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En plein désert sahélien : Des Bérets verts américains forment les Maliens à la lutte antiterroriste par Agence, Le Jeune Indépendant, 25 mars 2004 Au signal des Bérets verts américains, une troupe de 120 militaires maliens surgit au-dessus du cordon dunaire et ouvre le feu sur des silhouettes humaines en carton et une carcasse de véhicules représentant un camp ennemi. Cette simulation est une des illustrations de la stratégie américaine contre le terrorisme visant à empêcher que le nord désertique du Mali ne devienne un nouveau sanctuaire pour les groupes islamistes, à l’instar de l’Afghanistan d’avant 2001. L’exercice américano-malien, débuté jeudi passé, a toutefois été perturbé par l’irruption de deux ânes dans la zone de tir suivis d’un soldat malien qui tentait de les faire déguerpir. «Dites-lui de revenir!», a hurlé un Béret vert anglophone à un officier malien francophone. Pendant l’attaque fictive, des officiels américains et maliens ont confirmé la réalité de la menace que des combattants alliés à El-Qaïda puissent prendre racine dans le Sahel, versant méridional, pauvre et peu peuplé du Sahara. Fer de lance de la coalition internationale contre le terrorisme, l’armée américaine fournit entraînement, matériel et, selon des responsables maliens, des renseignements collectés par des satellites espions. Les Bérets verts sont présents dans le cadre de la Pan-Sahel Initiative, qui associe le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad pour les aider à renforcer leurs capacités militaires et surveiller l’immensité désertique qu’ils partagent. Le principal ennemi identifié dans cette zone est le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), localisé dans le Sud algérien, mais soupçonné de faire de fréquentes incursions en territoires malien, nigérien ou tchadien pour échapper à l’armée algérienne. En décembre, les satellites espions américains ont signalé une colonne de 20 pick-up Toyota avec à leur bord une centaine de combattants salafistes qui franchissaient la frontière malienne, a déclaré à l’Associated Press le lieutenant-colonel Younoussa Maiga, chef militaire malien de l’immense région de Tombouctou. «Ils se déplaçaient très vite et le pays est grand. Mais nos amis nous ont alerté», a ajouté Maiga. L’armée malienne a repoussé cette colonne jusqu’au Niger voisin en janvier sans que l’officier malien soit en mesure de préciser s’il y avait eu un échange de tirs. Les troupes américaines n’ont en revanche pas participé à cette opération, selon le lieutenant-colonel M.J. Jadick, porte-parole des troupes spéciales américaines. Les officiels américains ont refusé de commenter la matérialité d’un partage de renseignements avec les autorités maliennes pour ne pas compromettre d’autres opérations. Installés depuis novembre à Tombouctou, berceau sahélien de l’islam, à 800 km au nord-est de Bamako, les Bérets verts sont arrivés en novembre, un mois après une visite de Jacques Chirac. Dans le cadre d’une tournée sahélienne, le président français s’était rendu dans cette ville où sont présents des instructeurs militaires français. L’AP y avait remarqué alors des jeunes portant des tee-shirats ornés de portraits d’Oussama ben Laden. Les militaires américains ont enseigné à leurs homologues maliens des techniques de tirs, d’encerclement et de «sensibilisation aux droits de l’homme». Quelque 3,5 millions de dollars, soit la moitié du crédit débloqué par Washington pour cette «initiative», ont été consacrés à l’achat de véhicules, d’équipements de communication et de navigation, de tenues de camouflage et de gilets pare-balles. En revanche, ce programme exclut toute fourniture d’armes mortelles. En plus de l’aide militaire, les Etats-Unis ont fait don au Tchad de 19 tonnes d’aide médicale, de couvertures et de nourriture après le violent accrochage au début de mars, entre l’armée tchadienne et un groupe salafiste qui avait fait au moins 43 morts. L’ambassadeur américain à Bamako, Vicki Huddleston, a assuré à l’AP que les terroristes islamistes n’étaient pas susceptibles de trouver un soutien au Mali, la pratique de l’islam en Afrique de l’Ouest étant plus modérée qu’en Afghanistan. Le Mali est «probablement le seul pays musulman d’Afrique qui a collaboré pleinement à la guerre contre le terrorisme», a déclaré le diplomate. Après l’exercice de simulation de jeudi, les militaires maliens en formation ont pu apprécier un petit cadeau des Bérets verts qui leur ont proposé des sodas frais et de bons cigares. Quelques stagiaires maliens, dont le commandant des forces spéciales américaines a salué «le dur travail» effectué ces dernières semaines, ont alors hurlé les quelques mots d’anglais fraîchement appris: «Yes ! Now ! Shoot the enemy !» (Oui ! Maintenant ! Tirez sur l’ennemi !). Agence.
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www.algeria-watch.org
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