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ZONE INDUSTRIELLE DE ROUIBA
Les travailleurs menacent de descendre sur Alger
Le Soir d'Algérie, 5 octobre 2011
Les travailleurs de la zone industrielle de Rouiba sont en colère. Et ils le font savoir. Ils dénient, et ce, par le biais de leurs élus au sein de l’Union générale des travailleurs algériens UGTA, à Sidi-Saïd le droit de les représenter auprès du gouvernement. C’est une suite logique découlant du rejet par ces derniers des résultats de la tripartite tenue les 29 et 30 septembre 2011.
Lors de cette réunion gouvernement- patronat-UGTA, il a été discuté, rappelons-le, plusieurs points sur lesquels le monde du travail fondait beaucoup d’espoir s’agissant de l’amélioration des conditions sociales des familles algériennes. La déception est énorme. Même si le retrait de confiance au numéro un de l’UGTA n’a pas été explicitement exprimé, il en découle, néanmoins, de la position politique des cadres syndicaux affiliés à l’Union qui, suite au mécontentement des travailleurs, rejettent en bloc les résultats de la tripartite et à laquelle la Centrale syndicale a donné son aval. Pour se faire entendre, les cadres ont prévu d’organiser un sit-in devant le siège de l’UGTA avant d’enchaîner une série d’actions. C’est ce qui ressort de la déclaration approuvée par les cadres syndicaux qui se sont regroupés hier à Rouiba. «Les résultats de la tripartite contre les intérêts des travailleurs», «nous demandons un pouvoir d’achat décent», «nous exigeons l’abrogation de l’article 87 bis», «nous demandons une retraite digne pour les sacrifices d’une vie», «diminution de l’IRG = augmentation réelle des salaires», sont les quelques slogans qu’on peut lire sur les banderoles accrochées au mur du siège de l’Union locale de Rouiba, dépendant de l’UGTA. En effet, hier matin, des centaines de cadres syndicaux de la zone industrielle de Rouiba qui compte des milliers de personnes travaillant dans les unités et complexes industriels, essentiellement du secteur public, des retraités, des travailleurs licenciés par l’administration de l’hôtel El Aurassi et des employers de l’Unité de récupération du centre, congédiés, selon eux, injustement par leur directeur, se sont rassemblés pour observer un sit-in devant le siège de cette union. Principale préoccupation des manifestants, le rejet des résultats de la tripartite. «Thoulathia ouallah ouallou, Ouyahia hchahalkoum !» (tripartite Ouallah rien, Ouyahia vous a eus) scandaient en chœur les centaines de responsables syndicaux pendant que le secrétaire général de l’Union locale, Mokdad Messaoudi, s’adressait à eux. L’orateur est revenu longuement sur les points objets des revendications des travailleurs et pour dire combien est grande leur déception devant ce constat d’échec. «Il n’est pas honteux d’échouer dans une négociation, mais il est scandaleux de tenter de faire passer l’échec pour un succès», dit-il. L’orateur fera part à l’assistance du drame social dans lequel sont plongés les retraités alors qu’ils ont consacré leur vie au service du développement du pays. Messaoudi fustige le gouvernement qui donne la part belle aux patrons d’entreprises privées qui font travailler au noir, donnent des salaires de misère, interdisent la création de syndicats et qui ne font qu’importer des marchandises de qualité douteuse. «L’inflation a déjà absorbé l’augmentation des 3 000 DA qui n’a même pas encore été touchée. Plus grave, cette augmentation ne profitera qu’aux cadres dirigeants», conclura-t-il. Par la suite, une déclaration a été lue et approuvée par les manifestants où le rejet de ce qu’a avalisé Sidi-Saïd ne fait aucun doute. «Les résultats de la tripartite tenue les 29 et 30 septembre auront été une grande désillusion pour les travailleurs actifs et les retraités», lit-on dans le préambule dudit document. Les syndicalistes dénoncent, par ailleurs, le mépris affiché par le gouvernement à l’endroit des travailleurs. «L’augmentation de 3 000 DA est un signe flagrant de l’irrespect total envers l’intelligence du prolétariat algérien». Et de poursuivre leur diatribe : «Cette tripartite aura été incontestablement prolifique et féconde aux patrons de sociétés privées ; grands importateurs de produits de consommation et grands absents de sociétés privées ; grands importateurs de produit de consommation et grands absents d’industries créatives, qui auront vu leur cupidité largement récompensée. » «Les cadres syndicaux de la zone industrielle de Rouiba, présents ce jour le 4 octobre 2011, décident, et ce, comme première action, d’organiser un sit-in devant le siège de la Centrale syndicale de l’UGTA. La date sera arrêtée dans un avenir proche par l’Union locale», lit-on en conclusion de cette déclaration.
Abachi L.
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Luttes syndicales |