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Ils ont tenu un sit-in jeudi devant le Ministère
Les praticiens de la santé assiègent la tutelle
Par : MALIKA BEN, Liberté, 23 avril 2011
Le ministre s’est dit déçu de la relance de la protestation des médecins. Ces derniers soutiennent qu’ils sont doublement déçus “par le fait que rien de concret n’a été décidé et qu’une année après les négociations, on nous dit que nos revendications ne sont pas à l’ordre du jour”.
Des centaines de praticiens de la santé publique ont répondu jeudi à l’appel du Snpsp pour la tenue d’un sit-in devant le siège de la tutelle. L’action, qui a débuté vers 10 heures, a été marquée par la présence d’une délégation des étudiants en pharmacie venus afficher leur soutien et solidarité avec le syndicat qui avait déjà annoncé son entière disposition à les aider dans le combat qu’ils mènent depuis plus de deux mois. Dispositif sécuritaire oblige, la manifestation des praticiens s’est déroulée dans le jardin se trouvant face au ministère de la santé à moins d’une cinquantaine de mètres de l’entrée du département de Djamel Ould-Abbès. Les blouses blanches scandaient : “ya Djamel ya Abbès y en a marre des promesses” ; “La santé en danger, le ministre à l’étranger”, ou encore : “Monsieur le Président, la santé agonise.” Les manifestants mettaient leurs cordes vocales à rude épreuve en criant à tue-tête pour que leur voix parvient enfin au bureau du ministre. Une heure après le début du sit-in, les manifestants lancent : “Nous allons rentrer au ministère.” À peine les premiers pas effectués que le cordon de sécurité est renforcé pour bloquer la sortie des praticiens du jardin. “À bas la répression. Nous ne sommes pas des terroristes, nous sommes des praticiens”, répliquent les médecins. Jouant les intermédiaires, un agent du dispositif de sécurité demande au président du Snpsp de constituer une délégation qui sera reçue par la tutelle. Après une longue attente, le groupe de huit praticiens est escorté vers le ministère.
Il ressortira aussitôt après. Le président du Snpsp informe les nombreux adhérents que “le ministre est absent et le SG est à l’étranger et qu’une délégation de trois personnes seulement va être reçue par le chef de cabinet”. Les praticiens insistent sur la présence des huit délégués. La veille, le ministre de la santé a tenté de jouer au pompier en invitant le Snpsp à une rencontre tardive où il leur a demandé de surseoir à l’action de protestation, ce que le syndicat a refusé car c’est la base, qui n’attend que le concret, qui a décidé de façon démocratique. Plus surprenant, Ould-Abbès s’est dit “déçu par la relance de la protestation alors qu’il a tout fait de son côté”. Que peuvent donc dire les médecins qui s’attendaient à un changement dans le secteur avec l’arrivée d’un ex-collègue à la tête du secteur ? “S’il y a déception, elle est du côté des praticiens. Et nous sommes doublement déçus : rien de concret après une longue attente et on apprend une année après que nos revendications ne sont pas à l’ordre du jour”, estime le Dr Merabet. Et de révéler à ses collègues que deux syndicats (les maîtres-assistants et professeurs docents) ont adressé une lettre au DG de la fonction publique pour s’opposer aux amendements du statut particulier. “Ils n’ont pas le droit de s’immiscer ainsi et bloquer nos propositions”, fulmine M. Merabet. Et de s’interroger : “où étaient-ils quand on avait négocié ? Ils n’ont jamais levé le petit doigt pendant des années. C’est vraiment désolant.” Nous avons appris, plus tard, que le professeur Djidjelli a contacté le Snpsp pour présenter ses excuses. Pour revenir au sit-in, la tutelle reçoit vers 12h les huit représentants du syndicat. Ces derniers ressortent du ministère quelques minutes après. Selon le président du Snpsp : “le chef de cabinet était occupé et il fallait patienter.”
Il s’interroge sur ce que peuvent bien faire les responsabilités de la santé qui n’ont même pas le temps de recevoir leurs partenaires sociaux alors que le secteur se bat dans moult contraintes. Ne pouvant plus patienter pour écouter de nouvelles promesses, les praticiens ont levé le sit-in à 13 heures en se donnant rendez-vous pour jeudi prochain devant la Palais du gouvernement.
Face aux lenteurs du ministre
Les praticiens spécialistes menacent de renouer avec la protestation
Par : DJAZIA SAFTA, Liberté, 23 avril 2011
Le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) menace de renouer avec la protestation. La crise que vit le secteur de la santé risque de s’accentuer si les spécialistes venaient à mettre à exécution leur menace. Le syndicat pointe du doigt la lenteur avec laquelle le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière traite le dossier du statut particulier.
“Les discutions avec les représentants du ministère de la Santé ont pris fin depuis un mois et toujours rien. Ajouter à cela que depuis une semaine, nous avons appris par le biais des membres de la fonction publique que le dossier du régime indemnitaire a été envoyé sans notre aval”, a déclaré, hier, le Dr Mohamed Youcefi, président du SPSSP, lors d’un point de presse tenu au siège du syndicat, à Alger. Le syndicaliste a tenu à préciser que la mise en place du régime indemnitaire dépendait de la ratification du statut particulier. “Lors de la signature du PV de la commission mixte (ministère de la Santé/syndicat), nous avons conditionné l’application du régime indemnitaire par la ratification du statut, car il est inconcevable de faire une revalorisation relative à l’ancien statut”, explique-t-il. Le syndicat dénonce, également, le “lobbying” de certaines personnes au sein et à extérieur à la tutelle qui, selon eux, “essayent de faire capoter les discussions”. “Nous savons, et avec preuve à l’appui, que des membres de la tutelle font tout pour bloquer l’amendement du statut particulier discuté avec le SG du ministère. C’est le directeur des ressources humaines du ministère qui est derrière cette situation, car en 2008, il avait déjà envoyé un statut particulier dans notre dos”, a accusé le président du syndicat.
Le Dr Youcefi se dit aussi “outré” par l’attitude du syndicat national des professeurs et docents et celui des hospitalo-universitaires qui auraient envoyé une lettre à la fonction publique “l’ordonnant” de refuser de discuter le statut. “Nous avons eu une copie de la lettre que les deux syndicats ont envoyée à la fonction publique où ils disent clairement leur opposition au statut des spécialistes. À cet effet, nous avons décidé d’ester en justice les deux syndicats et de saisir le conseil de l’ordre”, a-t-il souligné. Le syndicat s’est interrogé sur cette affaire : “de quel droit ces deux syndicats s’immiscent dans les discussions concernant le statut des spécialistes.” “Les deux syndicats menacent d’exiger la révision de leur statut, si le nôtre serait amendé. les professeurs sont libres de demander ce qu’ils veulent du moment que nous nous comparons à personne”, précise le président du syndicat. Le Dr Youcefi a souligné qu’un conseil extraordinaire se tiendra le 4 mai prochain pour donner suite à leur mouvement. Il fait savoir que son syndicat soutient l’action des praticiens et celle des résidents. Pour rappel, l’intersyndical de la santé publique, que regroupe praticiens et praticiens spécialistes, a observé trois mois de grève illimitée, chose qui a mené à l’installation d’un nouveau ministre de la santé.
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Luttes syndicales |