Algérie Par
Guemache Lounés , Liberté, 28 mars 2004 La coopération entre Washington et Alger en matière de
lutte contre le terrorisme islamiste s’accélère.
Elle vient de franchir une nouvelle étape : après avoir
aidé récemment les troupes algériennes à localiser
et à abattre des éléments du GSPC dans la région
du Sahel, les Américains vont, à présent, former
des unités d’élite de l’Armée nationale
populaire (ANP). De sources bien informées, Liberté a,
en effet, appris qu’au moins une trentaine d’instructeurs
américains se trouvent, depuis quelques jours, à l’Académie
interarmes de Cherchell, l’une des plus prestigieuses écoles
militaires algériennes.
Entouré d’une discrétion totale, leur séjour
algérien s’inscrit dans le cadre d’un accord signé récemment
entre le ministère algérien de la Défense et le
Pentagone. Les instructeurs américains ont pour mission de former
des militaires d’élite algériens aux techniques de
lutte contre le terrorisme et de “protection des sites sensibles”.
Mais, cette fois, plus que la traque des groupes armés islamistes
du GIA et du GSPC en guerre contre l’État algérien
depuis maintenant 11 ans, c’est surtout le second aspect de cette
formation qui motive les stratèges américains. Washington
veut mettre sur pied des unités d’élite algériennes
qui seront chargées de protéger des sites importants qui
peuvent faire l’objet d’une attaque terroriste d’une
grande ampleur.
Mais par “sites sensibles” en Algérie, les Américains
pensent surtout aux bases pétrolières du sud du pays.
Les intérêts américains sur place sont très
importants : plusieurs multinationales pétrolières, souvent
proches de l’administration Bush, y travaillent depuis le milieu
des années 1990. Les récents mouvements de troupes terroristes
dans la région commencent à inquiéter sérieusement
Washington. Les Américains soupçonneraient, en effet, ces
combattants, installés depuis quelques mois dans la région
du Sahel, de travailler pour le compte du réseau Al-Qaïda
d’Oussama Ben Laden. Certains groupes, venus d’Afghanistan
et du Pakistan, seraient même sur place dans le but d’attaquer
les intérêts pétroliers américains.
En plus de cet accord en matière de formation, Liberté a également
appris que l’Algérie s’apprête à réceptionner
dans les prochaines semaines une importante livraison d’armes modernes
en provenance des États-Unis.
Il s’agit notamment de matériel destiné à la
lutte antiterroriste, comme des appareils de vision nocturne. Estimé à plusieurs
centaines de millions de dollars, c’est le premier contrat de cette
importance jamais passé par l’armée algérienne
auprès de firmes américaines. Il intervient un an après
la décision, en février 2002, du Congrès américain
de lever son interdiction sur la vente de certains types d’armes à l’Algérie.
D’autres commandes de la même importance sont actuellement
en négociation avec des entreprises américaines de défense.
Selon des spécialistes des questions de défense, la coopération
entre les deux pays en matière de lutte antiterroriste devrait
s’intensifier au lendemain de l’élection présidentielle
algérienne.
Elle pourrait atteindre le niveau actuel de la coopération algéro-pakistanaise
: échange accru de renseignements, formation de militaires algériens
et opérations communes contre les troupes du GIA et du GSPC.
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