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L'UPM en pannepar K. Selim, Le Quotidien d'Oran, 23 mars 2009 A défaut d'un constat de décès en bonne et due forme, l'Union pour la Méditerranée n'émerge décidément pas du coma. La réunion de «relance» prévue pour le 7 avril a été de nouveau reportée pour la fin du mois, sans d'ailleurs que le nouveau rendez-vous soit certain. C'est que toutes les préventions qui entouraient le projet, initié par la France et profondément remodelé par l'Union européenne, ont été confirmées à Ghaza. Après le massacre à huis clos, même les pays arabes qui entretiennent des relations avec Israël refusent de s'asseoir publiquement à la même table. L'UPM peine ainsi à atteindre son objectif réel, assurer une normalisation rampante entre les pays arabes et Israël. Car, au-delà des déclarations émotionnelles ou grandiloquentes, tel est son objectif. La dimension économique ayant été largement recadrée par l'UE, l'UPM est aujourd'hui plus un symbole qu'une réalité institutionnelle. L'Union des «projets» - censée calmer les appréhensions politiques - en panne de financement, il ne demeure plus que le but politique. Or, il n'existe pas de conflit substantiel entre le monde arabe et l'Europe, hormis les divergences fondamentales autour de la question centrale de la Palestine. Dans les faits, la vocation de l'UPM est de faire accepter aux pays arabes une reconnaissance d'Israël, sans la contrepartie très minimaliste formulée dans l'offre de paix arabe de Beyrouth de 2002. L'ironie de la situation est que l'on a entendu des responsables européens exiger que le Hamas reconnaisse le plan de paix arabe alors que celui-ci est rejeté par Israël. Le carnage de Ghaza aura en tout cas freiné les ardeurs des Etats arabes partie prenante de l'UPM. Le fait que l'Egypte louvoie et garde ses distances à l'égard d'une organisation dont elle assume la vice-présidence est significatif. Le Caire, dont l'attitude au cours du martyre de Ghaza avait révolté les opinions publiques arabes, la sienne au premier chef, manifeste ouvertement des réticences à assurer la promotion des relations avec Israël. La normalisation générale et la reconnaissance indirecte de cet Etat colonial et violent restent, plus que jamais, difficiles à obtenir. Même des régimes autoritaires en quête permanente du parapluie occidental ne peuvent franchir le pas. Les régimes arabes ne tiennent pas compte de leurs opinions publiques dans leurs engagements extérieurs, mais le bombardement inhumain de Ghaza a constitué une limite. Que même des pays qui entretiennent des relations avec Israël ne peuvent se permettre d'ignorer, au moins dans l'immédiat. Et c'est sans surprise et avec discernement que les opinions arabes, impuissantes, rejettent l'UPM. Il est vrai que la présidence tchèque de l'Union européenne, dans un accès de sincérité peu diplomatique, avait qualifié le carnage effectué par un Etat surarmé contre la population civile palestinienne d'acte «défensif». Rien ne pouvait mieux illustrer, au-delà des discours sur les «projets concrets», la vision des Européens. Il ne faut cependant pas s'attendre à ce que soit décrétée la mort de l'UPM. Des pressions seront sûrement exercées, sinon pour en assurer la relance, du moins pour son maintien en survie assistée. |
Politique européenne | ||||
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