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Troisième et dernier jour de grève du CNES
La pression des enseignants continuera
El Watan, 23 octobre 2007
Le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) a réussi son
pari. Les responsables de ce syndicat autonome ont affiché leur totale
satisfaction quant à la réussite du mouvement de protestation observé
durant trois jours.
« Les enseignants universitaires dans les quatre coins du pays ont
répondu favorablement à l'appel lancé par la direction nationale du Cnes
pour protester contre la nouvelle grille nationale des salaires. Cette
mobilisation démontre qu'il y a une symbiose entre la direction et la
base et qu'il n'y a point de rupture », a expliqué M. Rahmani,
coordonnateur national du Cnes. La mobilisation des enseignants n'est
autre qu'un signe fort de leur rejet dans le fond et dans la forme de la
nouvelle grille des salaires. C'est aussi une opportunité pour les
enseignants pour dénoncer l'absence d'une stratégie globale pour
l'université et l'absence de la place et du rôle de l'enseignant dans la
dynamique de développement du pays. La direction du Cnes se félicite
d'avoir vu juste et d'avoir recouru à la protestation pour mettre devant
leurs responsabilités les auteurs de la nouvelle grille des salaires. «
Cette nouvelle action est un test pour la direction du Cnes. L'adhésion
de tous les enseignants au mouvement de protestation nous encourage à
occuper davantage le terrain. Les enseignants des universités souffrent
et sont confrontés à de multiples problèmes », a expliqué M. Rahmani qui
rappellera la mauvaise gestion de l'université que ce soit sur le plan
financier, pédagogique ou scientifique. Le Cnes compte investir le
terrain et luttera pour que l'université reprenne sa place naturelle
dans la société. « Les assemblées générales tenues dans les différentes
universités nous ont permis d'avoir un aperçu et des informations
précises sur les problèmes que vivent les enseignants. Ils ne se
consacrent plus à la recherche parce que les conditions adéquates ne
sont pas réunies », a soutenu notre interlocuteur qui estime que le
syndicat doit maintenir la pression afin de répondre à l'attente de la
base. Faut-il rappeler que le Cnes a décidé à sa manière de marquer son
mécontentement contre la nouvelle grille des salaires après l'analyse de
son contenu. Ce syndicat, à l'instar de nombreux autres syndicats
autonomes, a dressé un tableau très critique de la grille en affirmant
que celle-ci est venue tout simplement ruiner les espoirs des centaines
de milliers de fonctionnaires au lieu de donner la vraie place qui siedà la Fonction publique et la possibilité de mettre fin aux souffrances
sociales, surtout à la lumière de l'effondrement vertigineux de leur
pouvoir d'achat et de la dégradation de leur niveau de vie. M. Rahmani
explique que le combat, les revendications des syndicats autonomes ne
méritent pas d'être diabolisés, ignorés ou considérés comme des
épiphénomènes. « Au contraire, ils constituent une chance et des
ancrages solides pour une alternative capable de saisir les enjeux de
fond de la situation actuelle et de prendre toutes leurs responsabilités
pour conduire une véritable dynamique de progrès. Les pouvoirs publics
doivent réfléchir et prendre au sérieux notre protestation », a soutenu
l'intervenant qui menace de durcir le ton dans le cas où les pouvoirs
publics leur tournent le dos. Par ailleurs, le bureau national du Cnes
se réunira ce week-end pour l'évaluation de ces trois journées et
décidera des actions à entreprendre pour l'avenir. Des propositions qui
seront soumises après consultation de la base à la coordination
regroupant les douze syndicats autonomes.
Nabila Amir
Enseignement supérieur Les «deux CNES» et la grève
par H. Barti, Le Quotidien d'Oran, 22 septembre 2007
Au deuxième jour du mouvement de protestation lancé par le Conseil
national des enseignants du supérieur (CNES), les universités
continuaient hier de fonctionner mais à des cadences diverses.
Pour M. Malik Rahmani, coordinateur national du CNES, le mouvement de
protestation a été un «succès total» avec un taux de suivi de 80%,
frisant même les 100% dans certains établissements. M. Rahmani admet
cependant qu'il y a eu tout de même des activités pédagogiques en dépit
du mot d'ordre de grève. «D'un côté, il y a les vacataires qui n'ont pas
le droit de faire grève et dont le nombre au niveau de certainsétablissements est assez important. D'un autre côté, nous avons
nous-même donné instruction à ce que les examens de magister et desécoles doctorales se déroulent dans des conditions normales», a-t-il
dit. Même dans les établissements universitaires où il n'y a pas de
section CNES représentée au sein du conseil national, comme c'est le cas
de l'USTO d'Oran, il y a des groupes d'enseignants qui ont suivi le mot
d'ordre de grève, a-t-il encore précisé.
S'agissant justement de ces établissements universitaires, là où les
sections CNES se sont auto-gelées ou gelées par mesure disciplinaire par
la direction du CNES, M. Rahmani a une nouvelle fois lancé hier un appelà l'adresse des enseignants les invitant à élire leurs représentants au
sein de nouvelles sections CNES.
Selon Rahmani, le CNES compte actuellement 34 établissements dont les
sections syndicales sont représentées au sein du conseil national. La
coordination des sections CNES compte pour sa part, selon son
porte-parole M. Cherbal, 19 sections syndicales.
Assimilant ce mouvement de protestation de trois jours lancé par le CNESà un «tir à blanc» vu que l'année universitaire n'a pas encore commencé,
M. Cherbal a estimé que «les décisions doivent provenir des assemblées
générales, en d'autres termes de la base, faute de quoi elles sont
nécessairement vouées à l'échec». M. Cherbal s'est dit, néanmoins,
partager les revendications des enseignants en matière de valorisation
des salaires. Cela fait 11 ans, a-t-il souligné, que le CNES lutte pour
le statut de l'enseignant et pour la valorisation des salaires. «Durant
les années 90, le salaire de l'enseignant du supérieur représentait 6
fois le SMIG, alors qu'aujourd'hui ce salaire ne représente que 2 fois
et demie à 3 fois le salaire minimum garanti. C'est dramatique pour
l'enseignement supérieur en général», a-t-il affirmé. Pour M. Cherbal,
le problème du salaire ne se limite pas à la question des indemnités,
mais c'est aussi une question du salaire de base qui doit être
revalorisé. «Si la grille des salaires est adoptée telle qu'elle est,
c'est l'exil interne des enseignants vers le secteur économique et c'est
l'exil externe vers les universités étrangères».
M. Cherbal qui a qualifié le troisième congrès tenu le 7 mars dernier à
Alger, sur fond de crise organique, d'»antidémocratique», a appelé hierà la tenue d'un congrès unificateur pour faire face aux défis auxquels
sont confrontés l'université publique et les enseignants du supérieur.
Le porte-parole de la coordination des sections CNES a affirmé par
ailleurs que les sections CNES sont actuellement en train de tenir leurs
assemblées générales, pour préparer la réunion de la coordination des 19
sections CNES prévue pour la mi-novembre. Une réunion dont l'objectif
sera d'examiner les propositions de la base, en vue d'établir un plan
d'actions visant à sortir l'université de sa crise.
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