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Les enseignants de la capitale n’ont pas répondu à l’appel du Snapest
Les cours se sont déroulés normalement à Alger
Par : Rédaction de Liberte, 17 février 2010
L’ambiance au niveau de la plupart des établissements de la commune de Kouba, Bir-Mourad-Raïs, Ben Aknoun et Alger-centre était celle d’un jour ordinaire, l’appel au débrayage ayant été ignoré.
Les cours se sont déroulés normalement dans différents établissements de l’enseignement secondaire et technique de la wilaya d’Alger, a-t-on constaté hier, au premier jour de la grève décidée par le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) qui a appelé à reprendre le mouvement de protestation pour une semaine.
L’ambiance dans la plupart des établissements de la commune de Kouba, Bir-mourad-Raïs, Ben Aknoun et Alger-centre était celle d’un jour ordinaire, l’appel au débrayage ayant été ignoré, comme l’ont confirmé la plupart des enseignants de ces établissements.
Ces derniers ont avoué préférer assurer les cours et accomplir leur devoir envers les élèves, notamment ceux des classes d’examens, convaincus que “l’intérêt de l’élève est au-dessus de toute considération”, se déclarant néanmoins attachés aux revendications socioprofessionnelles auxquelles appellent les syndicats du secteur. C’est aussi le cas à travers la majorité des régions du pays. Outre la capitale, on dénombre en effet 35 autres wilayas, dont Alger, Blida, Tizi Ouzou, Sétif où le taux de suivi de la grève a été nul, hier.
Le coordinateur du Cnapest,
M. Meriane Meziane a, pour sa part, affirmé que la solution de ce problème résidait dans “la prise d’une décision définissant la date effective de la mise en œuvre du régime indemnitaire”.
M. Meriane a appelé le ministère de l’éducation nationale à “adopter la voie du dialogue véritable et à éviter la tergiversation” dans l’examen du dossier relatif au régime indemnitaire et de trancher dans les différentes propositions soumises au comité ministériel ad-hoc.
Les revendications du Cnapest portent sur la régularisation du dossier des indemnités et des primes avec effet rétroactif et la révision des dossiers des œuvres sociales et de la médecine du travail. Le ministre de l’éducation nationale, M. Boubekeur Benbouzid, a affirmé lundi à Tlemcen que l’augmentation des salaires des fonctionnaires du secteur à travers les primes sera “effective dans les prochains jours conformément aux engagements précédents du ministère”.
Le ministre a rappelé la lettre ouverte qu’il a adressée dernièrement aux travailleurs du secteur, notant que “le dossier de l’augmentation des salaires par le biais des primes a été traité avec tous les syndicats nationaux”. Il a également indiqué que son ministère s’attellera, dans une deuxième étape, à l’application de l’effet rétroactif de ces indemnités, qui prend effet à partir de janvier 2008. M. Benbouzid a enfin appelé toutes les parties concernées à “s’armer de patience et de sagesse”, estimant qu’il “n’y a aucune raison de recourir à une nouvelle grève qui aura des répercussions négatives sur les élèves et sur leurs capacités à aborder les examens”.
Il admet le suivi mitigé du mouvement
Le Snapest rate sa grève
Par : Nabila Afroun
Le responsable du Snapest s’est dit satisfait du taux de suivi pour le premier jour de grève, assurant que le mouvement prendra de l’ampleur avec l’entrée en action des huit autres syndicats autonomes.
Contre toute attente, le mouvement de grève annoncé dans le secteur de l’éducation, pour cette semaine, a bel et bien commencé. Le Syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) est le premier à ouvrir le bal de la contestation en déclenchant hier un cycle de débrayages d’une semaine renouvelable “jusqu’à l’aboutissement des doléances socioprofessionnelles des enseignants”. Une revendication tant clamée par les syndicats autonomes au fil des années sans que la tutelle ne soit en mesure d’apporter des réponses à la crise. Selon l’initiateur de ce mouvement, 24 600 enseignants ont répondu hier au mot d’ordre de la protestation, soit 40% du taux de suivi pour ce premier jour de grève à travers les 41 wilayas où ce syndicat compte des adhérents.
“Le bilan est satisfaisant pour ce premier jour de débrayage. Ce mouvement prendra de l’ampleur d’ici la fin de semaine, avec les huit syndicats qui vont entrer en action. Tout le secteur de l’éducation sera paralysé et la tutelle devra assumer ses responsabilités”, a averti hier M. Meziane Meriane, secrétaire général du Snapest, lors d’un point de presse tenu à Alger. Il a annoncé que le débrayage a fait un carton plein dans les wilayas de l’ouest et du sud, quant à l’est et au centre, c’est plutôt un bilan mitigé. À titre d’exemple, dans la wilaya d’Alger, seulement 100 enseignants ont débrayé hier. Le premier responsable de ce syndicat a rappelé que ce débrayage d’une semaine sera ponctué par des rassemblements et des marches aux quatre coins du pays à savoir dans les wilayas d’Oran et d’Adrar, le 24 février dans la capitale. Revenant sur les raisons de la reprise de la protesta, M. Meriane a signalé que depuis la création de la commission de suivi du dossier du régime indemnitaire au niveau de la tutelle, rien de concret n’a été obtenu sur le terrain. “Si la tutelle a installé cette commission, c’était pour gagner du temps et atténuer la colère des travailleurs du secteur de l’éducation”, s’indigne-t-il.
Le ministre de l’Éducation nationale, pour sa part, a annoncé lundi, à partir de la wilaya de Tlemcen, que le fameux relèvement des indemnités “sera accordé aux enseignants bien avant les vacances de printemps, c’est un engagement et non une promesse”, a-t-dit. Il a également appelé les enseignants à ne pas perdre de temps, car le dossier des indemnités est finalisé et transmis à la chefferie du gouvernement. Le secrétaire général du Snapest a estimé, pour sa part, que “les déclarations de Benbouzid ne sont que de la poudre aux yeux” destinées à casser le mouvement des enseignants. Il a relevé de la contradiction entre les propos du ministre et les dires de son conseiller Ahmed Tessa, qui s’est exprimé le jour même sur les ondes de la radio, affirmant ainsi que la commission ad hoc, composée des représentants de la direction de la Fonction publique et du ministère des Finances, va finaliser ses conclusions dans un mois. “Ces déclarations ont créé une crise de confiance au sein de la famille de l’éducation. Cela prouve, également, que ces propos ne sont qu’une ruse destinée à manipuler l’opinion publique. La tutelle n’a nullement l’intention de résoudre sérieusement cette crise et ces représentants ne sont même pas capables d’accorder leurs violons”, a-t-il estimé. Notre interlocuteur s’est interrogé sur les intentions de la tutelle. “Pourquoi attendre que la base soit en ébullition pour annoncer une date et de plus sans même la mettre noir sur blanc. Qu’est-ce qui empêche le ministre de prendre par écrit cet engagement. La solution du problème est entre les mains du ministre s’il y a réellement une volonté d’en finir avec cette crise”. Rappelons que le ministre de l’Éducation s’était déjà engagé en novembre 2009 à promulguer le régime indemnitaire après deux mois de travail par la commission. Selon le même syndicaliste, la tutelle a perdu en crédibilité. Ni les déclarations de Benbouzid, encore moins sa dernière lettre, n’ont absorbé la colère des enseignants, bien au contraire. Pas moins de huit syndicats autonomes du secteur de l’éducation vont rejoindre le mouvement de contestation la semaine prochaine. Le Conseil des lycées d’Algérie (CLA), le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) et le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) vont entamer leur mouvement à partir du 21 février. Quant à l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), et le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), ils ont décidé de faire, eux aussi, cause commune en débutant leur débrayage le 24 de ce mois, et ce pour une semaine reconductible.
Le ministère de l’éducation se félicite du faible taux de suivi du débrayage
“Les enseignants ont compris le message du ministre”
Par : DJAZIA SAFTA
Le taux de suivi du premier jour de la grève d’une semaine renouvelable, lancée par le Snapest, était de 2,45%, selon un communiqué du ministère de l’Éducation nationale, rendu public hier. Selon le document, la wilaya où la mobilisation était la plus forte, c’était à El-Bayadh avec un taux de mobilisation de 30,38%, suivie de Béchar avec un 28,25%, puis Oran avec 25,41%, d’Adrar avec 21,61%. Pour le reste des wilayas, le taux n’a pas décollé des 10%, avec un 9,11% à Oum El-Bouaghi, 8,45% à Tiaret et 2,11% à Saïda. Dans plusieurs autres wilayas, la mobilisation était de 0%, comme Alger, Batna, Béjaïa, Tébessa, Jijel, Relizane ou Tizi Ouzou.
Évidemment, au niveau du ministère, on se félicite de cet échec dû “à l’esprit de responsabilité des enseignants qui ont bien compris la lettre du ministre de l’Éducation”. Le Snapest et le CLA sont accusés par une source du ministère de faire dans “l’alarmisme” et “de diffuser des contrevérités”, dès lors que le ministre s’est engagé par écrit et à la télévision pour “des augmentations substantielles, dans les prochains jours”. La même source du ministère tient également à lever une équivoque au sujet des indemnités. “Nous sommes le premier secteur à avoir finalisé le statut particulier et le régime indemnitaire et nous n’avons jamais dit qu’il fallait attendre tous les autres statuts de la Fonction publique. On a juste précisé qu’il fallait donner un cadre légal à ces indemnités selon les textes qui régissent la Fonction publique.” Cela étant, au ministère, on ne comprend pas le manque d’enthousiasme de l’administration locale, donc des Directions de l’éducation et des directions des établissements scolaires à relayer les messages du ministre.
Notamment sa dernière lettre dans laquelle il appelait la communauté de l’éducation à faire preuve de patience et à prendre en compte l’intérêt des élèves. “Au moment où les pouvoirs publics sont en voie de finaliser le dossier du régime indemnitaire du secteur de l’éducation nationale, certains syndicats d’enseignants brandissent encore, et de manière systématique, des menaces de grève”, est-il écrit dans cette lettre dans laquelle le ministère a aussi rappelé que le dossier du régime indemnitaire a fait l’objet d’une “prise en charge sans délai”, par la tutelle, ajoutant qu’il a été mené à un rythme soutenu dans le cadre du groupe de travail mixte (ministère-syndicats) mis en place le 17 novembre 2009. Cette deuxième phase de grève, à laquelle ont appelé les syndicats de l’éducation, survient après près de trois mois d’une grève qui a duré trois semaines et qui a paralysé le secteur de l’éducation et dont les conséquences sont irrémédiables.
Établissements du secondaire à l’est du pays
La grève des enseignants n’a pas eu lieu
Par : A. Allia/L. N.
Le mouvement de grève auquel a appelé le Snapest, hier, n’a pas été suivi par les enseignants des wilayas de Annaba, Guelma, Souk-Ahras et Tébessa. C’est ce qui a été constaté par nos correspondants locaux au niveau des établissements du secondaire et confirmé par les Directions respectives de l’éducation desdites wilayas.
Il n’a d’ailleurs pas été possible de recueillir les impressions des représentants de ce syndicat corporatif, suite à cette défection du personnel enseignant des lycées et collèges d’enseignement technique, ceux-ci étant restés injoignables pour des raisons inexpliquées. Les représentants des autres syndicats du corps enseignant ont préféré, quant à eux, ne pas se prononcer sur la question, leur appel à la grève ayant été fixé à la semaine prochaine. Il ne fait pas de doute, toutefois, que la lettre qu’a adressée le ministre aux enseignants des trois paliers et aux parents d’élèves, notamment la promesse de trancher la question des salaires dans les semaines à venir, a eu un effet apaisant relatif. Les professeurs des lycées ne baissent pourtant pas les bras et ne démordent pas de leurs revendications salariales. La plupart déclarent que le retour à la normale des cours reste conditionné par les acquis qui pourront être arrachés à la tutelle et par ceux-ci seulement.
À Constantine, le mouvement entamé, hier, par le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) n’a pas eu l’effet escompté, selon le représentant du bureau de wilaya de Constantine. “Le débrayage s’est avéré un échec pour cette première journée”, nous dira M. Benidir.
Rappelons que le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) a annoncé, dimanche dernier, une grève d’une semaine reconductible, si les revendications des enseignants ne sont pas satisfaites, notamment en ce qui concerne le régime indemnitaire.
Première journnée de débrayage
Suivi partiel à l’Ouest
Par : K. R. Y./A. BOUSMAHA/A. B. et ABDELMADJID B.
Les enseignants grévistes ont massivement entamé, hier à Oran, leur première journée de débrayage qui devra s’étaler dans le temps jusqu’à “satisfaction totale de nos revendications socioprofessionnelles”, a affirmé le chargé de communication du Syndicat national des professeurs d’enseignement secondaire et technique (Snapest). Cette énième grève, qui survient après celle déclenchée le 8 novembre 2009, se veut être “une grève de plus pour dénoncer et réprouver les tergiversations fallacieuses du ministère de tutelle”. Dans la majorité des 52 lycées que compte la wilaya d’Oran, les enseignants ont réussi à paralyser les établissements scolaires. Les griefs des grévistes sont acerbes et portent essentiellement sur le black-out des pouvoirs publics concernant le rappel d’émoluments au titre de complément (IEP et IAPP) avec effet rétroactif depuis le 1er janvier 2008.
Selon M. Rabhi, la grève est une réponse au département de M. Benbouzid qui “use de la mystification de l’opinion publique en assenant, par médias interposés, des contrevérités et des déclarations truffées d’invraisemblance sur une éventuelle augmentation salariale”. Les grévistes dénoncent aussi la décision du ministère de tutelle de les soumettre à un fichage systématique. Ils exigent “expressément” l’annulation de la directive ministérielle autorisant la mise en place d’un fichier de base qui institue, selon le représentant du Snapest, “un moyen de contrôle et de surveillance disproportionné et incompatible avec la noble conception de l’école”. Pour contrecarrer cette décision, les proviseurs se sont réunis le 26 janvier dernier pour exiger l’annulation pure et simple de cette “mesure scélérate”. Hier à Oran, le taux de grève a atteint 87% sur plus de 3 000 enseignants d’enseignement secondaire et technique, un chiffre appelé à aller crescendo dans les tout prochains jours, a ajouté M. Rabhi.
Ce qui n’est pas le cas à Sidi Bel-Abbès où notre correspondant relève que le mouvement n’a pas connu une forte mobilisation. Il notera le fonctionnement normal des établissements du secondaire qui n’ont enregistré aucune défection de la part des enseignants.
À Mascara, la grève a été partiellement suivie selon les assertions de la Direction de l’éducation nationale. Les syndicalistes du Snapest affirment, pour leur part, que le mot d’ordre a été observé par 40% des enseignants du secondaire et technique.
Concernant la wilaya de Tlemcen, où le Cnapest est fortement implanté, le mouvement n’a pas été suivi. La grève devra se durcir avec les syndicats de l’Unpef et du Cnapest qui ont déposé un préavis de grève d’une semaine à compter du 24 février prochain.
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Luttes syndicales |