Hôpitaux et polycliniques

La grève des paramédicaux largement suivie

El Watan, 2 février 2011

Les hôpitaux et les polycliniques à travers le territoire national ont fonctionné au ralenti, hier. La grève des infirmiers a ratissé large, à en croire le responsable du Syndicat national des paramédicaux (SAP).

Son porte-parole, M. Ghachi, avance que 88% des paramédicaux algériens ont répondu favorablement au mot d’ordre de grève. «Tout le monde est mobilisé pour la réussite de notre action de protestation de deux jours. Tous les hôpitaux du pays étaient paralysés hier et ils le seront encore aujourd’hui», nous a-t-il affirmé. Hier, au CHU Lamine Debaghine (ex-Maillot), les blouses blanches ont improvisé une marche «silencieuse» dans l’enceinte de l’hôpital pour marquer leur désapprobation de la démarche du ministre de la Santé, en sus d’un rassemblement tenu sous la chapelle située au cœur de l’hôpital. Les infirmiers revendiquent la promulgation de leur statut particulier et leur intégration dans le tableau «A» catégorie «11», comme ils demandent à être intégrés dans le système LMD (licence-mastère-doctorat) pour bénéficier d’une formation (bac+4) afin d’être «plus performant» et de prodiguer de «meilleurs soins» aux malades. «Nous en avons ras-le bol du mensonge et des promesses sans lendemain.

Le ministre est allé jusqu’à organiser une rencontre avec les paramédicaux non syndiqués dans le but de les dissuader et de valider le projet du statut dont seule la tutelle connaît le contenu. Ceci constitue une insulte grave pour la corporation», peste le personnel médical rencontré dans les différentes structures. Les paramédicaux ne comptent pas baisser les bras ni lâcher prise. «Nous avons décidé d’une grève de deux jours et si le ministre persiste dans son mensonge et le mépris à l’égard de la corporation paramédicale nous allons vers la radicalisation de notre action en observant une grève illimitée à partir de mardi», ont soutenu les infirmiers rencontrés au CHU Mustapha. Les paramédicaux, qui se sont déjà entendus pour durcir le mouvement à partir du 8 février, interpellent le ministre pour promulguer le statut particulier tel qu’il a été décidé par la commission mixte SAP-ministère. «Tous les ministres qui se sont succédé à la tête de notre département nous ont fait des promesses qu’ils n’ont jamais tenues. Nous sommes le maillon le plus important de toute une chaîne, mais le moins considéré. Sans les paramédicaux, les hôpitaux ne peuvent fonctionner normalement», lance un infirmier qui regrette les tergiversations de la tutelle qui a préféré négocier avec l’UGTA et pas avec le SAP, qui est, selon lui, plus représentatif.

Au Centre Pierre et Marie Curie (CPMC), les paramédicaux se sont dit déterminés à aller jusqu’au bout. «Nous ne voulons plus de promesses, nous exigeons du concret», lance une infirmière, qui fait remarquer qu’à travers tout le pays, un service minimum est assuré. «Nous n’avons rien contre les malades, bien au contraire nous voulons l’amélioration de nos conditions de travail pour mieux les servir», a t-elle souligné. De l’avis de M. Ghachi, la grève a fait carton plein. Elle a été fortement suivie dans de nombreuses structures sanitaires sur l’ensemble du territoire national, puisque les différents services des hôpitaux et des polycliniques étaient hier à l’arrêt. Seules les urgences ont fonctionné normalement. «En ce premier jour, le personnel paramédical a prouvé qu’il était plus que jamais mobilisé pour faire aboutir ses revendications», note Ghachi. Les paramédicaux portent un brassard autour du bras en signe de protestation.

Pour M. Ghachi le personnel paramédical au nombre de 90 000 n’est nullement satisfait de la politique prônée par le ministère de tutelle. Il a expliqué que l’intégration des paramédicaux à la catégorie «11» de la grille des salaires leur permettra de bénéficier de 40% d’indemnités, alors que la catégorie «10», dans laquelle ils sont classés actuellement, «ne leur permet d’avoir que 25% d’indemnités sur le salaire de base. Pour renoncer à notre action de débrayage nous voulons un engagement concret de la part du ministère de la Santé. Mais pour l’heure, la tutelle est indifférente à notre mouvement», déplore le syndicaliste.


Nabila Amir

 
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