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Farouk Ksentini à la Chaîne III
“Les détenus algériens de Guantanamo pourraient bénéficier de la charte”
Par : Hamid Saïdani, Liberté, 23 juin 2007
Le président de la Commission nationale des droits de l’Homme a indiqué que l’informationsur une probable libération des détenus de ce “goulag tropical” n’a pas été confirmée.
Le président de la Commission nationale consultative de protection et de promotion des droits de l’Homme, Me Farouk Ksentini, n’a pas exclu, jeudi dernier, la possibilité que les ressortissants de nationalité algérienne en détention à Guantanamo puissent bénéficier des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Intervenant sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, Me Ksentini, qui a donc laissé la porte ouverte à cette option, a toutefois tenu à préciser que les informations qui ont été données sur “la libération éventuelle” de 7 des 25 détenus algériens du centre de détention de Guantanamo “n'ont pas été confirmées”.
Il ne s’agit apparemment pour le moment que de supputations rapportées par certains titres de la presse occidentale.
Cependant, l’invité de la Chaîne III a indiqué que “ces détenus auraient exigé de se rendre en Albanie”, tout en relevant que du fait qu’ils n’ont pas été jugés depuis 4 ans “ils sont libres de revenir en Algérie ou partir ailleurs”.
Cette revendication de ces détenus de gagner l’Albanie et non l’Algérie, leur pays d’origine, trouve son explication dans le fait que plusieurs d’entre eux, arrêtés en Bosnie, sont mariés à des ressortissantes albanaises. Me Ksentini n’écarte pas, malgré tout, l'éventualité que ces détenus aient choisi cette destination pour fuir la justice algérienne.
Par ailleurs, Me Ksentini a expliqué les raisons qui ont poussé les États-Unis à envisager la fermeture de ce centre qu'il a qualifié de “goulag tropical”, par les impératifs des élections présidentielles dans ce pays et la pression de l'opinion internationale. “Il est temps que ce pays qui se réclame de la démocratie mette un terme à cette injustice”, a-t-il affirmé, ajoutant que “les détenus sont en droit d'exiger dommages et réparations”.
Abordant l’un des sujets qui font l’actualité nationale en ce moment, à savoir la grève observée par les robes noires, le président de la CNCPPDH a jugé les revendications des avocats “légitimes” tout en préconisant le dialogue pour trouver une issue au mouvement de contestation.
Me Ksentini a, d’ailleurs, considéré que “le dialogue ouvert par la chancellerie avec les représentants des avocats constitue un premier pas pour trouver des solutions aux problèmes de la défense”.
Me Ksentini, qui a estimé que les problèmes rencontrés par les avocats au niveau du nouveau siège de la Cour d'Alger constituent “un élément déclencheur” de ce mouvement de protestation, a cependant soutenu qu’il y a “d'autres revendications majeures”.
Pour lui, il est déplorable de voir les magistrats traiter plus de 200 dossiers en une seule journée. Il a, dans ce registre, estimé que le rythme imposé aux magistrats “a des effets négatifs sur la qualité des jugements rendus”, illustrant son propos par le fait que “le magistrat n'accorde que 5 renvois à la défense dans les affaires civiles”.
Me Ksentini a abordé, en outre, le problème de qualification des avocats et des magistrats, reconnaissant qu’“il subsiste encore un effort à fournir dans ce domaine”.
“Comme nous avons œuvré pour la promulgation du statut du magistrat, il est de notre devoir de faire autant pour les avocats”, a-t-il affirmé.
H. S.
Washington dément une prochaine fermeture du camp
Par : K. A./Agences, Liberté, 23 juin 2007
Alors que des journaux américains ont indiqué que de hauts responsables américains discutaient de la possible fermeture de la prison militaire controversée de Guantanamo, à Cuba, Washington a démenti qu'une décision à ce sujet soit imminente.
La porte-parole de la Maison-Blanche a fermement affirmé qu'aucune réunion officielle ne devait se tenir sur cette question. “Aucune décision sur l'avenir de Guantanamo n'est imminente, et il n'y aura pas de réunion à la Maison-Blanche”, a-t-elle annoncé hier. Tout en reconnaissant que, certes, le président George Bush “a depuis longtemps fait connaître son intention de fermer le centre de détention de Guantanamo et de le faire d'une manière responsable”, elle réduira néanmoins les chances de voir cette éventualité se concrétiser en ajoutant qu’“avant que cela puisse se produire, toute une série de pas doivent être franchis, tels que la mise en place de commissions militaires et le rapatriement dans leurs pays d'origine de détenus autorisés à partir”. Le Washington Post n'en cite pas moins de “nombreux officiels” proches du dossier selon lesquels de hauts responsables de l'administration Bush discutent de la possible fermeture du camp. D'autres médias ont publié des informations analogues. Le nombre de prisonniers à Guantanamo est désormais d'environ 375, selon le Pentagone. Le centre de détention a été ouvert en janvier 2002 pour y détenir des individus soupçonnés par les États-Unis de liens avec al-Qaïda ou les talibans.
La Présidence, consciente que le statut légal incertain de cette prison est préjudiciable à l'image des États-Unis dans le domaine des droits de l'Homme, a du mal à trouver une solution de rechange pour continuer à détenir ces combattants ennemis présumés, écrit le Washington Post. Les États-Unis ont été durement critiqués à propos du centre de Guantanamo, créé dans une base militaire occupant une enclave sur la pointe sud de l'île de Cuba.
Des prisonniers y sont détenus depuis des années sans jugement, dans un vide juridique et certains ont affirmé avoir subi de mauvais traitements.
Plus de 400 détenus de Guantanamo ont été transférés vers leur pays d'origine depuis 2002, soit pour être libérés soit pour continuer à y purger leur peine de prison, tandis qu'environ 80 attendent encore leur transfèrement. Entre 60 et 80 autres détenus doivent être traduits devant un tribunal d'exception. Rien n'a été défini pour plus de 200 autres que le gouvernement américain ne prévoit pour l'instant ni d'inculper ni de libérer. Quatre suicides, présumés ou avérés, ont été enregistrés à Guantanamo où plusieurs détenus ont observé dans le passé des grèves de la faim avant d'être nourris de force.
K. A./Agences
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Campagne en faveur des détenus de Guantanamo |