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Sit-in devant la tutelle, marche improvisée et route fermée
L’intransigeance des étudiants
Par : MALIKA BEN, Liberté, 14 avril 2011
bastonnés la veille, les étudiants ne se sont pas accordé un temps de répit et ont maintenu, hier, leur mobilisation. l es actions et les sites de contestation se sont, une fois de plus, diversifiés. Les grévistes des grandes écoles ont opté pour un rassemblement visant la fermeture des accès menant vers le siège du ministère de l’Enseignement supérieur. Et ce fut le cas de 10 heures jusqu’à 12 heures. Assis au milieu de la route, les étudiants scandaient les habituels slogans en menaçant de ne pas faire marche arrière jusqu’à satisfaction de toutes les revendications. Sur les lieux, certains étudiants ont proposé de bloquer carrément l’autoroute de Ben Aknoun. Cette proposition ne fait pas l’unanimité. Les premiers renforts de police sont déjà là.
Les étudiants des grandes écoles restent sur place. À une centaine de mètres de l’autoroute, ils scandent des slogans tels que “Les CRS ne font pas l’affaire, ramenez les paras et nous ne partirons pas.” Du côté du siège de la direction générale des forêts, la descente vers le ministère de l’Enseignement supérieur est complètement bloquée, voire interdite aux automobilistes. Les voitures tentaient de forcer les étudiants à dégager la route, mais rien à faire. Un sexagénaire descend de son véhicule et déverse toute sa colère. “Pourquoi devrais-je payer pour vos revendications ?” s’interroge-t-il. Une autre automobiliste sollicite l’intervention des policiers. La route est toujours bloquée, la file de voitures s’allonge et les manifestants restent imperturbables face aux assourdissants klaxons. Entre-temps, les étudiants scandent toujours leurs slogans sous le regard des forces antiémeutes. Ces dernières, arrivées pour parer à tout débordement, sont restées en retrait. Pendant les deux heures de rassemblement, le blocage de la route était total. Les automobilistes ne pouvaient accéder aux universités et autres institutions se trouvant du côté de la tutelle via l’entrée de l’ITFC. Idem pour les bus universitaires et les transports en commun. La pagaille aura duré plus de deux longues heures et les étudiants avaient prévu d’y passer ainsi toute la journée. Et, comme par hasard, vers 12h30, les étudiants s’aperçoivent de la présence d’intrus armés de petits couteaux au milieu des manifestants. Des bagarres ont éclaté entre ces intrus et les étudiants. Ne voulant pas prendre de risques, les étudiants ont préféré quitter les lieux et poursuivre leur protestation aux portes du département de Harraoubia. “Nous sommes des étudiants pas des voyous comme ces drogués qui ont été introduits pour nous inciter à partir”, raconte un délégué.
La tutelle assiégée par les étudiants en chirurgie dentaire
En arrivant au ministère de l’Enseignement supérieur, les étudiants des grandes écoles ont été surpris par la présence de blouses blanches qui manifestaient à l’entrée principale de la tutelle. Plus d’une centaine d’étudiants en chirurgie dentaire ont pris d’assaut le département de Harraoubia. Une plate-forme de revendications de cinq points a été adressée au ministre. Nous citerons, entre autres, la révision du statut de chirurgien-dentiste, l’octroi de titre de docteur, une formation de qualité, l’installation d’un comité d’étudiants dont le rôle est de recenser les besoins des étudiants…
Sit-in et marche des étudiants en pharmacie
Poursuivant leur grève, les étudiants en pharmacie ont, de leur côté, organisé deux actions de protestation. La première, ayant rassemblé la majorité des étudiants, a eu lieu, une fois de plus, à El-Mouradia.
Les manifestants se sont donné rendez-vous au Golfe pour un énième sit-in devant la Présidence. Ils seront stoppés à l’avenue Pékin et forcés à faire demi-tour.
Les étudiants renoncent au sit-in et improvisent une marche d’El-Mouradia vers, initialement, le Palais du gouvernement, mais leur itinéraire sera dévié par les policiers.
Ils décident alors de se scinder en deux groupes : l’un terminera sa protestation au niveau du département de pharmacie et l’autre a rejoint les autres manifestants devant la tutelle.
Des centaines d’étudiants ont marché hier à Boumerdès
“Nous ne sommes pas des voyous”
Des centaines d’étudiants de l’université M’hamed-Bouguerra de Boumerdès ont marché hier au niveau des artères de la ville criant leur colère contre le ministre de l’Enseignement supérieur et contre le gouvernement. Aux cris “Dégage, Harraoubia !” ou “Nous sommes des étudiants et non des voyous”, les étudiant qui ont bravé l'interdit ont entamé leur marche à partir de la faculté de l’Inil en direction du siège du rectorat. En tête du cortège, des jeunes étudiantes hissaient une banderole sur laquelle on pouvait lire “Choisissez entre dignité et humiliation”.
Derrière, c’est une marée humaine qui suivait et qui ne cessait de scander tout au long de peu amènes propos envers la tutelle. Des dizaines de policiers suivaient de près la marche alors que d’autres ont été postés dans plusieurs artères de la ville. Mais contrairement à la semaine dernière où des heurts s’étaient produits lorsque les CRS avaient tenté d’empêcher la marche, cette fois-ci la manifestation s’est déroulée sans incidents apparents. Les étudiants bien organisés et plus nombreux ont mené la marche jusqu’au bout avec une grande réussite. Arrivés devant le siège du rectorat, les manifestants ont continué à appeler M. Harroubia à la démission. “Y en a marre du ministère, y en a marre de la misère”, criaient-ils. Les étudiants, qui ont investi, dans un premier temps, les bureaux du rectorat, se sont résolus à se rassembler dans la grande cour de l’université pour continuer à exprimer leur ire contre la tutelle. Quelques minutes après, ce sont des dizaines d’autres étudiants venus des autres facultés qui se sont joints à la marche en scandant “Khawa khawa zkara fel wizara”, un slogan qui appelle à l’unité des étudiants. Les étudiants rencontrés sur le lieu de cette manifestation nous ont affirmé qu’ils maintiendront leur mouvement de protestation jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. “Puisque le ministre ne veut pas comprendre et persiste à faire de fausses promesses, nous poursuivrons notre mouvement”, affirme un étudiant de l’ex-Inil. Au même moment, des centaines d’autres étudiants de la faculté d’ingéniort ont organisé un sit-in devant le siège de leur faculté sise à la cité des 800-Logements pour exiger “le départ du ministre et dénoncer la dégradation de la qualité de la formation au niveau de l’Université algérienne”.
Les manifestants ont tenu à exprimer encore une fois leur rejet des travaux et résolutions de la dernière conférence nationale organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur. Ils jugent que ces rencontres ont été tenues avec des représentants d’organisations proches du pouvoir et non pas avec les vrais délégués des universités du pays. “Les résultats de ces réunions sont nulles et non-avenues”, ont-ils affirmé, qualifiant la conférence de poudre aux yeux qui n’a rien apporté de concret.
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Luttes syndicales |