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Robert S. Ford succède à Richard Erdman Changement à la tête de l’ambassade US à AlgerLe Quotidien d'Oran, 13 avril 2006 Si l’ambassadeur US en Algérie, Richard Erdman, avait annoncé lui-même son départ en juin après une longue mission très «active», peu d’informations avaient filtré sur l’identité de son successeur, Robert S. Ford, un diplomate dont l’intéressante biographie explique qu’il a déjà «pratiqué» l’Algérie. L’information de son agrément a été rendu publique hier par un bref communiqué des Affaires étrangères algériennes, sans autres détails possibles auprès de l’ambassade US à Alger. L’homme, dont le CV laisse deviner le portait d’un diplomate montant, destiné pour la zone du Maghreb et du Moyen-Orient, a déjà occupé des postes en Turquie, en Egypte, en Algérie, au Cameroun et au Bahreïn. On notera aussi sa brève mission dans les «forces de paix» au Maroc, avant de rejoindre les services des AE US en 1985. Derrière le petit détail technique de «sa maîtrise de l’arabe, du français et de l’allemand», il faut surtout retenir l’image d’un fonctionnaire consacré à cette aire géographique et d’un «chargé de mission» spécial en Irak, où l’homme semble avoir peaufiné une bio exemplaire: après son poste au Bahrein, il sera chargé d’ouvrir une «antenne» à Nadjaf d’août à décembre 2003. En juin 2004, «il reviendra en Irak pour mettre en place la section politique de la nouvelle ambassade. Il y travaillera en étroite collaboration avec les nouvelles autorités irakiennes en prévision des élections de janvier 2005, l’installation du gouvernement de transition, la rédaction de la nouvelle constitution irakienne, le référendum d’octobre 2005 et les dernières élections de décembre 2005», selon ce CV officieux. Le nouvel ambassadeur «accroche» quelques distinctions connues comme le Superior Honor Awards, deux Meritorious Honor Awards et une bonne note sur le barème des reconnaissances de qualification du State Department en 2005 pour son «portrait» conforme aux attentes des ses employeurs, précise-t-on. Le successeur de R. Erdman affiche de tels galons alors qu’il n’est qu’au milieu de sa carrière, souligne-t-on. Pour le détail, on ajoute, selon les mêmes sources, que Robert S.Ford est titulaire de ses hauts diplômes de hautes études signés par la prestigieuse université Hopkins à Baltimore, Maryland, et la Hopkins School des études internationales avancées à Washington DC. La bio y inclut une allusion à son épouse, elle aussi fonctionnaire des Affaires étrangères, en poste à Bagdad, avec une adresse fixe d’un home à Baltimore, en Maryland. Un parcours qui tranche avec l’image qu’a laissée Richard Erdman dans l’opinion algérienne. Ce diplomate sémillant avait réussi, en quelques années, à faire transiter l’ambassade US de sa stratégie perdante de discrétion prudente, à celle d’un pôle de promotion de l’image des USA en Algérie, une sorte de centre d’accompagnement d’opérations publiques, sociales et culturelles vers le public large des Algériens. R. Erdman laissera aussi le souvenir d’un excellent communicateur qui a réussi à ravir un peu la vedette médiatique à d’autres ambassades traditionnellement plus sollicitées par les médias et les interrogations algériens. Jouant sur une nature très sociable, le désormais ex-ambassadeur US avait peu à peu tissé une sorte de réseau de relais sociaux et culturels qui ont plus ou moins fait contrepoids à l’imagerie d’USA uniquement intéressés par les réserves algériennes d’hydrocarbures, par la collaboration antiterroriste à sens unique et par les rapides verdicts sur l’avancement des états de la démocratie et des droits de l’homme en Algérie. Sa biographie politique laissait attendre de lui une maîtrise aisée de ce jeu de promotion d’images envers le public large et un bon dosage d’équilibre politique et de déclarations calculées envers les centres de décision algériens. On se souviendra longtemps de ses sorties médiatiques et interviews de mises au point qui coïncidaient habilement avec les moments forts de la vie politique algérienne. On en retiendra surtout le souvenir d’un mandat coïncidant avec une relance des relations entre les deux pays, avec des visites au plus haut niveau des représentations entres les deux gouvernements. Ce diplomate, dont le mandat a été signé par le passage de Donald Rumsfeld, Colin Powell et d’autres, a su par ailleurs «creuser» dans le sens d’une coopération double, ouverte aux attentes des officiels algériens, mais aussi directement avec une société civile algérienne, ses élites et ses associations. On retiendra de R. Erdman cette esthétique de la réhabilitation, la promesse de l’accord Open Sky, une image meilleure de l’Algérie dans le système économique américain et de nouvelles perspectives d’échanges entre les deux pays. Les 34 ans d’expérience de l’ex-ambassadeur US à Alger, au département d’Etat, et dans les zones les plus sensibles de la région (allant du Moyen-Orient au bourbier serbe) auront donc servi à l’essentiel en Algérie: changer la vision algérienne publique des USA et un peu changer la vision US sur l’Algérie, sans s’impliquer dans des positionnements nets et polémistes. On pourra avancer une explication à ce «décalage» de longueur entre sa bio et celle de son successeur par une hypothèse généreuse: R. Erdman étant un bon peintre, il a déjà accompli plus ou moins l’essentiel en termes d’image et de conversion des opinions, pour laisser place à un économiste chargé d’aller au-delà des simples rapprochements. Kamel DAOUD L’algérie donne son agrément à Robert S. Ford Qui est le nouvel ambassadeur américainSamar Smati, Liberté, 13 avril 2006 Ce diplomate, qui a fait partie de l’équipe de John Negroponte en Irak, devrait prendre ses fonctions à Alger en juillet prochain. Robert S. Ford, le prochain ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire des États-Unis d’Amérique à Alger, vient d’être agréé par le ministère des Affaires étrangères. Il devrait rejoindre Alger au courant du mois de juillet prochain. Il remplacera à ce poste Richard Erdman, qui a dirigé la chancellerie depuis sa nomination en octobre 2003. Samar SMATI
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Offensive américaine en Algérie | ||||
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