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GUANTANAMO Le transfert d’un Algérien vers une autre prison refuséLe Quotidien d'Oran, 29 avril 2006 La demande introduite par l’avocat de l’Algérien Soufiane Barhoumi, incarcéré depuis mars 2002 à la base américaine de Guantanamo, pour son transfert vers une prison de moyenne sécurité, a été rejetée mardi par le juge du tribunal des «crimes de guerre». Selon «Echark El-Awsat», la requête du capitaine Wade Faulkner, avocat de Barhoumi, fait suite à la décision des responsables de la base navale de Guantanamo de placer 10 détenus inculpés de terrorisme (parmi lesquels figure l’Algérien) dans une des prisons de haute sécurité. Invoquant l’état de santé de son mandant, l’avocat de l’Algérien, cité par «Echark El-Awsat», a rappelé que Soufiane Barhoumi, qui avait perdu l’usage de son bras droit suite à l’explosion d’une bombe en 1999 en Afghanistan, et qui pouvait auparavant compter sur l’aide d’autres détenus, n’arrive plus à supporter les conditions de vie dans une cellule d’isolement depuis son transfert au camp n° 05. Le capitaine Faulkner a en outre affirmé que les conditions d’internement au camp de haute sécurité ont accentué davantage les souffrances physiques et psychologiques de son mandant. Durant l’audience, l’Algérien a indiqué qu’il existait une grande différence entre le camp 04 où il était détenu auparavant et la prison de haute sécurité vers laquelle il a été transféré. De son côté, un représentant de l’administration pénitentiaire de la base de Guantanamo a affirmé devant la cour que le transfert des détenus, avant leur comparution, vers une prison de haute sécurité était le moyen le plus sûr pour l’administration d’assurer leur intégrité physique, même si ce transfert limite leur champ d’action et leurs libertés. Le même responsable a fait état de menaces qui pèsent sur ces inculpés s’ils étaient maintenus dans des camps de moyenne sécurité. Des arguments rejetés par l’Algérien qui affirme que sa mise en isolement n’est rien d’autre qu’un moyen de faire pression sur lui et de le châtier pour ne pas avoir collaboré. Il y a presque deux mois, l’Algérien Soufiane Barhoumi et le Saoudien Ghassan Al Sharbi, deux membres présumés d’Al-Qaïda accusés de participation à des projets d’attentats, avaient comparu en audience préliminaire devant un tribunal d’exception à Guantanamo. Les autorités militaires affirment que Barhoumi a formé M. Sharbi et un autre suspect à la confection d’engins explosifs en vue de leur utilisation contre les forces américaines en Afghanistan. La reprise de ces procédures intervenait alors que des centaines de contestations des détentions à Guantanamo sont encore en attente d’examen devant des tribunaux civils américains. Sur les quelque 500 prisonniers encore détenus sur la base américaine, seuls 10 ont été inculpés. Trois procès découlant de ces inculpations, qui avaient débuté devant les tribunaux d’exception, ont en outre été suspendus, dans l’attente d’un éventuel arrêt de la Cour suprême sur la légalité de cette justice militaire d’exception créée en 2004. Les audiences en vue de juger des prisonniers de Guantanamo (Cuba) ont repris il y a plus d’un mois, alors que la Cour suprême américaine reste saisie d’une affaire remettant en cause la légalité de cette justice d’exception. La Cour ne devrait pas se prononcer avant plusieurs semaines ou mois. L’Algérien Soufiane Barhoumi, 33 ans, a comparu pour la première fois au début du mois de mars à Guantanamo. Il est accusé d’avoir formé des recrues d’Al-Qaïda à la confection d’engins explosifs pour attaquer les troupes américaines en Afghanistan. Il avait confirmé au tribunal avoir demandé l’assistance d’un avocat civil en plus de l’avocat militaire qui lui a été commis d’office, le capitaine Wade Faulkner. Ce dernier avait obtenu que le détenu, dont le père est mort récemment, puisse téléphoner à sa famille. Soufiane Barhoumi est l’un des dix prisonniers, sur quelque 490 détenus, inculpés et déférés devant ces tribunaux créés dans l’urgence pour juger les «ennemis combattants» de Guantanamo. Le Pentagone a publié, il y a quelques jours, pour la première fois, une liste des noms et nationalités de 558 personnes qui sont ou ont été détenues sur la base américaine de Guantanamo (Cuba) dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme». Cette liste présente les noms, numéros d’identification et nationalités de 558 détenus dont le statut de «combattant ennemi» a fait l’objet d’une audience devant un tribunal militaire d’exception, selon l’en-tête de la liste. Les détenus figurant sur la liste proviennent de 40 pays, répartis entre le Proche-Orient, l’Afrique, l’Asie centrale et l’Europe. Le plus grand nombre vient d’Arabie Saoudite, pays dont 130 détenus à Guantanamo sont originaires. En outre, 125 détenus sont Afghans, plus de 100 sont Yéménites, 25 sont Algériens, 22 Chinois et 13 Pakistanais, et d’autres, en plus petit nombre, viennent du Tchad, des Maldives, de Russie ou d’Ouzbékistan. Djamel B. |
Campagne en faveur des détenus de Guantanamo | ||||
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www.algeria-watch.org
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