Le ministère du Travail maintient le flou sur leur statut

Trois syndicats non agréés saisissent la justice

El Watan, 8 janvier 2012

Le CLA, le SNCCOPEN et le SNTFP décident de saisir la justice contre le ministère du Travail pour non-délivrance d’agrément.

Les trois syndicats autonomes, à savoir le Conseil des lycées d’Algérie (CLA), le Syndicat national des corps communs et des ouvriers professionnels de l’éducation nationale (SNCCOPEN) et le Syndicat national des travailleurs de la formation professionnelle (SNTFP) vont saisir la justice prochainement à propos de leur non-agrément. Ils ont décidé de poursuivre en justice le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, hier, lors d’une rencontre entre les trois syndicats autonomes non agréés jusque-là.

Le dépôt de plainte portera, d’après les représentants du CLA et du SNCCOPEN, sur le statut de ces syndicats. Jusque-là, le ministère du Travail ne leur a pas communiqué de numéro d’enregistrement bien qu’ils remplissent toutes les conditions requises pour leur agrément. En somme, trois plaintes seront déposées près le tribunal territorialement compétent. «C’est pour la recevabilité de la plainte», explique Idir Achour, porte-parole du CLA. Ce dernier souligne que son syndicat a déjà tranché. Les trois syndicats vont saisir officiellement le Bureau international du travail (BIT). Une autre plainte collective sera déposée au niveau de cette instance internationale, dont l’Algérie s’est engagée à respecter les principes directifs.

Le bureau international du travail saisi

Ainsi, après le dépôt de plainte officiel, les responsables des syndicats qui se constitueront partie civile prendront contact avec les organisations des droits de l’homme : la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), représentée par M. Bouchachi, ainsi que celle représentée par M. Zehouane ; la Commission nationale pour la protection et la promotion des droits de l’homme (CNPPDH) sera également saisie. «Il faut que ces trois structures de défense des droits de l’homme soient informées du contenu de notre plainte», insiste Idir Achour. Mais qu’est-ce que les syndicats attendent de ces trois organisations des droits de l’homme ? «Nous les contacterons pour qu’elles viennent nous défendre lors de l’audience», souhaite le porte-parole du CLA. Ces trois syndicats semblent déterminés à aller jusqu’à l’obtention de leur agrément attendu depuis longtemps.

Sur le terrain, les membres des syndicats, qui ont déjà manifesté devant le ministère du Travail pour le même motif, se sont donné rendez-vous pour la première semaine du mois de février. Un sit-in est également prévu devant le ministère du Travail.
Pour rappel, le rassemblement tenu le 20 décembre dernier par les membres des trois syndicats a été réprimé par les forces de l’ordre. Les représentants des syndicats ont été arrêtés avant même d’entamer leur action de protestation devant le ministère du Travail. A l’occasion, le porte-parole du CLA dénonce la répression qu’ont subie les syndicalistes lors du dernier rassemblement. Pour rappel, ils voulaient rendre hommage au fondateur du CLA, Redouane Osmane, en revendiquant l’agrément de leur syndicat.

Une grève de 5 jours à partir du 15 janvier :

Le Syndicat autonome des corps communs observera une grève de 5 jours à partir du 15 janvier. La décision a été prise par le bureau national de ce syndicat, lors de la réunion tenue le 6 janvier à Alger. Dans un communiqué rendu public, le Syndicat national des corps communs et des ouvriers professionnels de l’éducation nationale (SNCCOPEN) précise que la journée du 17 janvier connaîtra des sit-in devant les sièges des 48 wilayas.

Cette grève sera la troisième protestation des corps communs et des ouvriers professionnels. Il convient de rappeler que l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef) a déjà observé une grève de deux jours au début de ce mois, alors que celle du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) est prévue pour demain. Le SNCCOPEN a-t-il fait exprès de retarder la date de sa grève et de trancher après que les deux syndicats aient communiqué les leurs ? «Oui ! Car il y a ceux qui se cachent derrière nous», a déclaré Sid Ali Behari, coordinateur du SNCCOPEN.

Ce dernier veut mettre fin à l’attribution des postes administratifs aux éducateurs et l’intégration des corps communs dans le secteur selon le décret 315/08. Ils demandent la promulgation d’un statut particulier aux agents de prévention et de sécurité. Le SNCCOPEN exige également du ministère du Travail de lui remettre le numéro d’enregistrement du dossier d’agrément qu’il a déposé en 2007 pour exercer son activité selon les lois en vigueur.

Djedjiga Rahmani

 
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Luttes syndicales  
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