Les médecins résidents ne décolèrent pas

El Watan, 14 août 2011

Après une grève de trois mois et demi, les médecins résidents ne décolèrent pas. Ils sont déterminés à se mobiliser pour la satisfaction totale de leurs revendications.

Une réunion a regroupé, hier, les représentants du collectif d’Alger pour la préparation d’une assemblée générale élective de nouveaux délégués et le dépôt d’une demande d’agrément. Le spectre de la grève plane toujours sur la corporation, qui estime avoir été «trahie». «Nos revendications n’ont toujours pas été satisfaites. Le ministère de la Santé nous a promis monts et merveilles, mais, malheureusement, c’est tout le contraire qui s’est produit. Notre déception générale est le contenu du texte relatif au statut particulier publié dans le Journal officiel et signé par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Il ne reflète pas du tout les engagements pris par le ministère de la Santé qui avait promis une augmentation des salaires allant de 120 à 140%.

Finalement, cette augmentation ne dépasse pas les 40%», a déclaré le docteur Yelles, délégué du Collectif autonome des médecins résidents (Camra). Il déplore le désengagement de la tutelle qui avait promis une réévaluation du régime indemnitaire allant de 80 et 95% du salaire global du médecin spécialiste. «Le ministre de la Santé a déclaré officiellement à la presse et la télévision que les médecins résidents bénéficieront de ce taux qui est en fait fixé entre 65 à 80%.» Le décret explicite clairement que «les résidents perçoivent, au titre de leur participation aux activités de soins, de diagnostic et de prévention, de recherche, de formation post-graduée, d’enseignement, de travaux pratiques et dirigés, une rémunération calculée par référence à la rémunération de praticien spécialiste assistant de santé publique, sans échelon, aux taux suivants : résident en 1re année : 65%, résident en 2e année : 75%, résident en 3e année : 80%, résident en 4e et 5e années : 90%».

Le docteur Yelles estime que des mesures coercitives ont été également introduites dans ce nouveau statut, à savoir l’annulation de la prime de rendement, l’amputation de 30% sur le salaire dans le cas où le résident double l’année. Rien de tout cela n’a été discuté lors des négociations, notamment au niveau de la commission chargée du statut. «Comment peut-on discuter d’une chose et décider d’une autre ?» s’interroge-t-il. Concernant le service civil, le docteur Yelles souligne que «la commission installée par la présidence de la République doit rendre son rapport au cours de ce mois, nous attendons la réponse».

Djamila Kourta

 
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