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Alors que le Pentagone l’a nié
Les trois Algériens de Bosnie libérés de Guantanamo ont été torturés
Le Jeune Indépendant, 20 décembre 2008
Les trois Algériens de Bosnie libérés de la prison de Guantanamo Bay, l’enclave américaine à Cuba, ont révélé, avant-hier, avoir subi constamment des actes de torture durant leur détention depuis janvier 2002.
Libérés mercredi dernier, les trois ressortissants algériens, Mustapha Aït-Idir, Nohamed Nechla et Hadj Boudella, déchus de la nationalité bosniaque, avaient été transférés à Sarajevo, ville dans laquelle ils avaient été enlevés, il y a sept ans, par des agents de la CIA, avec une complicité reconnue de la police locale. Trois autres Algéro-Bosniaques, Belkacem Bensayah, Boumediene Lakhdar et Saber Lahmar, sont toujours en détention.
Au lendemain de son retour auprès de sa famille, Mustapha Aït-Idir, 38 ans, a affirmé à la presse bosniaque que la torture était systématique à Guantanamo.
«Nul ne peut imaginer combien c’était horrible. Même le diable ne pouvait songer à créer un endroit aussi sordide», a dit Aït-Idir décrivant son lieu de détention à des journalistes qui l’interrogeaient à son retour à sa terre d’adoption.
«J’ai été interrogé et frappé plus de 500 fois durant mes sept ans de détention», a fait savoir l’ancien pensionnaire de la plus décriée des prisons dans le monde depuis les événements du 11 septembre 2001.
«Les soldats venaient toujours en groupe de six ou sept, lançaient du lacrymogène ou du gaz paralysant avant de commencer à nous battre», a ajouté le karatéka algérien. Dans de précédents témoignages rendus public par ses avocats, Mustapha avait affirmé que des soldats lui avaient brisé les doigts lors d’une séance similaire de torture.
Tous les autres prisonniers y compris algériens avaient subi le même traitement, avait-il ajouté, corroborant ainsi les témoignages fournis des prisonniers libérés avant lui alors que le Pentagone avait nié ces pratiques.
Mustapha a aussi révélé qu’il y avait même des médecins qui conseillaient aux soldats comment torturer des prisonniers sans laisser de traces, mais tout en réussissant à paralyser le prisonnier battu.
Le magazine américain, New Yorker, avait été le premier à révéler en mars 2005 que les six Algériens de Bosnie incarcérés dans le goulag américain ont subi des actes de torture. Mustapha Aït-Idir a été la victime la plus exposée à la torture parmi les autres Algériens. Selon un rapport adressé au Pentagone par son avocat Rob Kirsch, Bensayah, Nechla et Aït-Idir avaient été placés à plusieurs reprises en isolement dans des conditions inhumaines, dans un lieu où ils étaient privés de leurs pantalons et souliers. Interpellés à Sarajevo en octobre 2001 par la police bosniaque, les six Algériens avaient été accusés d’avoir planifié des attentats contre les ambassades américaines et britanniques. Ils avaient été blanchis par la justice bosniaque, en janvier 2002, avant d’être kidnappés par la CIA puis extradés vers Cuba. Le Premier ministre bosniaque de l’époque de l’arrestation des six suspects, Zlatko Lagumdzija, a déclaré mercredi à la presse que son gouvernement avait agi à l’époque sous la «menace» de Washington. K. M.
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Campagne en faveur des détenus de Guantanamo |