| |
|
Sit-in des praticiens devant le Palais du gouvernement
La grève semble inéluctable
Par : MALIKA BEN, Liberté, 30 avril 2011
Les praticiens et les spécialistes de la santé publique sont convaincus que seule le retour à la protestation “main dans la main” pourrait faire aboutir le combat qu’ils mènent depuis des années.
La grève des praticiens de la santé publique se précise et dépasse le stade de la simple menace en vue de faire pression sur la tutelle. C’est du moins ce qui s’est dégagé du sit-in tenu jeudi à quelques encablures du Palais du gouvernement par près de 500 praticiens de la santé publique.
En fait, officiellement, le rassemblement devait avoir lieu devant le siège du Premier ministère, mais des dispositions ont été prises par qui de droit en vue de stopper les praticiens au niveau du jardin de l’horloge florale. Mais le dispositif sécuritaire mis en place n’a pu stopper la détermination des nombreux praticiens qui, sous un soleil de plomb, ont, une fois de plus, “usé” de leurs cordes vocales pour que leurs voix parviennent au bureau du Premier ministre. “Grève illimitée”, c’est ce qui était scandé à tue-tête à chaque prise de parole du président du Snpsp ou d’un autre médecin. Pour les blouses blanches, la grève reste le seul et unique recours pour faire aboutir les revendications dans la dignité car “l’attente a été longue et parsemée de mensonges et de désengagements.” Le président du Snpsp rappellera qu’en arrivant à la tête du département de la santé, Ould Abbès avait insisté sur le fait que c’est “le président de la République lui même qui l’a mandaté” pour faire sortir le secteur de la crise.
Malheureusement, une année après, c’est le statu quo. “Nous n’avons eu droit qu’à des promesses, des mensonges et des désengagements”, lance le Dr Merabet. Et d’estimer que “le ministre de la Santé a failli à sa mission et doit assumer.” C’est, d’ailleurs, le clash entre les partenaires sociaux et la tutelle qui a contraint le Snpsp à se tourner vers le gouvernement. Le choix du Palais du gouvernement s’explique aussi par le fait que le nouveau régime indemnitaire soit sur le bureau de la commission ad hoc supervisée par le secrétariat du gouvernement. “Nous avons appris que seul le projet relatif au régime indemnitaire est examiné par la commission ad hoc sur la base du statut particulier en vigueur et non celui amendé en commission mixte car les amendements introduits ne sont pas à l’ordre du jour et ne constituent nullement une urgence”, révèle le Dr Merabet. Et de préciser que pour les praticiens, les deux projets sont indissociables.
C'est-à-dire que le projet du régime indemnitaire doit être impérativement élaboré sur la base du statut amendé. Las des tergiversations de la tutelle, le Snpsp est décidé “à reprendre de plus belle la protestation. S’il faut investir la rue pour notre dignité nous le ferons et ce ne sera pas de cette manière” lance le Dr Merabet qui a averti que la contestation sera lancée avec les spécialistes de la santé publique. “L’intersyndicale n’est pas morte. Nous sommes en concertation et nous sommes à mille pour cent pour le retour à la protestation, notamment la grève”, soutient le président du Snpsp en rappelant que les deux syndicats tiennent leurs conseils nationaux les 4 et 5 mai. Autrement dit, le ministre de la Santé a jusqu’au 4 mai pour se manifester par du concret sinon c’est l’intersyndicale qui réagira par un préavis de grève.
|
|
Luttes syndicales |