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Interview avec Rachid MalaouiPropos recueillis par Fatima Arab, Le Jour, 29 mars 2006 Le Jour d’Algérie : Une semaine après la création de l’intersyndicale de la Fonction publique, quelle évaluation faites-vous et quel est le degré d’adhésion des autres syndicats autonomes ? Rachid Malaoui : La création de cette intersyndicale a été dictée par la nécessité de resserrer les rangs autour de trois revendications qui sont communes aujourd’hui à tous les syndicats autonomes. Nous avons relevé l’adhésion des syndicats affiliés aux intersyndicales sectorielles, comme nous avons également enregistré la venue d’autres syndicats de la Fonction publique, comme celui des vétérinaires. Les syndicats ne sont pas comme les partis politiques. Nous ne dépendons pas du ministère de l’Intérieur ou de celui du Travail. Donc nous n’avons pas à présenter un agrément pour exister sur le terrain. Les syndicats possèdent, par ailleurs, un numéro d’enregistrement. Même si aux yeux de la loi algérienne, des syndicats comme le Cnapest et le CLA ne sont pas légaux, les lois internationales consacrent le droit à un groupe de travailleurs, et ce, dans n’importe quel domaine d’activité, de déléguer ses représentants. Il faut savoir, aussi, que l’Algérie a ratifié les conventions internationales du Bureau international du travail et que les représentants des travailleurs sont protégés par la Constitution. C’est ce que nous appelons la dynamique syndicale. Il y a effectivement des coordinations de tous les secteurs de la Fonction publique, tels que la santé, l’éducation, l’enseignement supérieur. Mais comme les points contenus dans les doléances de ces intersyndicales convergent sur trois points, à savoir le statut de la Fonction publique, l’augmentation des salaires et le respect des libertés syndicales, la revendication dépasse le niveau sectoriel. Il a fallu donc réfléchir à créer un interlocuteur unique qui fera face au Chef du gouvernement, et ce, même si la satisfaction des doléances est du ressort du chef de l’Etat. C’est donc cette intersyndicale de la Fonction publique qui va poser le problème d’une manière globale. Pour le moment, on compte parmi nous les syndicats du secteur économique, dont ceux de la maintenance d’Air Algérie et des officiers de la marine marchande. Il y a aussi des syndicats comme ceux de la Sonatrach ou de la Sonelgaz qui n’arrivent pas à s’exprimer. Le jour où nous pourrons avoir une coordination avec les représentants du secteur économique, nous pourrons avoir une action commune concernant le code du travail. Parlons de la réunion de l’intersyndicale de la Fonction publique prévue pour ce jeudi 30 mars. Est-ce qu’on pourrait s’attendre à l’annonce d’une grève générale des secteurs concernés. En tant que représentant du Snapap, je pense que le but de cette intersyndicale est de créer une contestation générale au sein de la Fonction publique. Il peut y avoir, à l’issue de la réunion de ce jeudi, la prise de décision pour mener des actions de protestation. Le recours à une grève générale dans les secteurs concernés n’est pas à écarter, si la décision émane des bases syndicales qui seront représentées à ce rendez-vous. Nous n’avons pas encore eu de contact direct, mais nous avons lancé des appels à travers la presse. Nous adresserons aussi des correspondances après la réunion de ce jeudi. Nous informerons nos interlocuteurs des résolutions de cette rencontre décisive pour notre mouvement. Notre mouvement n’est pas dirigé contre l’UGTA. D’ailleurs, des bases syndicales de cette organisation, tel le SETE, se sont jointes à nous. Il y a une certaine solidarité entre l’UGTA et les syndicats autonomes. Les portes de l’intersyndicale sont ouvertes à ces bases, en tant qu’organisation ou en tant que collectif de travailleurs. Le Snapap est le syndicat le plus touché par les décisions de la justice, étant donné qu’il encadre des secteurs sensibles. Aujourd’hui, presque tous les syndicats autonomes sont réprimés par les mêmes moyens. C’est pour cette raison qu’il faut consolider la solidarité entre les organisations syndicales. Le Président de la République a lui-même reconnu que la justice algérienne fait l’objet d’injonctions émanant de politiques. |
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