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Sa représentativité des travailleurs est de plus en plus contestée L’UGTA face à la montée des syndicats autonomesKarim Kebir, Liberté, 30 avril 2006 Rien de plus édifiant que la grève déclenchée en 2003 par les deux principaux syndicats de l’enseignement secondaire : le Cnapest et le CLA. Seul syndicat à bénéficier des égards du “pouvoir”, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), organisation, dont la création remonte à 1956, s’apprête à célébrer la Journée internationale du travail dans un contexte pour le moins particulier : chômage endémique, crise du logement, situation précaire des travailleurs dans certains secteurs d’activité, érosion du pouvoir d’achat, libéralisation à la “hussarde” de l’économie avec son cortège de licenciements projetés et les menaces de fermeture de plusieurs entreprises. Cette situation préoccupante trouve son expression d’ailleurs dans les colères et les mouvements sociaux sporadiques qui se manifestent dans certains secteurs. Mais au-delà du constat, l’organisation créée par Aïssat Idir doit, dorénavant, faire face à une concurrence accrue sur le terrain de la contestation : celle des syndicats autonomes. Au nombre de cinquante-trois, les syndicats autonomes — nés à la faveur d’une loi datant de 1990, au lendemain de l’explosion de 1988, régissant l’activité syndicale —, cristallisent désormais toute la colère des travailleurs. Et rien de plus édifiant que la grève déclenchée en 2003 par les deux principaux syndicats de l’enseignement secondaire, à savoir le Cnapest et le CLA. En dépit de l’absence d’agrément, une violation des autorités en contradiction avec le pacte international sur les droits civiques et politiques ainsi que le pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels et la convention internationale de l’OIT que l’Algérie a pourtant ratifiée, les deux syndicats ont réussi à paralyser les lycées pendant trois mois. Forts d’une armée de près de 60 000 enseignants, les deux structures ont réussi à arracher une augmentation de salaire de près de 30%. Un acquis perçu par de nombreux travailleurs dont les conditions de vie sont devenues insupportables comme un véritable trophée de guerre. Autres caractéristiques de ces nouvelles structures syndicales : le respect du choix civique des adhérents. Aucune, en effet, n’a donné une consigne particulière de vote lors des précédents scrutins. Cela sans compter, bien entendu, le respect de la ligne syndicale. En d’autres termes, le fonctionnement démocratique. La crise, qui a secoué le Cnapest est, à ce titre, édifiante. Pourtant, les autorités continuent à ce jour de privilégier le dialogue social seulement avec les locataires de la Maison du peuple. Crainte du pluralisme ou volonté de canalisation de la colère ? Sans doute les deux à la fois. Réputée pour être “l’appendice” du pouvoir dont l’unique rôle est de jouer “au pompier”, pour reprendre une formule en vogue, l’UGTA, en tant qu’unique représentant des travailleurs se voit de plus en plus contestée par sa base. Sa “mollesse”, ses “compromissions”, et son “manque d’agressivité” ont fini, au fil des mois, par grossir les rangs des syndicats autonomes. Mais, face à l’intransigeance des autorités qui s’abritent souvent derrière une prétendue violation de la loi, les syndicats autonomes ont entrepris de se fédérer, seule parade pour contourner l’écueil de l’absence d’agrément. Et c’est sans doute cette raison qui a conduit de nombreux acteurs sociaux à proposer la création d’un forum des libertés. Mais quoi qu’il en soit, l’autorité de l’UGTA comme représentant exclusif des travailleurs est bel et bien entamée. Autant le pouvoir que les locataires de la Maison du peuple sont appelés à se conformer aux nouvelles réalités. KARIM KEBIR Les figures du syndicalisme autonomeRédaction de Liberte Redouane Osmane du Cla : Un parcours de militant Nabila A. Larbi Nouar du cnapest : Un nouveau leader N. A. Ali Boukaroura du Cnes L’homme de la décision collégiale H. Ameyar Mohamed Yousfi du SNPSSP L’infectiologue syndicaliste Saïd Ibrahim Sidi-Saïd à Oum El-Bouaghi hier Plaidoyer pour le dialogue socialPar : Rédaction de Liberte Le patron de l’UGTA a répliqué au chef du MSP qui l’accusait de sacrifier les intérêts des travailleurs. Dans le cadre des festivités du 1er Mai, Fête des travailleurs, le SG de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd, était hier à Oum El-Bouaghi où il a procédé à l’inauguration du nouveau siège de l’union de wilaya. S’adressant aux travailleurs présents, il abordera le statut de la Fonction publique, lequel, a-t-il précisé, sera présenté au Parlement en septembre prochain. Il confirmera par la même occasion qu’une augmentation des salaires sera accordée aux travailleurs. “Il y aura une augmentation pour les fonctionnaires et pour les entreprises publiques, selon les moyens de chacune. Ainsi, personne ne spéculera sur notre dos”, a-t-il soutenu face aux travailleurs qui n’ont pas lésiné sur les applaudissements. Le patron de l’UGTA s’étalera par la suite sur le dialogue qu’il entamera avec le gouvernement et ce, après la dernière réunion et l’installation des commissions. Outre cette question des salaires qui préoccupe les travailleurs au moment où le front social connaît une certaine effervescence, le patron de la Centrale syndicale s’est confié à nous pour réagir à la déclaration faite à Oran par M. Abou Djerra Soltani, l’accusant d’avoir sacrifié les intérêts des travailleurs au profit de l’administration de la centrale.“L’UGTA, jusqu’à maintenant, a toujours accordé un immense respect au HMS et à Nahnah, avec qui nous avions entretenu de bonnes relations. Je ne comprends pas ce dérapage verbal de Soltani, s’étonne-t-il, on ne l’a pas agressé, il est peut-être à la recherche du sensationnel, nous laissons le soin aux militants de son parti et à ceux qui sont à l’UGTA d’en juger.” Et d’ajouter : “Quand il avance quelque chose, il faut qu’il avance des preuves ou bien cela relève de la rumeur. Aujourd’hui, nous essayons de reconstruire le pays et la République, lui, il est à contre-courant. Que cherche-t-il ?” s’interroge le patron de l’UGTA qui se demande si le chef du MSP ne souffre pas, en ce moment, d’une “crise de maturité” politique. K. M./B. Nacer/R. N. Selon un bilan présenté hier par la CNAS à Annaba 46 000 accidents de travail dont 700 mortels en 2004Par : A. ALLIA La Caisse nationale d’assurance sociale a dépensé plus de 9 milliards de centimes pour couvrir ces accidents. Il est même prévu une facture dépassant les 11 milliards de centimes pour l’année 2005 dont les chiffres ne sont pas encore consolidés, dit-on. La Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, qui a été commémorée, hier, à Annaba, a été marquée par l’organisation d’une journée d’étude sur ce thème précis par l’Institut national de la prévention des risques professionnels, sous le patronage du ministère du Travail et de la Sécurité sociale. On retiendra de cette rencontre la présentation de plusieurs communications d’experts en la matière. Dans leurs interventions, les participants ont notamment insisté sur le fait que malgré les efforts considérables consentis par toutes les parties concernées par la sécurité des travailleurs, notamment avec la promulgation de nombreux textes de loi relatifs à la santé et à la sécurité, le nombre des accidents du travail et des maladies professionnelles reste trop élevé. Ce qui inquiète les professionnels. Ces derniers ont saisi cette opportunité pour relever les insuffisances constatées dans certains secteurs d’activité. Dans celui du bâtiment en particulier, où les mesures de prévention et d’hygiène ne sont pas toujours observées. Le bilan de l’année 2004, qui a été officiellement communiqué hier, fait ressortir 46 000 accidents du travail, tous secteurs confondus, dont 700 ont provoqué des lésions mortelles à leurs victimes. On enregistre aussi 844 cas de maladies professionnelles se manifestant pour près de la moitié en une surdité partielle ou totale alors que le reste des cas souffre de pneumoconiose (tuberculose professionnelle). La wilaya de Sétif détiendrait le triste record dans ce domaine. A. ALLIA |
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