Alors que 10 Algériens y sont encore détenus

La fermeture de Guantanamo compromise ?

Le Jeune Indépendant, 8 octobre 2009

Les dix Algériens encore détenus dans la prison américaine de Guantanamo devraient patienter encore pour recouvrer leur liberté. En effet, alors que leurs familles comptaient les revoir, au plus tard le 22 janvier 2010, date butoir fixée par le président américain Barack Obama, nos compatriotes devront probablement encore rester plus longtemps dans ce sinistre camp de concentration de l’armée des Etats-Unis, à en croire un ministre américain.
La fermeture du centre de détention de Guantanamo en janvier 2010 comme prévu initialement serait «difficile», a indiqué mardi le ministre de la Justice américain Eric Holder. «Ca va être difficile pour nous de nous tenir à la date butoir du 22 janvier», a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse. Il faut savoir que Holder n’est pas le premier responsable à remettre en question la décision prise le 22 janvier 2009 par le président américain qui venait tout juste d’occuper le bureau ovale à Washington. D’autres hauts responsables de l’Administration américaine ont abondé dans le même sens. Entre autres déclarations, celle du secrétaire à la Défense, Robert Gates, qui avait annoncé le 27 septembre qu’il serait «difficile» pour l’administration de fermer Guantanamo à temps. Quant à Robert Gibbs, porte-parole de la Maison-Blanche, il a laissé entendre, lui aussi, le possible gel du décret présidentiel qui ordonne la fermeture de cet endroit sinistre, une zone de non-droit qui a vu défiler, dans des conditions atroces et inhumaines, pas moins de 779 personnes entre 2002 et décembre 2008. «Nous ne faisons pas une fixation sur la question de savoir si, oui ou non, nous tiendrons l’échéance arrêtée à un jour précis. Ce à quoi vont tous nos efforts, c’est de veiller à ce qu’on ferme le camp et d’employer toute notre énergie à faire le plus de progrès possible entre maintenant et le 22 janvier», avait déclaré le 28 septembre dernier Robert Gibbs. Près de 100 % des détenus emprisonnés sont de confession musulmane, ce qui a suscité les plus vives réactions de la part d’organisations internationales pour la défense des droits de l’homme, y compris occidentales, qui estimaient qu’il ne s’agit là que d’une croisade en bonne et due forme menée contre l’Islam. Cela d’autant que l’ancien président Georges Bush, au lendemain du 11 septembre, avait déclaré son hostilité contre la religion islamique avant d’être «remis à l’ordre» par ses conseillers.

Ces détenus qui n’avaient plus de nom

Pour rappel, les autorités américaines ont relâché récemment 7 Algériens parmi une liste de 78 autres détenus de différentes nationalités. Ils ont été acquittés des accusations d’appartenance à Al-Qaida. Après cette décision, le nombre d’Algériens qui croupissent encore dans la sinistre prison est de 10 personnes. Le département de la Défense américain n’a pas divulgué leurs noms. A signaler que dix-sept Algériens ont été relâchés de Guantanamo. Recueilli par la France, Lakhdar Boumédiène, ou «Matricule 10005», a été libéré en mai 2009. «Le Matricule 10005, c’était mon nom là-bas. C’est comme ça qu’on m’appelait. Jamais Lakhdar ou Boumédiène.» En février 2003, ils l’ont soumis à un interrogatoire serré pendant 16 jours et 16 nuits : «Ça commençait à minuit, ça durait jusqu’à 5 heures du matin. Ça s’arrêtait quelques heures, puis ça reprenait. Ils se sont relayés à six ou sept. Au bout de la troisième ou cinquième nuit, j’ai été ausculté par un médecin de l’armée qui a dit aux geôliers que tout allait bien et qu’ils pouvaient continuer», a-t-il confié au quotidien français Le Monde. Le 30 septembre dernier, Tayeb Belaïz, ministre de la Justice a souligné que «rien n’interdisait aux détenus algériens à Guantanamo de rentrer en Algérie». «L’Algérie n’est soumise à aucune condition» concernant le retour au pays des détenus algériens. Toutefois, le ministre n’a pas évoqué si l’Algérie allait entreprendre ou pas une action en justice contre les Etats-Unis du moment que nos compatriotes libérés ont été injustement incarcérés à Guantanamo.
Djamel Zerrouk

 
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Campagne en faveur des détenus de Guantanamo  
www.algeria-watch.org