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Bras de fer entre le Pentagone et les Nations unies à propos de guantanamo
Collectif Guantanamo, sources: AFP, Reuters, 1er novembre 2005
Le secrétaire US à la Défense Donald Rumsfeld a accusé mardi 1er novembre les grévistes de la faim au centre de détention militaire US de guantanamo de vouloir attirer l'attention des médias.
"Je suppose que ce qu'ils essaient de faire est d'attirer l'attention de la presse, évidemment. Et ils ont réussi", a déclaré M. Rumsfeld, interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse.
"Il y a un certain nombre de détenus qui jeûnent. Ils ne mangent pas pendant un certain temps, puis ils abandonnent. Et ils sont remplacés par d'autres. C'est clairement une technique pour essayer d'attirer l'attention", a répété M. Rumsfeld.
Depuis août, un mouvement tournant de grève de la faim est suivi par quelque 200 détenus pour protester contre leurs conditions de détention. D'après le Pentagone, 27 détenus suivent actuellement cette grève de la faim, dont 24 sont nourris de force à l'aide de tubes et d'intraveineuses.
Selon le quotidien Washington Post de mardi, un détenu originaire de Bahreïn, a tenté de se suicider lors d'une visite de son avocat le 15 octobre.
Des experts de l'Onu, chargés des droits de l'Homme, ont accepté lundi une invitation des USA à visiter guantanamo à condition de pouvoir mener des entretiens personnels avec des détenus. Ils envisagent de s'y rendre le 6 décembre.
"Les négociations et les discussions qui ont eu lieu avec les gens de l'ONU ont permis de leur offrir l'opportunité d'aller à guantanamo et de voir par eux-mêmes", a estimé M. Rumsfeld.
"Nous leur avons cependant indiqué qu'ils n'auraient pas exactement les mêmes opportunités que le Comité international de la Croix Rouge. Il doit y avoir une limite sur la manière dont cela se passe. Le CICR fait cela depuis plusieurs années (...) Nous ne sommes pas enclins à accroître le nombre de gens à qui on accordera cet accès étendu", a-t-il ajouté.
Des avocats de prisonniers de guantanamo ont manifesté mardi devant le ministère de la Justice à Washington pour dénoncer les conditions de détention dans la prison militaire.
Selon Tina Foster de l'Initiative pour une justice mondiale à guantanamo, qui fait partie du Centre pour les droits constitutionnels (CCR), il y a eu "d'horribles sévices" à guantanamo. D'après elle, 130 détenus sont actuellement en grève de la faim.
Quelque 500 prisonniers de différentes nationalités sont toujours incarcérés à guantanamo. La plupart ont été capturés au moment de la guerre contre le régime taliban en Afghanistan fin 2001.
Trois rapporteurs spéciaux des Nations unies ont annoncé qu'ils déclineraient une visite pourtant demandée de longue date dans le centre de détention de guantanamo si les autorités US ne les autorisaient pas questionner des prisonniers.
Quatre ans après les premières requêtes en faveur d'une telle visite, Washington a annoncé vendredi que les trois responsables pouvaient visiter guantanamo car les USA n'avaient "rien à cacher".
Mais s'ils auraient le droit d'interroger des responsables du centre, ils ne seraient pas autorisés à parler au demi-millier de prisonniers, a fait savoir le Pentagone.
Leila Zerrougui, une Algérienne spécialisée dans les questions de détention arbitraire, et l'Autrichien Manfred Nowak, responsable des questions de torture auprès de l'Onu, ont proposé la date du 6 décembre pour cette visite en précisant qu'il ne se rendraient dans la prison que si le Pentagone les autorisait à parler aux détenus.
"Nous n'avons jamais accepté une visite organisée ou une visite lors de laquelle nous ne pourrions rencontrer librement les détenus", a dit Zerrougui lors d'une conférence de presse au siège de l'Onu.
La troisième responsable de l'Onu invitée est la Pakistanaise Asma Jahangir, spécialisée dans les questions de libertés de religion.
De nombreuses organisations de défense des droits de l'homme ont critiqué le fait que le demi-millier de prisonniers de guantanamo demeurent détenus sans être inculpés.
Les trois rapporteurs spéciaux sont nommés par la Commission des droits de l'homme de l'Onu, basée à Genève.
Ils ont estimé lundi qu'il leur faudrait davantage que la seule journée proposée par Washington pour effectuer une visite satisfaisante de Guantanamo.
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