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LES
AMÉRICAINS S’INTÉRESSENT AU
CIEL ALGÉRIEN
Une
manne inestimable
L'Expression,
18 septembre 2004
Le survol de l’Algérie par des compagnies étrangères
constituerait une importante source de devises.
La firme américaine Northrop Grumman vient de parachever une étude
de faisabilité sur le développement du système de
gestion du trafic aérien en Algérie pour le compte du ministère
algérien des Transports et de l’Etablissement national de
la navigation aérienne (Enna). Ladite étude a été réalisée
grâce à un concours financier américain de l’ordre
de 640.000 dollars, dont 465.000 fournis par l’Ustda et 175 000
par Northrop Grumman.
Le rapport final a été remis mer-credi dernier, au siège
de cette firme à Arlington (Virginie), par des responsables de
la firme à une délégation algérienne conduite
par M.Farouk Abdelouahab, directeur général de l’Enna.
La remise du document s’est déroulée en présence
de M.Hocine Bakiri, conseiller du ministre des Transports, de l’ambassadeur
d’Algérie, M.Idriss Jazaïri, ainsi que du vice-président
de l’établissement américain, M.Donald Wilhelm, du
représentant de l’Administration fédérale
de l’aviation civile américaine (FAA), M.Douglas Lavin,
et du directeur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de l’Agence
américaine de développement du commerce (Ustda), M. Henry
Steingas. Les conclusions auxquelles sont arrivés les experts
qui ont planché sur l’étude en question préconisent,
en substance, la mise en place d’une stratégie de développement
du système de gestion du contrôle du trafic aérien
algérien. Cette dernière sera mise en pratique graduellement
pour une période s’étalant sur 10 ans.
La première phase, qui devra être lancée en 2005,
portera essentiellement sur la couverture de l’axe Sud-Est de l’espace
aérien algérien par des satellites et radars ainsi que
la mise en place d’un deuxième centre de contrôle
aérien pour la région Sud qui s’ajoutera à celui
inauguré en décembre 2003 dans la partie Nord.
La seconde phase concerne la dotation de l’espace aérien
algérien de satellites et de radars tout en introduisant de nouveaux
concepts pour une complète automatisation. «Ce qui, précise-t-on,
permettra de faire face à l’accroissement du trafic conformément
aux impératifs de sécurité et de fluidité des
survols tout en parvenant à une meilleure valorisation économique
de l’espace aérien algérien». Le directeur
général de l’Enna, M.Abdelouahab, a expliqué à l’APS
qu’«actuellement, l’espace aérien algérien
n’est pas suffisamment équipé de radars et de moyens
de télécommunication pour assurer pleinement sa sécurité.» Cette
situation a des répercussions néfastes sur la sphère économique
aérienne qui accuse des pertes d’argent colossales. L’orateur
ajoute que «les avions des compagnies aériennes étrangères
qui empruntent les lignes reliant, par exemple, l’Europe à l’Afrique,
contournent l’espace aérien algérien.» D’où il
résulte «un manque à gagner au détriment de
l’Algérie qui pourrait être évalué à plusieurs
centaines de millions de dollars. C’est que le survol de l’Algérie
par l’aviation des compagnies étrangères constituerait
une importante source de devises à travers, notamment, le paiement
des droits de passage mais aussi par l’approvisionnement en kérosène
dont la disponibilité et le prix en Algérie constitueront
des avantages comparatifs pour ces compagnies».
On souligne du côté algérien que «l’équipement
qui sera acheté dans le cadre de la mise en oeuvre de ce projet
sera rapidement amorti par les revenus en devises provenant de l’utilisation
de l’espace aérien algérien qui deviendra plus attractif
pour les compagnies étrangères».
Le contexte actuel semble être favorable à l’Algérie
qui ne manque pas d’atouts pour prétendre à l’adhésion à l’OMC,
d’autant plus que sa cote est en hausse et qu’elle figure
en bonne place dans l’argus économique.
Nadira BEL
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