MOURAD MEDELCI À PROPOS DE L’UPM

«L’Algérie ne se retirera pas du projet»

L'Expression, 12 Janvier 2009

Il a toutefois estimé que les événements tragiques de Ghaza auront probablement un impact non négligeable sur l’Union pour la Méditerranée.

Le chef de la diplomatie algérienne, Mourad Medelci, affirmé que le retrait de l’Algérie de l’UPM n’est pas à l’ordre du jour, en réponse aux multiples interrogations suscitées par la presse nationale depuis le début de l’offensive israélienne sur la bande de Ghaza.
Il a toutefois estimé que ces événements tragiques auront probablement un impact non négligeable sur la fonctionnalité de tout l’appareillage de l’Union pour la Méditerranée.
«Les événements de Ghaza auront probablement une influence sur la fonctionnalité de tout l’appareillage de l’Union pour la Méditerranée, mais c’est encore trop tôt pour en parler aujourd’hui», a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec les associations nationales représentant la société civile. Avant d’ajouter que «l’Algérie n’a pas attendu les événements de Ghaza pour exprimer son point de vue sur un certain nombre de volets qui concernent l’UPM», rappelant à ce juste titre qu’elle a exprimé, lors de la réunion de Marseille, «un point de vue très clair, à savoir que l’UPM n’est pas une enceinte politique mais plutôt une enceinte qui doit régler les problèmes de développement» de la région.
Revenant sur les décisions prises à Marseille, le chef de la diplomatie algérienne a assuré que l’Algérie s’est réservé le droit de donner son «point de vue sur les conditions dans lesquelles cette Union devrait fonctionner».
Et d’ajouter qu’«à Marseille, il y a eu une dérive qui a conduit à la constitution d’un secrétariat général lourd et politique, mais la décision n’est pas prise encore», laissant entendre que cet incident engendrera sûrement des conséquences. Ces propos plutôt menaçants, relancent une fois de plus le débat autour de l’avenir de l’UPM et viennent s’ajouter à ceux des autres Etats arabes suite à l’offensive israélienne, mettant davantage en exergue la réelle précarité de ce projet.
En effet, dans une déclaration au ministre des Affaires étrangères espagnol, des ambassadeurs arabes accrédités en Espagne, dont l’ambassadeur algérien Mohammed Hannache, ont considéré que cette nouvelle tragédie pourrait avoir des conséquences sur «la construction de l’Union pour la Méditerranée».
Et pour cause, le manque de réactivité de certains, pour ne pas dire de la plupart des pays du pourtour méditerranéen face au massacre qui se commet à Ghaza est un manquement à l’un de ses principes fondamentaux, à savoir oeuvrer pour instaurer la paix et la prospérité dans le monde en général et le monde arabe en particulier, portant ainsi un sérieux coup à la relative «confiance» des pays arabes dans le projet.

Yasmine ZOUAGHI

 
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