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Londres veut la libération de résidents détenus à GuantanamoPar Adrian Croft, Le Monde 8 août 2007 LONDRES (Reuters) - Londres réclame à Washington la libération de cinq ressortissants étrangers bénéficiant d'un permis de résidence en Grande-Bretagne et détenus sur la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba. La requête officielle adressée par le secrétaire au Foreign Office David Miliband à son homologue américaine Condoleezza Rice est, selon les analystes, une nouvelle illustration de la volonté d'indépendance du nouveau Premier ministre Gordon Brown vis-à-vis de Washington. Accusé par ses concitoyens de "suivisme" vis-à-vis de l'administration de George Bush, Tony Blair, prédécesseur de Brown, avait obtenu la libération des neuf Britanniques détenus à Guantanamo, mais s'était lavé les mains du sort des étrangers résidant en Grande-Bretagne. Le gouvernement de Blair avait contré avec succès devant les tribunaux britanniques une procédure judiciaire engagée par les familles de ces résidents qui cherchaient à le contraindre à effectuer des démarches en vue de leur remise en liberté. Mais Miliband et sa collègue du Home Office Jacqui Smith ont modifié cette ligne et "décidé de réclamer la libération de Guantanamo et le retour au Royaume-Uni" des cinq prisonniers, a fait savoir le Foreign Office. Il a précisé qu'il s'agissait du Saoudien Chaker Aamer, du Jordanien Djamil el Banna, de l'Algérien Abdennour Sameur, du Libyen Omar Deghayès et de l'Ethiopien Binyam Mohamed. Le gouvernement de Tony Blair avait rejeté un recours légal déposé par des proches de plusieurs de ces hommes afin de contraindre Londres à obtenir leur libération. A Washington, le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack a fait savoir que les Etats-Unis étudieraient la demande britannique, qui est "tout-à-fait dans le périmètre de notre politique". "Nous ne voulons pas être les geôliers du monde. Mais nous ne voulons pas non plus voir des gens très dangereux circuler librement et représenter une menace pour nos citoyens et ceux des autres pays", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Bien accueillie par l'opposition libérale démocrate, la démarche de Londres ne serait, selon des sources autorisées, que la conséquence d'un changement de politique de Washington, qui accepte désormais d'étudier les demandes de remise en liberté de prisonniers formulées par des pays dont ceux-ci ne sont pas ressortissants. Mais, pour le professeur de science politique John Curtice, de l'université de Strathclyde, il ne fait guère de doute que la requête britannique dénote un changement de pied confortant ceux qui prédisaient que le gouvernement Brown serait "plutôt plus indépendant que son prédécesseur par rapport aux Etats-Unis". |
Campagne en faveur des détenus de Guantanamo | ||||
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www.algeria-watch.org
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