FIN DES MANOEUVRES MILITAIRES AMERICAINES «FLINTLOCK 2005»

Les armées à l’épreuve du terrorisme

Le Quotidien d'Oran, 2 juillet 2005

800 soldats américains et 2.000 africains ont achevé, hier, les manœuvres militaires baptisées «Flintlock 2005» dans le Sahel destinées à sécuriser les frontières des pays africains de l’infiltration terroriste. Les militaires américains se sont déclarés satisfaits de cette opération qui vise à intégrer les pays africains, dont l’Algérie, dans la traque d’Al-Qaïda dans la sous-région.

«Nous avons entraîné les troupes comme nous voulions le faire. Les pays concernés ont dit qu’ils étaient satisfaits et nous avons bâti des relations solides», a indiqué le commandant John Silkman, porte-parole du commandement des forces américaines en Europe (EUCOM) concernant ces manœuvres qui ont regroupé les armées du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie et de l’Algérie pour sa partie sahélienne. Au même moment, les armées de Tunisie, du Sénégal, du Maroc et du Nigéria participaient à une opération antiterroriste à Dakar.

Même si le diagnostic américain est assez sévère sur l’état de certaines armées africaines, estimant que «les connaissances des soldats que nous avons entraînés sont rudimentaire (...)», le Pentagone vient de réussir une opération stratégique de première importance en fédérant des armées de trois zones (Maghreb, Sahel et Afrique de l’Ouest), leur inculquant une formation tactique poussée sur la manière de déloger les foyers terroristes. Ces exercices se sont déroulés à Bamako, Sévaré et Gao, alors que l’armée US avait installé sa base (101) à l’aéroport de Bamako.

Ces exercices, axés sur l’orientation, la communication sur le terrain et l’entraînement au tir de précision, ont permis également aux Américains, chose qu’ils réfutent, de tester les capacités de défense d’armées aux logistiques différentes et aux techniques antagonistes. Sur ce plan, l’exercice qui s’est déroulé au sud des frontières algériennes a pris ancrage sur la réalité physique de la présence du groupe du GSPC, ou des groupuscules salafistes affiliés, depuis l’affaire Abderezak Al-Para.

L’attaque antiterroriste de Lemghity en Mauritanie a fourni une opportunité aux Américains d’éprouver le niveau d’entraînement des armées maghrébines et sahéliennes.

Sur ce plan, il est évident qu’avec la visite du numéro 2 de l’EUCOM, le général Charles Wald, à Alger en plein exercice conjoint a donné le ton sur les intentions américaines sur le leadership régional en matière de lutte antiterroriste.

De toutes les armées participantes, l’ANP possède indéniablement, selon les experts, le volume d’intervention le plus étoffé et l’expérience la plus affûtée des techniques de lutte, notamment dans le Sahara.

La supervision américaine, qui avait été préparée lors de deux rencontres au sommet à Stuttgart entre les pays participants et l’EUCOM, va permettre à ces pays de participer activement à la grande offensive contre les foyers islamistes dans le désert, que les Américains veulent «nettoyer» en évoquant le risque d’un refuge naturel pour Al-Qaïda et certains de ses leaders. Déjà engagé dans l’initiative «Pan-Sahel», qui s’avère un modèle trop étroit pour les ambitions militaires américaines au Sahel, le Pentagone a promis à l’issue de «Flintlock 2005» de multiplier ces exercices conjoints, surtout avec l’Algérie.

Mounir B.

 
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