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SIT-IN DE PROTESTATION DU CNAPEST DE BOUMERDÈS
Le double langage de Benbouzid sur le dialogue avec les partenaires sociaux mis à nu
Le Soir d'Algérie, 13 mai 2008
«Où est notre place dans l’Algérie de “El-Izza ouel karama” ?, lit-on sur une banderole brandie par des représentants des professeurs des lycées de la wilaya de Boumerdès, venus nombreux porter la colère de leurs collègues devant la porte blindée de l’académie que garde fermée un vigile.
Le Cnapest (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) de la wilaya de Boumerdès a mobilisé hier ses troupes pour observer un sit-in de protestation devant le siège de l’Académie de la ville de Boumerdès. Cette action est, selon les responsables du bureau de wilaya de ce syndicat, une réponse au refus de la Direction de l’éducation de reconnaître leur organisation. Pour rappel, ce sit-in a été précédé par des démarches du bureau de wilaya en vue d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur ce que les syndicalistes considèrent, par ailleurs, comme un rejet du leur tutelle de dialogue social, meilleur moyen, selon eux, de régler les problèmes qui entravent le fonctionnement normal des établissements de la wilaya. La première démarche du Cnapest est une lettre envoyée au wali dans laquelle, les membres du bureau de wilaya dénoncent «le refus de la Direction de l’éducation de reconnaître le Cnapest, les pressions exercées sur les représentants locaux du Cnapest, le refus de dialogue concernant les difficultés que rencontrent les enseignants dans leur mission quotidienne». Il est question notamment de 45 enseignants qui sont, selon la carte scolaire en sureffectif. «A ce sujet, nous avons fait plusieurs propositions pour lever cette contrainte mais devant la persistance de la direction à fermer les portes du dialogue, le problème demeure en suspens», clame Boudiba Messaoud, nouveau coordinateur du Cnapest de Boumerdès. Les syndicalistes fustigent, par ailleurs, l’académie pour le peu de considération manifestée à l’endroit des enseignants. Le responsable du bureau de wilaya du Cnapest cite le cas des fonctionnaires qui viennent résoudre leurs problèmes au niveau de cette direction «Nous refusons que des enseignants chargés de former des citoyens soient traités comme des moins que rien et reçus dans une cave», s’indigne-t-il, et d’ajouter en pointant le doigt vers le bâtiment de l’éducation. «C’est la maison des enseignants. Ils sont en droit d’être traités dignement.» Le chargé de communication du bureau de wilaya du Cnapest, Salhi, ajoutera : «Nous sommes un syndicat légal. Nous sommes représentatifs. Nous exigeons d’être considérés comme tels !» Il semblerait que la Direction de l’éducation de la wilaya de Boumerdès refuse le dialogue avec ce syndicat qui, effectivement, est le seul qui peut réellement mobiliser, les observateurs locaux l’ont constaté depuis bien longtemps. Pis encore, les protestataires nous ont fait part de représailles contre des délégués syndicaux dont celui du lycée de Boudouaou qui a été, selon eux, réprimé sans aucune explication. «La directrice de l’éducation nous a supprimé depuis plusieurs années la possibilité de nous réunir dignement dans un local de l’éducation et, en dépit des instructions ministérielles, refuse de nous attribuer un local.» C’est malheureusement le paradoxe algérien : un syndicat qui ne vit que grâce à l’argent soutiré de force aux enseignants et qui n’est pas en mesure de réunir 10 adhérents dans toute la wilaya jouit de locaux et de commodités alors que les syndicats du terrain sont marginalisés. En compagnie de plusieurs confrères, nous nous sommes rapprochés de cette Direction de l’éducation. Derrière sa porte blindée, le vigile nous a déclaré que ni la Directrice de l’éducation ni son secrétaire général n’étaient en place. Par cette sortie publique, force est de constater que les professeurs tirent une fois de plus la sonnette d’alarme à la veille d’une échéance (baccalauréat 2008) cruciale pour des milliers de lycéens alors que la tutelle prône un discours d’ouverture et de dialogue pour éviter des arrêts de travail répétitifs préjudiciables aux élèves, mais ses structures décentralisées font tout juste le contraire.
Abachi L.
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Luttes syndicales |