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L’AMBASSADE AMERICAINE A ALGER DEMENT L’INSTALLATION DE BASE MILITAIRE La contradiction diplomatique Le Quotidien d'Oran, 6 mars 2004 L’ambassade des Etats-Unis à Alger vient de démentir, officiellement, l’existence d’une base militaire en Algérie. Reste que le déploiement militaire US dans le Sahel milite pour l’utilisation par les forces spéciales américaines de base-relais dans le grand Sud. Après la multiplication d’informations contradictoires sur la présence militaire américaine dans le sud algérien et les pays sub-sahariens, c’est la chancellerie américaine, à Alger, qui a tenu à réfuter la thèse d’une implantation de bases militaires dans la région: «les Etats-Unis n’ont installé aucune base militaire en Algérie et n’y comptent pas en installer. Les rapports parus dans la presse ne sont nullement fondés», indique une note d’information de l’ambassade US intitulée «les Etats-Unis luttent contre les activités terroristes en Algérie et au Sahel» qui ajoute, néanmoins, que: «la lutte contre le terrorisme constitue un domaine-clé de la coopération algéro-américaine; la contribution de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme a été remarquable». Plus explicite, cette note précise la démarche américaine: «Nous coopérons également avec d’autres pays de la région dans le contexte de l’initiative Pan Sahel qui vise à renforcer la capacité des gouvernements régionaux à combattre le terrorisme». En plus clair, le Pentagone préfère fournir des stages d’entraînement aux officiers et des équipements militaires aux gouvernements du Maghreb et du Sahel afin qu’ils luttent efficacement contre les groupes islamistes, que d’intervenir directement. Si cette mise au point américaine est intervenue dans ce contexte, cela est davantage dû, en fait, aux contradictions exprimées par les Américains. Les Etats-Unis qui possèdent 272 bases militaires dont un tiers à l’étranger, ne savent pas encore s’ils doivent disposer de bases-relais dans cette région sub-saharienne et en Afrique qui, pour les experts de la CIA, sera la prochaine base-arrière du terrorisme international. C’est ce qu’a, d’ailleurs, confirmé le général Charles Wald, commandant en chef-adjoint des forces américaines en Europe (EUCOM) dont l’état-major coiffe le Maghreb et une large partie de l’Afrique dont le Sahel. Après avoir achevé une tournée qui l’a mené de l’Algérie à l’Afrique du Sud, en passant par le Nigéria et le Gabon, le général américain a prévenu que des membres d’Al-Qaida cherchent, effectivement, à s’établir dans les régions sub-sahariennes incontrôlées, notamment: «dans la partie nord de l’Afrique, au Sahel et au Maghreb. Ils cherchent un sanctuaire comme en Afghanistan lorsque les Taliban étaient au pouvoir. Ils ont besoin d’un endroit stable pour s’équiper, s’organiser et recruter de nouveaux membres». Ces déclarations dans la bouche d’un militaire de haut rang, dénotent de l’existence d’un intérêt accru du Pentagone aux activités terroristes dans cette zone symbolisée par la présence d’un foyer salafiste du GSPC algérien au nord du Mali. D’autres militaires américains se sont montrés plus directs comme le général James L. Jones du corps des «marines» qui a indiqué au New York Times: «nous allons devoir aller là où les terroristes sont», en citant «les vastes terres du Sahara de la Mauritanie vers l’ouest, au Soudan vers l’est». Des propos relayés par Jeffrey B. Kholer, le patron de l’EUCOM qui a souligné que: «ce que nous ne voulons pas voir en Afrique, c’est un autre Afghanistan, un cancer accroissant au milieu de nulle part». De ce fait, les Américains préfèrent, pour des questions de budget militaire et pour contrer la menace avec une certaine souplesse, de petites bases qui accueilleraient, éventuellement, des commandos d’une cinquantaine d’hommes et des hélicoptères. Le Pentagone ne cache pas son ambition de négocier avec les pays africains, ce type de base pour des troupes héliportées qui interviendraient, ponctuellement, contre des groupes terroristes signalés ou localisés grâce au maillage satellitaire des zones dites «sensibles». Avec l’Algérie, les Américains n’ont jamais abandonné le vieux projet français qui consistait à utiliser les aérodromes algériens du Sahara afin d’y faire poser d’urgence des avions militaires pour des missions en profondeur en Afrique. Un projet également évoqué par la NASA pour faire poser en cas d’incidents ses navettes spatiales. Ce type d’accord a également été proposé aux Marocains -qui fournissent déjà des plates-formes à l’US Air Force- et à la Tunisie. Ce qui indique que le projet de base militaire n’a pas encore été enterré dans du sable. Mounir B.
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www.algeria-watch.org
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