Lutte contre le terrorisme en Afrique : Dix-neuf pays élaborent une stratégie

par Z.M , Le Jeune Indépendant, 23 septembre 2004

Dix-neuf pays, dont l’Algérie et les Etats-Unis, ont élaboré une stratégie commune de lutte contre le terrorisme et la criminalité en Afrique qui leur permet, désormais, d’engager des actions conjointes contre les organisations terroristes là où elles sévissent dans le continent.

Cette stratégie, qui repose également sur les échanges d’informations, a été mise en place lors d’un colloque tenu dans la capitale mauritanienne Nouakchott par des experts en matière de lutte contre le terrorisme venus d’Algérie, des Etats-Unis, de France, du Royaume-Uni, du Maroc, de l’Egypte, de Turquie, du Sénégal, du Burkina Faso, du Tchad, du Soudan, de Côte d’Ivoire, du Lesotho, du Zimbabwe, du Cambodge, du Bénin, du Burundi, du Togo et de Mauritanie.

Ces experts sont affiliés au groupe multidisciplinaire international «Fusion task force», réunissant des policiers de plusieurs pays, créé par Interpol et chargé de la lutte contre le terrorisme. Ils ont décidé de mener des «opérations conjointes transfrontalières pour lutter plus efficacement contre les menaces terroristes et criminelles» dans le continent, selon le communiqué final des travaux du colloque qui se sont déroulés lundi et mardi.

Ils préconisent, selon le texte, la tenue d’une réunion de travail opérationnelle en vue d’examiner la situation actuelle dans cette région à hauts risques. Les participants «encouragent les pays africains à recueillir et à envoyer toutes les informations et renseignements utiles aux analyses en cours par Fusion task force concernant les groupes terroristes», en activité dans la région.

Selon les experts, la zone frontalière située entre l’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger constitue l’une des zones de repli pour les groupes terroristes. Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat affilié à El-Qaïda sévissait dans cette région désertique qui échappe au contrôle des autorités.

Plusieurs accrochages avaient opposé le groupe de Abderrezak el-para aux forces de l’ordre maliens, nigériens et tchadiens suite à son repli dans cette région après la prise en otage de 32 touristes européens entre février et août 2003.

Abderrezak el-para se trouve depuis mars dernier entre les mains du mouvement rebelle tchadien, le MJDT. Les experts ont également, selon le document, «jugé utile d’établir des listes et photos d’individus suspectés d’entretenir des activités terroristes diffusées par FTF (Fusion task force) dans la mesure où elles aident les pays membres dans leurs recherches».

Une mesure qui favorisera l’indentification des terroristes qui ont recours le plus souvent aux faux documents d’identité. Cette nouvelle stratégie dans la lutte contre le terrorisme conforte davantage les actions menées par l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme transfrontalier en Afrique.

L’Algérie a été l’Etat africain pionnier à faire de la lutte contre le terrorisme l’une des priorités de l’Union africaine en matière de sécurité. C’est ainsi que l’Algérie a décidé d’accueillir le Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme.

Ce Centre, basé à Alger, aura pour mission notamment d’assister les Etats membres de l’UA dans l’organisation de la lutte contre le terrorisme a travers l’élaboration d’expertises sur le terrorisme et des ripostes à envisager contre la menace terroriste, et, également, de concourir à la mise en œuvre du plan d’action visant à priver le terrorisme de ses sources de financement.

Le colloque de Nouackchott intervient en préalable de la tenue les 12 et 13 octobre prochain à Alger de la 2e réunion intergouvernementale des experts de haut niveau sur la convention africaine de prévention et de lutte contre le terrorisme.

Z. M.

 

 
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