Selon Bernard Kouchner : Des vice-présidents palestinien et israélien à l'UPM

par Notre Envoyée Spéciale De Bruxelles: Ghania Oukazi, Le Quotidien d'Oran, 4 décembre 2008

Après une Condoleezza Rice à la mine triste et défaite, c'est un Kouchner dynamique qui a répondu aux questions de la presse, en qualifiant le lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM) de «processus magnifique».

C'est, en effet, un Bernard Kouchner bavard qui a animé mardi, en début de soirée, une conférence de presse au siège de l'OTAN. L'avait précédé une Rice qui semblait ne pas accepter son départ du département d'Etat, tellement elle croyait tenir le monde entre ses mains. Là où elle entrera, elle fera ses adieux. D'ailleurs, elle ne devait pas animer de conférence de presse mais elle est revenue pour le faire. Auparavant, elle avait quitté le déjeuner - avant sa fin - que les MAE de l'Alliance ont organisé à «l'honneur» de leurs homologues des pays du Dialogue méditerranéen (DM) et ceux de l'Initiative d'Istanbul (ICI). Le ministre français des Affaires étrangères a qualifié le processus de l'UPM de �'magnifique». Il a surtout fait savoir qu'en plus d'un président qui, dit-on, pourrait être jordanien, l'UPM se dotera de six vice-présidents dont un sera palestinien, un autre israélien et un troisième probablement turc. Pour le palestinien et l'israélien, Kouchner en est sûr. «Ce sera ça la véritable surprise si ça marche». Par contre, pour ce qui est d'une présidence jordanienne et d'un vice-président turc, il a précisé que ce n'était pas encore tranché. Interrogé sur le désastre de Gaza la palestinienne, le MAE français a noté que «nous n'avons jamais abandonné Gaza, 60 % des aides au peuple palestinien proviennent de l'Union européenne.» Mais, relèvera-t-il, «que voulez-vous qu'on fasse si Abou Mazen et Hamas se donnent le dos et refusent de se parler, ça ne facilite pas les choses». Il a annoncé la tenue à New York, durant ce mois, du quartet mais à laquelle il ne sera pas présent parce que, a-t-il fait savoir, «le 15 de ce mois se tiendra à Paris une conférence internationale sur l'Afghanistan.» Pour ce qui est de l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie à l'OTAN, il tiendra le même discours que ses homologues des pays membres. «Les deux pays doivent faire encore des efforts», a-t-il affirmé. Kouchner est aussi comme eux tous pour une reprise du dialogue avec la Russie. L'OTAN a chargé son secrétaire général pour rétablir les contacts nécessaires à cet effet. Il devra le faire très rapidement parce qu'il est arrivé à fin de mandat. Jaap De Hopp Scheffer doit en effet quitter son poste de SG de l'organisation atlantiste en août prochain. Il sera en évidence remplacé par un autre européen, ceci pour préserver les équilibres qui caractérisent le partage des tâches et des missions au niveau de l'OTAN. Notons que les Etats-Unis ont toujours, au nom de ces équilibres, occupé les postes du commandement militaire et stratégique des forces atlantistes.

Le dernier briefing, c'est le président du comité militaire de l'OTAN qui l'a assuré hier, aux journalistes venus des pays du DM et de ceux de l'ICI. L'amiral Giampaolo Di Paola a fait savoir au sujet de la piraterie qui sévit dans le golfe d'Aden que «l'OTAN escorte les aides alimentaires, il ne peut pas faire plus pour l'instant». Il a fait savoir qu'une résolution de l'ONU vient d'être adoptée pour contrer les pirates et préserver la sécurité dans cette région. Mais, faut-il le noter, les pays membres de l'Alliance hésitent à décider d'une intervention militaire dans la mer Rouge, parce qu'ils auront des difficultés à arrêter des pirates, les juger ou les condamner. L'on estime en effet que la piraterie pose un problème juridique et politique en même temps. L'on pense même qu'à cause de l'absence d'instruments juridiques, la communauté internationale ferme les yeux sur ce qui se passe dans le golfe d'Aden. Le président du Comité militaire de l'OTAN a aussi parlé de terrorisme. Il a indiqué que «l'ensemble des ministres de l'OTAN et ceux du DM ont exprimé lors du déjeuner organisé lundi à Bruxelles, leur souci d'organiser un effort conjoint pour lutter contre le terrorisme dans la région». Pour lui, «c'est un engagement politique ferme mais nous n'avons pas encore déterminé les moyens opérationnels». Pour un début, il souhaite que «les pays du DM désignent des officiers de liaison au sein du Centre de coordination du partenariat qui est à Bruxelles». Il précisera en outre, que «certains de ces pays ont déjà des officiers de liaison, les autres peuvent les avoir soit à Bruxelles soit à Naples.» Mais l'amiral n'a pas oublié que l'Organisation nord-atlantique a mauvaise réputation auprès du reste du monde». C'est pour cela qu'il rappellera «la nécessité de changer la perception de l'OTAN chez les peuples. Il faudrait qu'elle soit plus positive».

 
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