LA GRÈVE A ÉTÉ SUIVIE À PLUS DE 95%

Les paramédicaux paralysent les hôpitaux

L'Expression, 17 Mars 2008

Ils ont répondu massivement au mot d’ordre de grève

Ils revendiquent l’augmentation des salaires, la révision du statut particulier et du régime indemnitaire.

Les paramédicaux étaient, hier, au rendez-vous. Ils ont répondu massivement au mot d’ordre de grève de trois jours initié par le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP).
Au niveau des hôpitaux de la capitale, c’est la paralysie totale des différents services. Anesthésistes, prothésistes, préparateurs en pharmacie et techniciens en radiologie (manipulateurs) se sont tous ressemblés dans l’enceinte du CHU Mustapha-Bacha portant des badges sur lesquels on peut lire «En grève». «Je suis surveillante, chef d’unité et je ne touche que 23.000 dinars, primes incluses!», lâche une gréviste révoltée.
Pour ces trois journées de débrayage, le service minimum est assuré, affirme Djarrah Ali, secrétaire général du SAP de cet hôpital rencontré sur place. Il précise que la grève est reconduite avec les mêmes revendications socioprofessionnelles. Celles-ci portent sur l’augmentation des salaires, la révision du régime indemnitaire et le statut particulier.
De son côté, le secrétaire national chargé de l’organique du SAP, M.Khoudja, a indiqué à L’Expression que le débrayage a été largement suivi au niveau de tous les établissements sanitaires publics à travers le territoire national. Il avance, ainsi, un taux de suivi national du mouvement de protestation qui a dépassé les 95%. «Cette fois-ci, nous avons entrepris toutes les démarches administratives légales pour éviter que notre grève soit annulée. Nous avons saisi le ministère de la Santé ainsi que l’inspection de wilaya», précise-t-il.
Au niveau de l’hôpital Parnet à Hussein Dey, le constat est le même. Les paramédicaux ont également observé un piquet de grève et pratiquement tous les services étaient quasiment paralysés, excepté les urgences ainsi que certains services à l’exemple de ceux, respectivement, de l’ophtalmologie, la cardiologie et la maternité. «Quelque 20 greffes de cornée sont programmées aujourd’hui (hier ndlr) et des interventions de césarienne sont prévues, donc le personnel a assuré le service», explique Mme Hanoune, responsable du bureau du SAP au niveau du même hôpital. Elle s’est félicité du taux de suivi du mouvement qui a atteint les 95% au niveau de l’établissement. «Je suis classée à la 15 et je fais 22.000 dinars après 24 ans de service et avec le nouveau statut on se retrouvera à la 10. C’est une classification que nous rejetons catégoriquement puisqu’elle ne nous permet pas d’accéder au système LMD», réclame une gréviste, et d’enchaîner: «Le personnel paramédical est sous-payé». Au fait, les paramédicaux revendiquent aussi le droit de bénéficier de l’enseignement supérieur dans le cadre du système LMD et ce «pour améliorer la qualité des soins». Dans l’actuel statut qui se trouve au niveau de la Fonction publique, «le système LMD n’est pas inclus concernant notre corporation», indiquent les paramédicaux en grève.
«Notre détermination à arracher nos acquis demeure intacte. Nous ne cèderons jamais, jusqu’à la satisfaction totale de nos revendications», lâchent les grévistes déterminés. Le mouvement se poursuivra aujourd’hui et demain encore.

Naïma HAMIDACHE


Échos de l’ouest

El Watan, 17 mars 2008

- A Tlemcen, les paramédicaux exerçant dans les différentes structures de la wilaya ont répondu en masse, hier, à l’appel de leur syndicat. Même si l’administration se garde de parler de paralysie du secteur à cause de cet arrêt de travail, en revanche, les structures sanitaires, notamment le CHU Damerdji, étaient visiblement perturbées. Dans l’après-midi d’hier, on sentait une certaine tension générée par l’inquiétude des familles de malades et la direction de l’hôpital. Cependant, rien n’indiquait que les grévistes allaient abdiquer. « Que nos revendications soient prises en considération », disent les paramédicaux imperturbables.

- A Ghazaouet, les paramédicaux de l’établissement public hospitalier ont répondu massivement à l’appel à la grève lancé par leur syndicat. Pour ce premier jour, le syndicat se félicite du taux élevé de suivi qui a atteint 100% au niveau de l’hôpital de Ghazaouet, tout en assurant le service minimum. De son côté, le directeur de l’établissement hospitalier dira : « Nous avons toujours privilégié le dialogue et les procès-verbaux sont là pour témoigner de ma volonté d’instaurer un dialogue permanent et efficace avec le personnel de l’établissement. En ce qui concerne le manque d’effectif, je pense qu’il ne constitue pas une priorité, du moins pour l’instant, dans la mesure où l’hôpital tourne à seulement 31% de ses capacités réelles ».

- A Sidi Bel Abbès, les paramédicaux des cinq grands établissements hospitaliers ont répondu « massivement » à l’appel à la grève lancé par le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), a indiqué hier le représentant du bureau local de la SAP, M. Mekamane. Selon lui, la grève a été largement suivie au CHU Hassani Abdelkader ainsi que dans les hôpitaux de Ben Badis, Sfisef et Telagh. A ce propos, le représentant du SAP avance un taux de suivi de 90%. Dénonçant les agissements « irresponsables » de l’administration au niveau local, le syndicat semble déterminé à maintenir la pression. M. Mekamane parle de pressions, de chantage, voire d’intimidations à l’encontre de représentants syndicaux du SAP.

- A Tiaret, à en croire certains paramédicaux affiliés au SAP qui exercent dans des structures du chef-lieu de wilaya, « 70% de ce corps observent depuis hier la grève », assurant cependant un service minimum. Pour la direction de la santé et, par la voix de son directeur, « ce syndicat n’a ni tenu son assemblée générale ni respecté la réglementation, qui stipule que les grévistes ou leurs représentants déposent au préalable à la direction la feuille de pointage ».

- A Saïda, le mouvement de grève des infirmiers décrété à l’échelle nationale par le Syndicat algérien des paramédicaux n’a pas été suivi. Les infirmiers travaillent et la plupart ne savent même pas qu’il y a grève. Selon le directeur de l’hôpital Medeghri, « il n’y a aucun infirmier en grève, il n’y a pas de syndicat autonome des paramédicaux, mais uniquement l’UGTA ». Interrogé, un infirmier dira : « Nous n’avons pas réagi pour protester, car nous ne sommes pas structurés. Toutefois, nous essayons d’entrer en contact avec les représentants du sAp pour créer notre bureau. »

- A Mascara, les infirmiers des différents établissements sanitaires n’ont pas répondu à l’appel du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP). Le débrayage n’a pas eu lieu. La cause : le SAP à Mascara n’est pas structuré. « Bien que n’ayant pas participé à la grève, nous sommes solidaires avec nos collègues », nous dira amèrement un infirmier.

C. B.
M. A.
O. El. Bachir
A. K.
S. A.
A. S.


Démonstration de force à l’Est du pays

El Watan, 17 mars 2008

- Constantine. Le débrayage, décidé par le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) pour les 16, 17 et 18 mars, semble aller vers une démonstration de force. Les syndicalistes du CHU de Constantine ont organisé une marche à l’intérieur de l’hôpital, et ils étaient nombreux. 505 sur les 600 paramédicaux du CHU ont signifié leur rejet des mesures dont les dispositions d’application figurent dans le décret exécutif n°08-60 du 23 février 2008. Néanmoins, Mme Mériem Khelifi, représentante du SAP pour l’est du pays, signale « des dépassements malheureux, tels que les menaces de l’administration à Jijel qui promet aux paramédicaux contestataires de les traduire en justice s’ils ne reprennent pas le travail ». On notera par ailleurs qu’au service des urgences chirurgicales du CHU Ben Badis à Constantine, le professeur H. M. a adressé une lettre au procureur de la République pour déposer plainte contre les paramédicaux de son service, qui ont opté pour la grève. Mme Mériem Khelifi nous dira à ce titre qu’« il y a eu des intimidations, des menaces, des insultes vulgaires, invectives et manque de respect au personnel gréviste ». Et d’ajouter : « L’administration fait tout pour casser ce mouvement, mais on a gagné du fait qu’aujourd’hui au-delà des chiffres, des marques de sympathie et de solidarité nous ont été exprimées et nous enregistrons des centaines de demandes d’adhésion. »

- Mila. Le Syndicat algérien des paramédicaux est revenu à la charge hier en paralysant la quasi-totalité des structures sanitaires de la wilaya, a-t-on appris du coordinateur de wilaya du Sap, Rachid Siari. Ce dernier a affirmé que les 1200 syndicalistes du Sap ont massivement suivi le mot d’ordre, avec un taux de débrayage de 90%. Le chef de la section du Sap au niveau de l’hôpital des Frères Tobal de Mila nous a confié que sur les 70 paramédicaux que compte cette structure, plus de 50 employés, soit près de 80% sont en grève.

- Sétif. Le personnel paramédical du CHU de Sétif a adhéré à 95% au mot d’ordre de grève lancé par leur syndicat. Au niveau des établissements publics de santé de proximité de Sétif et Aïn Abessa, un taux de 89% de participation a été enregistré, selon les responsables du SAP. Il convient de rappeler que ce débrayage se veut une relance du débat sur le statut particulier des personnels paramédicaux que ces derniers considèrent comme dévalorisant.

- Skikda. Le mouvement de grève a été massivement suivi à Skikda. M. Belkamel, représentant du SAP au niveau de la wilaya, avance un taux global de 80 à 85%. « Tous les services ont été paralysés ; ceux de la chirurgie et du laboratoire ont enregistré un taux de 80% de suivi. Nous avons assuré le service minimum, puisque les urgences ont fonctionné à 50%. » A Tamalous, les syndicalistes ont répondu favorablement au débrayage, puisque tous les services ont été paralysés à 100%.

- El Oued. Le secteur de la santé de la wilaya d’El Oued a été secoué hier par le mouvement de contestation des paramédicaux, paralysant les différents établissements hospitaliers de la région. Selon le coordinateur de wilaya du syndicat des paramédicaux, Abdelhafid Ben Attous, le taux de participation du premier jour a atteint 90%, sachant que les paramédicaux d’El Oued représentent 80% des effectifs de la santé.

- Oum El Bouaghi. La grève de trois jours à laquelle a appelé le syndicat des paramédicaux a été diversement suivie. Toutefois, à Aïn Beïda et à Aïn M’lila, le SAP a mobilisé ses troupes. Dans la première ville citée, Abdoun Abdelhakim, secrétaire général du SAP, a indiqué que le taux de suivi à l’EPH Zerdani Salah a dépassé les 90%. Au niveau de la DSP d’Oum El Bouaghi, le taux qui nous a été communiqué est de 8,90%, soit 167 grévistes sur un total de 1876 paramédicaux.

- Bordj Bou Arréridj. Le second débrayage de trois jours, auquel a appelé le SAP, a été partiellement suivi. Des chiffres contradictoires nous ont été communiqués pas le syndicat et l’administration de la santé. Selon M. Makhloufi, coordinateur de wilaya du SAP, il a été enregistré un taux de suivi de 72%, alors que la DSP le situe à 16,43%. Cependant, le secteur sanitaire de Medjana a connu une paralysie totale, de l’avis même des services de la santé qui avancent un taux de 96%.

- Jijel . La première journée de la grève du syndicat des paramédicaux (SAP) n’a pas enregistré une grande adhésion au niveau de la wilaya. Seul le secteur sanitaire de Taher s’est distingué avec un taux de 35,32%. Des animateurs du SAP, à Jijel et El Milia, nous diront que l’échec de cette première journée est essentiellement dû à la désorganisation au sein du mouvement. Cette situation donne ainsi un taux de suivi au niveau de la wilaya de seulement 6,71%.

- Annaba .En majorité affiliés à l’UGTA, les 2730 paramédicaux activant dans les 3 hôpitaux du CHU de Annaba, ainsi que dans le secteur sanitaire, n’ont pas répondu à l’appel de grève de 3 jours lancé par le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP).

D. D.
Dj. B.
M. B.
N. L.
R. S. Y.
A. Dj.
F. S.
M. F. G.

  Luttes syndicales  
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